Quid des droits de l’Homme au Gabon ?

jeudi 10 décembre 2015 Société & environnement


Si le Gabon a le mérite de disposer d’un arsenal juridique visant à protéger et respecter les droits humains, il n’en demeure pas moins que notre pays devrait faire des efforts quant au respect des textes en vigueur.

L’Assemblée générale des Nations-Unies célèbre, le 10 décembre de chaque année, la journée des droits de l’Homme. Cette année, l’évènement est marqué par le lancement d’une campagne « Nos droits. Nos libertés. Toujours » qui consiste à sensibiliser les citoyens du monde entier sur les deux pactes relatifs aux droits de l’Homme : le pacte international relatif aux droits civils et politiques et le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, adoptés par l’ONU en 1966.

 Ces deux pactes ainsi que la Déclaration universelle des droits de l’homme forment la charte internationale des droits de l’homme qui constitue l’ensemble des lois que tout pays signataire devrait respecter scrupuleusement.

 

Qu’en est-il réellement au Gabon ? Notre pays peut-il se prévaloir d’être un modèle en matière de respect des droits de l’homme ?

 

La question a suscité des réponses multiples et variées dans l’opinion gabonaise. Pour certains, le pays n’est pas le dernier en la matière de respect des droits de l’Homme.

« Le Gabon n’a rien à envier à certains Etats notamment nos voisins de la sous-région en matière des droits et libertés. Ici, la presse diffuse par exemple des informations pas souvent correctes sur la plus haute autorité du pays. Cela est impossible en Guinée équatoriale par exemple » souligne un jeune cadre.

 

« Le fait que notre pays dispose d’un département ministériel consacré aux droits de l’Homme est une preuve de l’engagement des autorités actuelles » ajoute un autre.

 

Ces avis ne font pas, cependant, l’unanimité. « La violation des droits de l’Homme constitue l’apanage du régime en place » affirme Landry, employé dans une entreprise privée.

« Peut-on parler de respect des droits de l’homme lorsque l’Etat, incapable de construire des marchés, empêche les commerçants d’exercer librement leurs activités ? S’interroge t-il.

« Ceux qui sont sensés faire respecter nos droits sont les premiers à les bafouer. Lorsque le gouvernement interdit des marches pacifiques, sous prétexte d’arguments fallacieux, peut-on parler d’Etat de droit ? » rétorque une jeune dame.

 

 « La publication de la vidéo des femmes commerçantes dénudées de la gare-routière a montré à quel point nos forces de l’ordre sont ignorantes des notions de respect de la dignité humaine. C’est malheureusement triste » regrette Henriette, habitante du quartier Derrière la prison qui suggère que « les autorités devraient mettre à profit ce genre d’occasion pour sensibiliser les policiers, militaires et gendarmes sur les notions relatives au respect des droits de l’Homme ».

Si le Gabon a le mérite de disposer d’un cadre juridique visant à protéger et  respecter les droits humains, il n’en demeure pas moins que le pays devrait faire des efforts quant au respect des textes en vigueur. Les lois n’ont pas de valeurs si elles ne sont pas respectées. « En cette Journée des droits de l’Homme, engageons-nous de nouveau à garantir les libertés fondamentales et à protéger les droits humains de tous. » rappelle Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l’ONU.


Le Fils du Pays

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