Présidentielle 2016 : humanité ou animalité ?

lundi 12 septembre 2016 Société & environnement


Officiellement le Ministère de l’Intérieur parle de 3 morts dans les violences post-électorales déclenchées après l’annonce donnant Ali Bongo Ondimba, vainqueur du scrutin du 27 août dernier. Si les raisons évoquées par les autorités sont toutes fondées, l’on s’interroge tout de même sur la réponse disproportionnée des forces de l’Ordre et de Sécurité qui ont fait montre d’une grande violence.

Si les autorités gabonaises justifient les trois décès comme une conséquence regrettable des violences post-électorales, toutefois elles peinent à justifier le nombre important des blessés par balles à travers le pays ainsi que les nombreuses disparitions. Amnesty International via sa cellule Afrique Occidentale et Centrale a vivement réagi le 1er septembre dernier. « Les forces de sécurité doivent s’abstenir de recourir à une force excessive contre les manifestants à la suite de la contestation électorale que connaît le pays », s’est exclamé Alioune Tine, Directeur Général Afrique Occidentale et du Centre pour Amnesty International.

Ce dernier a clairement fustigé l’emploi excessif de la force tout en appelant l’Etat gabonais à respecter les libertés fondamentales « Cette réponse brutale bafoue les droits des manifestants à la liberté d’expression et de réunion pacifique, et enflamme une situation déjà tendue. Les autorités doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faciliter la contestation pacifique et garantir la stabilité et la sécurité nécessaire après l’élection », a-t-il ajouté.

Pourtant l’on s’interroge encore sur la nécessité d’employer une telle force punitive sur des populations désarmées qui depuis 1993, à l’occasion de la première élection multipartite du pays a toujours manifesté son mécontentement quant aux résultats issus des urnes par des casses et pillages. « Cette réaction du peuple aurait dû être anticipée par les pouvoirs publics vu que le peuple a toujours réagi de la sorte. Il semble plutôt que les forces de sécurité avaient apprêté la répression plutôt que la sécurisation des manifestants comme dans toute bonne démocratie », soutient Rodrigue Magnagna Makoumba, militaire à la retraite. La répression a-t-elle donc été pensée avant les évènements tragiques qui avilissent l’image du pays et celles de nos dirigeants aux yeux des autres nations du monde ? Rien n’est moins sûr ! Comment et pourquoi trois gabonais ont été abattus ? Les raisons évoquées par le Ministère de l’Intérieur sont-elles justifiées ?

Cependant, pour Amnesty International les autorités gabonaises, « doivent aussi ouvrir une enquête indépendante et impartiale pour toute utilisation excessive de la force et traduire les éventuels responsables devant la justice », a conclu Alioune Tine, Directeur Général Afrique Occidentale et du Centre d’Amnesty International.


Tony Muru

Vos commentaires

  • Le 16 septembre à 10:40, par jean bille En réponse à : Présidentielle 2016 : humanité ou animalité ?

    selon les témoins rencontrés et ayant assité au mitraillage du QG du candidat ping par un hélicoptère de l’armée, il y aurait eu des morts par dizaines, aussitôt ôtés de la scène meurtrière par ambulance et autre moyens. le bilan de 3 morts est donc un mensonge grossier d’autant que certains d’entre eux ressuscitent, à en croire, le ministère de l’intérieur et sa police. il y a eu véritablement une volonté des pouvoirs publics actuels de tuer, de massacrer des manifestants désarmés. le mensonge consistant à dire que les manifestants ont pu tirer sur leurs assaillants aériens et terrestres est encore et toujours un mensonge éhonté ! une enquête internationale doit être diligentée afin de faire la lumière sur les morts innocents.les familles ainsi endeuilés ont ce droit.

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  • Le 13 septembre à 15:51, par Julhiana En réponse à : Présidentielle 2016 : humanité ou animalité ?

    Les autorités doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faciliter la contestation pacifique et garantir la stabilité et la sécurité nécessaire après l’élection .

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