Présidentielle 2016 : Spectre de la guerre civile, le nouvel argument politique ?

mardi 24 mai 2016 Politique


Voilà une question qu’on pourrait désormais se poser volontiers à l’analyse des propos de Jean Ping, candidat en lice pour la présidentielle. Lesquels propos ne sont pas du goût des militants du Parti Démocratique Gabonais voire de la Majorité présidentielle. Et pour preuve, le Ministre de la Communication, himself, Alain Claude Bilié By Nzé a annoncé que le Gouvernement va ester en justice le natif d’Omboué. Dans tous les cas, les propos de Jean Ping alimentent la chronique depuis un petit moment maintenant !

Une machination politique destinée à fragiliser voire écarter avant l’heure un adversaire de la bataille à venir, la présidentielle. Voilà l’interprétation des proches du natif d’Omboué, suite à la récupération politique de la vidéo dans laquelle leur candidat déclare « (…) Il s’agit d’une véritable expédition pour nous débarrasser des cafards... Si nous exterminons tous les cafards personne ne nous jugera ». Même si certains esprits critiques émettent de sérieux doutes sur l’authenticité de la vidéo, vu que dans un passé récent feu Omar Bongo Ondimba a été ressuscité d’outre-tombe pour s’en prendre à ses amis d’antan, passés désormais dans les rangs de l’opposition.

Erreur de débutant ou lapsus révélateur ?

En pareille période de bataille électorale avant l’heure, cette vidéo de Jean Ping constitue, sans aucun doute, du pain béni pour les proches du pouvoir et organes de presse acquis à leur cause. C’est pourquoi, cette vidéo est passée en boucle sur certains médias privés.

En analysant froidement la teneur des propos de Jean Ping, on comprend bien que ce dernier a commis une erreur de débutant. Il a oublié qu’en politique, malheureusement « tous les coups sont permis », surtout en pareille circonstance !

Ne boudant pas son plaisir, le camp d’en face surfe sur cette vidéo, pour présenter Jean Ping comme un chef de guerre. Et ce n’est pas sa récente justification qui y changera grand-chose. En fait, au-delà de Ping, c’est l’ensemble du landerneau politique qui se livre à des dérives verbales assassines à l’approche de la mère des batailles électorales.

Les perles du pouvoir

A son corps défendant, Jean Ping n’est pas le seul à avoir tenu des propos incitant à la guerre civile, l’expression étant à la mode. Avant lui, il ya deux ans Michel Ogandaga, pourtant membre influent du PDG, avait soutenu l’extermination des fangs, suite à la défaite de sa formation politique dans le Woleu-Ntem.

Qu’il s’agisse de Jean Ping, de Michel Ogandaga ou d’autres acteurs politiques, il convient de souligner que certains propos peuvent être extrêmement dangereux pour la stabilité du pays. Bref, il est impérieux que les acteurs politiques des deux bords (pouvoirs et majorité) revoient leur copie et éléments de langage, la politique étant par essence une opposition idéologique et non une animosité crypto-personnelle.


Paul Ndombi

Vos commentaires

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs