Présidentielle 2016 : La Communication politique en panne !

mardi 2 février 2016 Speciales


Qu’attend le peuple gabonais des politiques s’ils tiennent encore à bénéficier d’un minimum de crédibilité auprès de lui ? Le fameux discours circonstanciel bien entendu, mais bien plus, le programme sur lequel il devra juger l’opposant, le bilan qui lui permettra d’évaluer l’action des hommes du pouvoir. Or, à l’expérience, ce ne sont pas ces deux éléments clés qui semblent guider ceux que le pouvoir attire.

Déjà, la grande mobilisation dans les quartiers de Libreville et les capitales provinciales du pays, plus personne ne s’en cache, pour porter la parole du Président de la République ou celle d’un opposant, Jean Ping en l’occurrence, avant qu’il ne soit officiellement suivi par les autres qui croient leur heure arrivée pour présider aux destinées du Gabon les sept prochaines années, nous citerons parmi eux Pierre-Claver Maganga Mousssavou et Dieudonné Minlama Mintogo.

Seulement, voici, pendant que les Gabonais qui voient chaque jour leurs proches, amis et connaissances revenir à la maison la tête basse, soit parce qu’ils ont entendu une mauvaise nouvelle, la poursuite de la chute du coût du baril de pétrole, les dépenses publiques ostentatoires, les menaces de grève par exemple, soit parce qu’ils ont appris quand ils ne sont pas eux-mêmes guettés par la spirale, qu’il y aura de centaines de déflatés quand l’on ne parle pas dans le meilleur des cas d’envois en congés techniques d’agents dans une ou des sociétés à travers la République, signe d’une mauvaise passe économique, rêvent comme les allemands dans les années 30, heureusement pour eux qu’il y’avait Adolph Hitler, de l’homme providentiel capable de transformer son discours en réalité comme l’exige la Politique prise sous le prisme de gestion de la cité tel que pensé par Aristote, les discoureurs qui ont pour nom pédégistes, udégistes, céléristes, unionistes, rpégistes, morénistes, que sais- je, continuent d’abreuver les populations de « déjà- entendu » conçu de phrases, sujets, verbes et compléments, qui ne suscitent même plus de réactions, tellement on dirait, pour reprendre la « Mama », « le disque est rayé ».

 

Plus de place pour les châteaux en Espagne !

L’homme politique américain Abraham Lincoln avait été clair, lui, qui avançait : « On peut tromper une partie du peuple tout le temps, tout le peuple une partie du temps, mais pas tout le peuple tout le temps  ». Comme dans les autres nations devenues aujourd’hui des grandes démocraties, le Gabon actuellement en période de balbutiement, finira bien, si une volonté ferme s’affiche, par emprunter le chemin des pays où la bonne gouvernance, le respect des droits de l’Homme, l’égalité des chances entre tous, y compris entre genres, et le mieux-être seront des réalités.

Il n’est pas trop tard pour commencer maintenant ! Il faut pour cela à nos hommes politiques de quelque bord qu’ils soient, comprendre que le peuple n’est pas marionnette ou girouette et qu’il sait où sont ses intérêts en dépit de la posture qu’on veut bien lui prêter. Jouer à cache-cache devient un exercice risqué, ce d’autant plus que de plus en plus d’africains ont compris la collusion entre membres de la classe politique qu’ils disent capables de s’entendre sur le fait de les distraire, le temps d’une élection avant le passage au partage du gâteau.

Le peuple explique ainsi les comportements des uns et des autres qui viennent leur faire croire qu’ils ont la baguette magique pour changer le Gabon en paradis, alors qu’ils ne disposent pas souvent d’un schéma directeur susceptible d’être appliqué avec effet positif. Leur objectif, atteindre les populations jusque dans leur subconscient afin que le rêve puisse durer, pourvu qu’il ne s’éternise pas !

Qui a dit le pouvoir, activité ludique ?

Ce que l’on constate, c’est qu’alors que de nombreux Etats sur le continent, s’emploient à reconnaître que la communication politique ne vaut que par la représentation des trois éléments que sont les acteurs politiques, les médias et l’opinion publique, cette dernière soit reléguée au second rang pour ne pas dire oubliée, ignorée, lorsqu’il s’agit de prendre des mesures de portée générale, nous allions dire républicaines. Il en va ainsi de toute élection qui impose à la majorité de justifier ce qu’elle a fait de ses années de magistère et à l’opposition de convaincre comme savait le faire feu Pierre Mamboundou qui présentait clairement à ses interlocuteurs des plans de développement crédibles qui ne sollicitaient que des financements, y compris à fonds propres, pour être traduits en actes. Pourquoi l’observation d’une certaine léthargie au Gabon ? Exercer le pouvoir, loin d’être une activité ludique, sinon tous les gabonais s’y livreraient, est chose des plus sérieuses, commandant que celui qui s’y aventure vienne sur l’arène avec des ambitions nationalistes et non partisanes, encore moins claniques au sens le plus large, car en démocratie, l’on n’oblige personne à briguer le fauteuil présidentiel.

A tous ceux qui veulent se lancer sur cette voie, d’offrir des garanties qu’ils se comporteront selon les principes édictés par la prestation de serment au cours de laquelle l’on est appelé, à jurer sur la Constitution pour que le peuple en prenne note et sanctionne dès qu’il ressent ses intérêts en jeu. Le Gabon n’évolue pas en vase clos, il mérite, lui aussi, le respect de la communauté internationale, il n’a pas été créé par la volonté de quelques gens, fussent-ils assoiffés de pouvoir, il est l’affaire de tous ses citoyens qui ne supportent que très mal d’être floués surtout après autant de galère. Un projet de société n’est pas un document vain, il doit être à nos hommes politiques, ce qu’était « Mein Kampf » à Adolph Hitler, l’expression vivante de leur vouloir.


Dounguenzolou

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