Présidentielle 2016 : Ping et ses soutiens poids-plumes

lundi 1er février 2016 Politique


Ils sont de plus en plus nombreux, ceux qui multiplient des déclarations en faveur de Jean Ping. La dernière en date, étant celle de Benoît Mouity Nzamba, président du Parti Gabonais du Progrès. Des déclarations qui font suite à la « désignation » du premier cité comme « candidat unique » du Front uni de l’opposition. Mais l’est-il vraiment ? Quel est le poids réel de toutes ces personnalités ou partis politiques qui viennent en appui à cette candidature du diplomate déchu ?

Lors d’une récente conférence de presse, organisée par Benoît Mouity Nzamba, président du PGP, ce dernier a déclaré apporter le soutien de son parti à la candidature de Jean Ping, pour le compte de la présidentielle de 2016. Outre ce ralliement, on peut également énumérer ceux de l’ancien premier ministre Jean Eyeghé Ndong, de Pierre Amoughe Mba de l’UPN, de Philibert Andzembé, président du FUOPA ‘’made in Ping’’ ; du vice-président transfuge du PSD, Vincent Moulingui Boukossou etc…

 La liste est loin d’être close. Une liste qui ne fera sans doute que se rallonger à mesure qu’on approchera du terme échu, tant que Jean Ping continuera à « agiter son portefeuille », pour reprendre l’expression de Maganga Moussavou. Surtout dans un pays où le mercantilisme ambiant de l’allégeance politique en pareille circonstance est devenu le sport favori de tous les vieillards au rabais de l’aura politique. Ce qui pose d’ailleurs un problème d’une double légitimité de la candidature du beau-fils d’Omar Bongo, vis-à-vis des partisans de l’opposition.

 Double légitimité parce qu’il s’agit d’abord du poids réel des personnalités et autres partis, qui l’ont choisi au terme d’un vote à main levée, donc très loin des primaires tant revendiquées par les partisans. Soit une « majorité » de 16 membres sur les 27 signataires que compte le FUOPA. Enfin double légitimité parce ce qu’au-delà de la question du poids supposé ou réel de ces « électeurs signataires », c’est la candidature de Ping qui souffre d’un déficit notoire de légitimité, quand bien même l’homme se pavane partout comme le seul diplomate brillant que le Gabon ait jamais connu. Et donc le seul à même de faire vaciller le régime Bongo à travers son carnet d’adresses.

Des soutiens subalternes ?

Si on considère au cas par cas tous ces ralliements au compte-goutte en faveur de Ping, on est en droit de penser que, contrairement à ce qui est dit, ils sont tous très loin de faire le poids pour faire vraiment basculer le PDG, qui hante les esprits depuis des lustres .   

On en veut pour preuve celui d’Eyeghe Ndong, le plus fanatique de tous. On peut constater qu’en dehors de l’Estuaire, et principalement de Libreville, il lui est vraiment difficile de faire le plein des urnes nulle part ailleurs en faveur de son candidat. Et même s’il est démontré que la capitale gabonaise concentre à elle seule plus de la moitié de la population du pays, il reste que les plus de six cent mille habitant qui la composent ne votent pas tous, ou ne votent pas tous à Libreville. Faux calculs ! Et ce n’est pas le PGP de Mouity Nzamaba qui fera également la différence en terme de basculement considérable. Tant le parti, depuis la mort de son fondateur, Agondjo Okawé ne dépasse plus la simple sphère familiale. Un parti qui n’existe maintenant que de nom. Et ils sont de plus en plus nombreux au Gabon, ces partis à faible représentativité nationale, dont le poids électoral n’est réductible qu’aux seuls membres de la famille.

 C’est dans cette logique aussi qu’il faudra peut être situer l’allégeance, la semaine dernière en faveur de Vincent Moulingui Boukossou, vice-président démissionnaire du Parti Social Démocrate (PSD) de Pierre Claver Maganga Moussavou, dont la seule base électorale n’est autre que la ville de Mouila. Et même si le parti dispose de quelques élus, son leader n’a jamais dépassé la barre des 3% à la présidentielle depuis 1993. Des poids-plumes ! Poids-plumes qui pourront induire en erreur l’heureux bénéficiaire de leurs faveurs, même si l’homme on le sait, en a le plus besoin en pleine période de braderie politique.

 


CNN

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