Présidentielle 2016 : Engagement des femmes, outre le show que pèse-t-il réellement ?

lundi 18 avril 2016 Politique


Souvent taxées de « bougeuses de fesses », en raison de leur présence « massive », la plupart du temps uniquement dans les groupes d’animation. Ou encore à cause du rôle se limitant à l’entretien des foules, lors des meetings et autres grands rendez-vous politiques en période électorale. Au-delà du festif et des beaux discours relatifs au respect des questions de genre, que vaut réellement cet engagement politique de la gent féminine ?

Une animation sans retenue à telle enseigne qu’elles ont été même affublées d’un nom aussi évocateur que dégradant de : « bougeuses de fesses ». L’engagement des femmes dans les campagnes électorales présidentielles et souvent marqué par des ballets de danses sur des sonorités endiablées, bien souvent sous un soleil ardent, et ce, jusqu’à l’arrivée du candidat de la formation politique. Un rôle dans lequel, elles sont cantonnées depuis belle lurette.C’est pourquoi, certains observateurs s’interrogent sur le poids de cette implication féminine en période électorale ?

A ce propos, bon nombre de personnes considèrent, l’Union des Femmes du Parti Démocratique gabonais, l’UFPDG, comme une grosse machine de rassemblement féminin sur le territoire national. D’ailleurs, le congrès d’investiture d’Ali Bongo Ondimba, le 12 mars dernier en a constitué la parfaite illustration. C’est dire que l’UFPDG est un véritable rouleau compresseur de l’animation ! On en veut pour preuve, les entrainements et compositions de chants thématiques. Objectif : séduire les électeurs, histoire de donner une certaine ambiance à la campagne. Bref, le show électoral !

Et après ?

Selon les récriminations de leurs compatriotes de l’opposition, cette parade exhibitionniste des « bougeuses de fesses » n’a jamais amélioré le sort de la femme gabonaise. Puisqu’une fois l’élection finie et que le candidat pour lequel elles ont mouillé le maillot est élu, la réalité voire la misère quotidienne reprend sa place. L’alimentation et la scolarisation des enfants, le règlement des factures d’eau et d’électricité sont autant d’écueils auxquels il faut faire face. Même si la célébration de la journée nationale de la femme le week-end écoulé a mis l’accent sur l’autonomisation des femmes, notamment à travers les activités génératrices de revenus, avec le fameux projet « Graine » (encore faudra-t-il attendre des années pour voir les premiers effets), il reste que globalement, la condition de la femme gabonaise reste encore à définir.

Cette femme est essentiellement celle des champs dans les milieux ruraux et enclavés du pays, faute de route pour écouler les produits de ses travaux champêtres. Elle qui semble abandonnée. Trêve de beaux discours, les gouvernants doivent travailler à donner à la femme gabonaise une place prépondérante dans la société.


Charles Nestor NKANY

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