Présidentielle 2016 : Une candidature de l’opposition, trop beau pour être vrai !

mardi 29 mars 2016 Speciales


Pour celui qui a depuis les années 90 suivi l’évolution de la situation politique multipartite et « démocratique » au Gabon, les mêmes causes provoquant les mêmes effets, il était plus que normal que nous arrivions à la cacophonie qu’entretiennent pour des raisons diverses les « opposants » gabonais à l’approche d’une échéance dont les populations attendent beaucoup et à laquelle, cela est déjà dit, le président sortant est candidat à sa propre succession.

« Quiconque peut avoir beaucoup vu peut avoir beaucoup retenu », dit le proverbe plein d’enseignements si l’on s’en tient à la configuration politique dans ce pays d’Afrique équatoriale où le discours ne semble pas avoir changé d’un iota puisque tournant presque toujours autour de la préservation de la paix qui n’est pas forcément le fait du politique, mais surtout celui du vouloir vivre ensemble qu’affichent les populations, conscientes qu’elles sont de la faible démographie de leur pays, des multiples ramifications entre entités le peuplant et de l’inexpérience de la lutte armée.

Le plat que nous servent les opposants gabonais aujourd’hui encore, nous l’avons maintes fois consommé au point de ne plus vouloir leur accorder un seul instant la confiance qu’ils devaient mériter, eu égard au fait qu’en réalité, la majeure partie de la population, point n’est besoin de passer par un sondage d’opinion, réclame à cor et à cris le changement qu’elle explique par le départ du pouvoir du régime PDG datant de 1968 et peut- être essoufflé s’il ne manifeste que très peu de volonté pour conduire le pays sur la voie du développement, non pas en tenant des discours surréalistes, mais en posant des actes à la hauteur des attentes.
Plutôt que de surfer sur les faiblesses et les incohérences du système mis en place par Omar Bongo Ondimba, ce qui la conduirait à peaufiner un ou des projets de société viables et réalisables, l’opposition reste accrochée dans sa majeure partie à une affaire de prébendes, chacun rêvant de son avenir personnel. Comment dans ce climat concevoir une ou des politiques commune(s) et espérer être crédible vis- à- vis des compatriotes qui passent le plus clair de leur temps à évaluer le degré d’engagement des uns et des autres pour le « bonheur » des gabonais ? Qu’est-ce qui peut expliquer qu’alors qu’ensemble devant Dieu et devant les hommes comme on le dit souvent, vous ayez décidé de rompre avec l’establishment et qu’au fur et à mesure qu’approche la date fatidique, vous vous désolidarisiez ? Doit-on y voir le fait de la fatalité ?

L’Union nationale, que d’espoirs déçus !

Alors que l’on croyait que c’était là, le plus grand rassemblement capable de donner la riposte qu’il mérite au pouvoir dans un contexte de scrutin à un tour, voici le groupe en train de se disloquer si l’on tient simplement compte du propos tenu par Mike Jocktane pour qui, il n’y a pas une seule Union nationale, ce qu’ont de tout temps démontré par leurs comportements les Zacharie Myboto, Jean Eyeghé Ndong et autres ténors qui n’ont pas su faire que le regroupement de formations et associations survive à la mort de feu André Mba Obame. Comme s’ils nourrissaient de son vivant déjà des plans machiavéliques sournois.

L’histoire nous a démontré que c’est toujours ainsi que l’on est arrivé à faire le lit de l’adversaire que l’on pourfend parfois à tort une fois les résultats délivrés en sa faveur. Rappelons-nous pour nous en convaincre de 2009 ! Que veulent finalement ces femmes et hommes dont la plupart sont repus et ont bâti leurs fortunes sur le dos du peuple, nous allions dire du pays, si ce n’est, pour reprendre les saintes écritures, conclure une nouvelle alliance avec ceux qui ne rêvent que de s’enraciner au sommet de l’Etat ? Sont-ce ces attitudes qui ont toujours provoqué depuis après 90, les abstentions à répétition qui se sont soldées depuis lors par un manque de légitimité des gouvernants dans lesquels le grand nombre a du mal à se reconnaître ? N’est-on pas conscient que c’est là entretenir une entorse à la Démocratie ?

Les politiciens de l’opposition veulent-ils que comme partout ailleurs le peuple prenne lui tout seul, ses responsabilités en les discréditant et les empêchant de continuer à avoir de l’ascendant sur lui ? Parce qu’il ne faut plus exclure un tel scénario au vu de l’imbroglio qui s’enlise et rend l’activité politique dégoûtante. Qu’on arrête de prendre l’exercice de la politique comme quelque chose de ludique dans laquelle seuls les intérêts priment !

« Dieu ne nous a pas permis de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire ! ». Cette phrase, si elle ne semble encore pas intégrer les esprits, devrait être méditée jour et nuit pour amener chacun se raviser sur son sort futur, car le pays, un Etat, allions-nous dire, c’est certes un territoire, une administration ou organisation, mais aussi et surtout une population, l’exemple patent étant encore de nos jours la Palestine. A bon entendeur…


Dounguenzolou

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