Présidentielle 2016 : Peut-on encore nier l’existence d’une crise politique au Gabon ?

lundi 9 mai 2016 Politique


Alors que ceux qui voyaient tous les symptômes d’une crise politique dans le pays appelaient à la tenue d’un dialogue national inclusif, afin d’épargner le pays d’un drame inédit au lendemain du scrutin présidentiel de cette année, certains, dans le giron présidentiel surtout n’ont cessé d’afficher leur autisme face à cette sollicitation. Mais peut-on encore continuer d’entretenir ainsi le statu quo, après la sortie de la médiatrice de la République le week-end écoulé, Laure Olga Gondjout qui appelle tous les acteurs politiques à se retrouver autour d’une table ?

Le dialogue national ? Voilà une question qui ressurgit dans le débat politique gabonais après la sortie, le week-end écoulé de la Médiatrice de la République, Laure Olga Gondjout, sur les antennes de nos confrères de Radio France internationale (RFI). Après plusieurs appels de l’opposition et de la communauté internationale, notamment celui du représentant des Nations Unies pour l’Afrique centrale, Abdoulaye Bathily, qui invitaient à la tenue d’un dialogue national, appels,bien évidement tous tombés dans des oreilles des sourds de la majorité, enfermée dans sa bulle.

Voilà que la Médiatrice de la République, à son tour relaye les craintes relatives à d’éventuelles violences post-électorales.En effet, au micro du correspondant de RFI au Gabon, Laure Olga Gondjout ne cache plus son inquiétude devant cette incertitude croissante quant au lendemain électoral d’août prochain. « A vous Monsieur le Président de la République, j’adresse un appel particulier : le dialogue et la concorde. A tous les acteurs de la classe politique, mettez tout en œuvre pour vous retrouvez dans le corps de garde ou aux pieds de l’arbre à palabre ». C’est le cri qu’a lancé Madame Gondjout à l’ensemble des acteurs politique, après avoir confirmé une crise politique multiforme, liée à la dégradation des climats économique, social etc…

Un appel qui semble résonner dans le vide ?^

En réalité en reconnaissant qu’il y a bel et bien une crise politique majeure au Gabon, Laure Gondjout n’apprend rien aux Gabonais. Parce que depuis près de deux ans tout le monde ou presque reconnait qu’il existe un marasme politique de grande ampleur dans le pays, exceptés les jurés de la mouvance présidentielle qui affichent leur aveuglement quant à la réalité. Mais l’appel de la Médiatrice de la République est quand même atypique, vu que c’est la première fois qu’une personnalité de son rang affiche ouvertement des craintes aussi fortes.

Seulement, cet appel au dialogue semble résonner en vain, au regard de la radicalisation des positions des uns et des autres. Et pour cause, le format du dialogue divise depuis les deux camps. Pour l’opposition, il faut que se tienne impérativement un « dialogue national inclusif, sans tabou ». Et si ce dialogue devait avoir lieu à l’intérieur du Conseil National de la Démocratie (CND), il faudrait d’abord réformer certains statuts de l’institution pour qu’elle passe du statut de simple organe consultatif à celui d’organe décisionnel.

Concrètement un tel dialogue devrait déboucher sur la mise à plat totale de toutes les institutions, et un Conseil National de Transition qui devrait prendre la direction des affaires courantes du pays. Et cela jusqu’à la mise en place d’une nouvelle constitution avant d’organiser une élection présidentielle crédible. Et ce, pour faire imposer ces conclusions à tous.

Or, les termes « inclusif » et « sans tabou » sont très mal perçus par les tenants de la majorité au pouvoir. Pour eux ce serait là un moyen de remettre toutes les institutions du pays à plat, y compris l’actuel mandat finissant d’Ali Bongo Ondimba. Inadmissible pour les « Emergents » qui soupçonnent l’opposition de réclamer un partage du pouvoir sous le paravent du dialogue national. Pour ces derniers, il n’est pas question de mettre entre parenthèse les institutions démocratiquement mises en place pour assouvir le goût du pouvoir de l’opposition. Le statu quo est loin de connatre son épilogue, et l’appel de la Médiatrice semble ne trouver d’autres oreilles que celles de l’entêtement. L’autisme politique !


Charles Nestor NKANY

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