Présidentielle 2016 : Quand la loi relative au « candidat naturel » du PDG suscite la polémique ?

samedi 12 mars 2016 Politique


Comme en 2009, les Pédégistes nous servent la même sauce. Ils étalent leurs divergences au grand jour au sujet du mode de désignation du candidat de leur formation politique à l’élection présidentielle. Au mépris des textes régissant le fonctionnement de la formation politique pour certains, parce que nombre d’entre ces politiciens sentent que leur heure a enfin sonné, arguent d’autres, la question du candidat de consensus est de celles qui fâchent, au point de créer la cacophonie qui s’y est installée, il y a des lunes, laissant même penser que plus jamais rien ne sera comme hier chez les « camarades ». Le reproche qui est fait aujourd’hui à Ali Bongo Ondimba et tous ceux qui le soutiennent, c’est celui de tenter d’embrigader les esprits et de ne donc pas faciliter le débat démocratique au sein du PDG.

« Le PDG n’est pas patrimoine privé, mais héritage commun que nous tous avons contribué à bâtir ». Ainsi se sont exprimés les membres de l’aile dissidente du parti au pouvoir qui s’est proclamé « PDG- HERITAGE ET MODERNITE (PDG HM), pour marquer son ancrage dans la formation politique, eu égard aux allégations entretenues par ceux que cet argument gêne, lors du grand meeting qu’ils ont animé jeudi dernier. A en croire les têtes de proue de cette aile du parti, les valeurs fondatrices du PDG, à savoir, le Dialogue, la Tolérance et la Paix, prônées par feu Omar Bongo Ondimba, ne sont plus respectées. Ce qui participe d’une dégradation flagrante de l’atmosphère dans la grande famille dont les conséquences sont qu’elle attise des mécontentements et des oppositions internes.

L’élection présidentielle, facteur d’implosion ?

La question mérite d’être posée ! Tant le parti montre des signes d’affaiblissement et de décomposition depuis la disparition d’Omar Bongo Ondimba en 2009. Année qui a vu l’organisation d’une présidentielle anticipée. Laquelle présidentielle a causé la première salve de départs des ex- « camarades », l’ancien ministre de l’intérieur André Mba Obame, l’ex- Premier- ministre Jean Eyeghe- Ndong, son collègue, Casimir Oyé-Mba, l’ancienne ministre d’Etat Paulette Missambo, pour ne citer que ceux-là. D’anciens dignitaires qui ont claqué la porte du parti, en signe de protestation contre la procédure ayant conduit à la désignation d’Ali Bongo Ondimba à la tête du PDG, comme si, selon eux, il n’y avait que les « Bongo » pour gérer le Gabon. C’est très certainement l’effet boule de neige qui entraine aujourd’hui les défections des Jean Ping, Jacques Adiahénot, Jean-François Ntoutoume Emane, René Ndemezo Obiang, la liste est loin d’être exhaustive, de fondateurs et animateurs, tous confondus, du parti dont les échos étaient jusqu’ici plus que favorables.

La notion de candidat naturel, antidémocratique ?

Jugée « antidémocratique », la notion contenue dans le règlement du PDG, décrié pour sa caducité et le fait qu’il ait été à l’époque taillé sur mesure par une bonne frange de responsables du parti qui veulent voir s’instaurer en son sein un véritable débat démocratique fait de contradiction dans la tolérance, n’est pas sans rappeler la vieille époque du parti unique pendant laquelle il fallait à ceux qui en nourrissaient, taire leurs ambitions ou leurs velléités du pouvoir du vivant du candidat naturel. Ce qui donne l’impression que le PDG est un patrimoine familial dont seuls, les membres de la famille ou du clan peuvent tirer le plus grand profit. Dans ce contexte est né le courant « Héritage et Modernité », réclamant la tenue d’un Congrès dit de « clarification » pour remettre à plat tous les statuts querellés, aux fins d’asseoir une gouvernance démocratique du parti.

Il s’agit concrètement de procéder à l’organisation des primaires au sein du PDG, afin de choisir, en toute transparence le candidat pouvant défendre les couleurs de la formation politique à la présidentielle à venir. Et c’est faute de n’avoir pas été écoutés que les membres de ce mouvement idéel ont opté pour la création d’une aile dissidente, désormais baptisée « PDG HM ». Une situation que la hiérarchie du parti qualifie de « non- évènement », accusant les frondeurs d’avoir violé les statuts du Congrès de 2013 en termes de désignation du candidat. Lesquels statuts, selon « Héritage et Modernité », n’ont jamais été adoptés. Le ciel n’est donc pas prêt de s’éclaircir au-dessus de notre « parti de masses ». Il ne serait pas étonnant de voir d’autres caciques franchir le Rubicon à mesure que le blocus perdure et que les appétits s’aiguisent.


Charles Nestor NKANY

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