Présidentielle 2016 : le désir de Jean Ping de « mettre le Gabon à l’abri du besoin et de la peur » !

jeudi 5 mai 2016 Politique


C’est l’essentiel de la cérémonie qui s’est déroulée hier à la chambre de commerce de Libreville. Devant les hommes et femmes de médias, Jean Ping, candidat à l’élection présidentielle de cette année s’est largement appesanti, détails à l’appui, sur son ambition de « Mettre le Gabon à l’abri du besoin et de la peur ». Non sans critiquer le bilan d’Ali Bongo Ondimba qu’il a accusé de détourner impunément l’argent de l’Etat.

Initialement prévue pour le 24 avril dernier, c’est finalement hier jeudi 4 mai que l’ancien patron de la Commission de l’Union Africaine, Jean Ping, candidat au scrutin présidentiel à venir, a présenté officiellement son projet de société, intitulé « Mettre le Gabon à l’abri du besoin et de la peur ». Lequel projet « définit de nouvelles ambitions » et de « nouvelles espérances », a dit Jean Ping. « Le projet que je soumets à votre appréciation ouvre de nouvelles perspectives possibles, mais surtout concrètes parce que réalisables et finançables  », a ajouté le natif d’Omboué. Ce dernier n’a pas manqué, comme à son habitude de critiquer le bilan d’Ali Bongo Ondimba, qu’il accuse de détourner impunément l’argent de l’Etat.

Le Gabon depuis 2009 est « mal géré. La richesse du Gabon ne profite pas à tous ses enfants. La corruption est endémique. La justice instrumentalisée  ». Bref, une batterie de critiques qui l’ont emmené à s’engager pour le pays. C’est pourquoi entre autres points contenu dans son projet, il propose la modification de la constitution, précisément la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels. Pour ce faire, s’il advenait qu’il soit élu, il compte d’abord faire passer du septennat au quinquennat le mandat présidentiel, et proposer que le Président élu n’excède pas deux mandats, en verrouillant cette disposition constitutionnelle. Et cela, pour faire barrage à toute tentative de modification des articles ou de l’article concerné (s) dans le but de se maintenir au pouvoir.


Ping propose également que le chef de l’Etat ne soit plus le Président du Conseil de la Magistrature, pour garantir l’indépendance de la justice. Idem pour la Cour constitutionnelle à la seule différence qu’il veut la muer en Conseil constitutionnel. Entre autres projets, le challengeur d’Ali Bongo Ondimba promet de renforcer le rôle du Médiateur de la République, pour que «  celui-ci reçoive, en toute indépendance les plaintes et les doléances des citoyens qui auraient subi les violences et les injustices de la part de l’Etat ».

Même chose pour l’obligation qui sera faite à tous les plus hauts responsables de déclarer leurs patrimoines. L’école quant à elle sera rendue obligatoire et gratuite. Et ce, jusqu’à l’âge de 16 ans. La liste des promesses est loin d’être close ici.

Questions des journalistes ?

Quant à la question de savoir où va-t-il trouver l’argent pour financer son projet, surtout dans un contexte économique fragilisé par la chute des cours du pétrole, Jean Ping propose de vendre tous les biens immobiliers du Gabon recélés à l’étranger. Une vente qui sera également appliquée aux avions présidentiels. Ce qui fera gagner beaucoup de milliards, selon lui, au pays, surtout avec la réduction des dépenses de l’Etat, notamment avec la diminution des budgets faramineux des Institutions comme l’Assemblée nationale, le Sénat etc. La même austérité va être imposée au budget de la Présidence de la République qui, selon lui échappe au contrôle du Parlement.
En réponse à un confrère qui lui a demandé si, une fois au pouvoir quelle sera son attitude face à certains de ses collaborateurs de campagne, aujourd’hui accusés de gabegie financière, Ping, reconnaissant le caractère provocateur de la question, a néanmoins assuré qu’il fera tout pour que triomphe la justice.

Globalement, pour celui qui est présenté aujourd’hui comme l’un des meilleurs challengeurs d’Ali Bongo Ondimba à l’élection présidentielle avenir, son projet est « loin d’être un catalogue des mesures théoriques que l’on s’empressera, une fois élu de déposer au musée des promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent ».


Charles Nestor NKANY

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