Présidentielle 2016 : Que valent réellement ces séminaires préélectoraux ?

jeudi 21 juillet 2016 Politique


Rencontres au sommet de l’Etat, ateliers de formation des acteurs et institutions intervenant dans le processus électoral, etc… Bref, le scrutin présidentiel de cette année aura eu le mérite de drainer au Gabon une pléiade d’organismes internationaux, qui plaident tous pour une élection transparente et apaisée. Mais devant l’autisme et l’aveuglement notoires des acteurs concernés, qui prêchent pour certains la force et l’embrasement du pays, il est évident que cette sensibilisation aussi dithyrambique soit-ellene sert qu’à meubler le décor d’un chaos larvé.

Sensibilisation à outrance, mais en vain ! C’est le moins qu’on puisse constater des efforts de la communauté internationale qui a décidé de venir au chevet du Gabon, dans le cadre de l’élection présidentielle du 27 août prochain. Et plus on s’achemine vers l’échéance fatidique, plus la tension monte entre opposition et majorité. Une montée d’adrénaline qui inquiète et contraint la communauté internationale à voler au secours du pays via des campagnes de sensibilisation et autres ateliers de formation.

Objectif : œuvrer pour un scrutin libre, transparent et apaisé. Vu que les scrutins présidentiels sont la cause majeure des conflits postélectoraux qui déchirent l’Afrique depuis des décennies. C’est dans ce contexte précis que s’est tenu, en début de semaine courant un séminaire de formation élargi aux acteurs du processus électoral, entre autres les partis politiques, médias, société civile, forces de défense et de sécurité et toutes les institutions en charge dudit processus (Ministère de l’intérieur, CENAP et Cour constitutionnelle). Séminaire organisé par le National Democratic Institute(NDI). Un organisme américain, qui a décidé d’apporter son expertise au service du Gabon en matière de démocratie et de gouvernance électorale en cette période préélectorale tendue.

Il y a tout juste un mois le même institut était dans nos murs pour la même cause. Bien avant le NDI, l’association des journalistes agenciers, audiovisuels et de presse écrite (AJAPE), en partenariat avec l’union européenne et JAD Cameroun (journaliste en Afrique pour le développement) avait organisé, en février dernier un atelier de formation à l’endroit des journalistes et autres acteurs intervenant dans le processus électoral. Le même séminaire a été organisé quelques semaines plutôt par L’UNITAR, organisme spécialisé des Nations unies. La liste de toute cette série de sensibilisations est loin d’être close, le but visé étant d’éviter au Gabon, un pays réputé pour être un refuge de paix en Afrique tout risque de violence et de basculement vers une inconnue.

Des efforts en vain

On est tenté de le dire, en raison de la profondeur du mal dont souffre le pays depuis plus de deux ans déjà. Et le cumul des séminaires et autre sensibilisation, quelque soit leur portée est loin de résoudre la crise multisectorielle que traverse le Gabon. C’est d’ailleurs ce que pense une partie de l’opposition qui a boycotté la retrouvaille, notamment par le biais d’Estelle Ondo, la Vice-présidente de l’Union nationale qui pense pour sa part qu’ «  On a beau participer à des forums, la communauté internationale a beau venir, si l’on ne traite pas ce problème à la racine, les Gabonais n’auront que leurs yeux pour pleurer au soir du 27 août 2016 ».

Sans nous faire porte-parole de Mme Estelle Ondo, l’unique voie de sortie pour débusquer le pays de la crise aujourd’hui c’est bien le dialogue. Et tous les acteurs, y compris la communauté internationale sont d’accord là-dessus, exceptés ceux de la mouvance présidentielle qui s’enferment dans leur logique systématique de « tout va bien ». Le problème du Gabon est un problème de caducité des institutions politiques et du verrouillage de toute possibilité d’alternance qui provoque l’ire de l’opposition. Sans dialogue national "inclusif", il semble superfétatoire, voire inutile d’empiler séminaires de formation sur séminaires.


Charles Nestor NKANY

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