En ce moment

Pouvoir et responsabilités politiques : L’Idéologie comme vecteur de pensée préalable ?

lundi 21 mars 2016 Speciales


Chez nos ancêtres les « Gaulois » dont on s’inspire pour bâtir nos modèles politiques, il est clair que l’on ne peut aspirer gouverner un pays si l’on ne dispose pas d’une idéologie et d’un projet de société que l’on vous croit capable de respecter du point de vue des capacités, mais aussi des valeurs morales. Lorsque l’on évoque par exemple chez eux la notion de gauche, elle renvoie grosso-modo à la défense de la classe ouvrière et des défavorisés, la droite, à celle de la responsabilité individuelle, le Front national, à celle des questions d’immigration et de sécurité et Europe Ecologie les Verts, comme son nom l’indique, aux problèmes écologiques. Or, le plus souvent chez nous, l’on assiste à un mélange de genres quand il n’existe purement et simplement pas de programme politique à proprement parler en ce sens qu’il ne représente pas une vue de l’esprit, mais la définition théorique de ce que l’on entend avec les moyens dont on dispose mettre en œuvre.

La posture qu’adoptent les partis politiques en Europe en général, en France en particulier, représente à notre humble avis, ce qu’il faut entendre par idéologie pour nous éviter de recourir à des définitions trop savantes. Elle, cette idéologie, est, on le voit, claire et universelle, c’est -à- dire, au contraire de chez nous, partagée par tous ceux du même bord. Pourquoi, lorsqu’elle est empruntée sous les tropiques, elle prend une toute autre coloration ? Pour que finissent par s’entremêler curieusement rationalisme et mysticisme dans l’exercice du pouvoir. Lorsque le candidat d’une formation politique est élu à la présidence de la République, il lui revient d’appliquer son projet de société et de rendre compte au peuple tout entier, y compris celui de l’opposition fait également de patriotes ou des indécis qui ont choisi de ne pas aller aux urnes la fois précédente, de l’état de sa gouvernance, des difficultés qui ont jonché son parcours pendant son mandat et des ambitions affichées pour faire amende honorable. Car, c’est de cela dont il s’agit lorsque vous devez votre pouvoir au peuple.

Préparer la confrontation comme on le voit sous nos cieux pour s’imposer ou conquérir le pouvoir, au moyen d’engins de guerre sort des normes internationalement requises, car celui qui paie souvent le lourd tribut, ce n’est pas le politique, cela s’est vu en Côte-d’Ivoire entre 2010 et 2011, c’est bien le peuple habitué à trinquer, qui n’a que foutre, à l’entendre parler, des querelles politiciennes dans lesquelles il n’est d’ailleurs pas placé au centre des préoccupations. On en veut pour preuve, le peu d’empressement avec lequel se manifeste la « solidarité nationale ». Partant de ce postulat, il faut que le Parti Démocratique Gabonais, PDG, cesse de se comporter comme ce parti de masse qui renvoie à l’idée d’une formation politique pour laquelle seul compte le nombre ou la quantité et non la qualité et à celle selon laquelle chacun est conduit par la défense de ses propres intérêts, mu par des idées foncièrement partisanes qui plombent l’avancée du pays, vu que c’est le parti au pouvoir qui doit donc de tout temps concevoir la vie du citoyen.

Parler vrai pour moins d’illusion !

Ne pas le faire, nous enverrait nous interroger sur le « mythe de la caverne » de Platon, une allégorie présentant la majeure partie de l’humanité que nous concevons ici à l’échelle du pays, plongée dans le noir, éprouvant le plus grand mal du monde à être au contact de la lumière. Puisqu’étant accoutumée depuis plus d’un demi-siècle, à danser, applaudir, accomplir les basses besognes, alors que le musicologue gabonais Pierre- Claver Akendengué avertit bien dans une de ses chansons que le rire dans l’oppression, la chanson dans l’oppression, le Tam-Tam dans l’oppression (…) tuent la conscience…

A l’opposé, se tiennent fièrement des « camarades » qui passent le plus clair de leur temps à développer un discours démagogique éloigné de toute franchise. Même le Centre d’études politiques du PDG ressemblerait beaucoup plus à un lieu où viennent des « intellos », se masturber l’esprit et jouer du coude à la vue d’un nouvel arrivant dans le cercle très fermé de l’élite contrairement à ce que l’on pense. Dans ce cercle, sont développées des idées du genre de celles émises par ces flatteurs qui vivaient aux dépens de celui qui les écoutait au temps où coulait le miel, parmi lesquels « Jacky Mille encyclopédies », idéologue parmi les idéologues qui doit certainement avoir aujourd’hui du remords, qui pondait entre autres « le Progressisme démocratique et concerté », une nébuleuse, sinon pourquoi lui-même le « propriétaire de la main blanche » aurait- il lors d’une interview, demander aux journalistes de se rapprocher du penseur pour qu’il leur explique de quoi il s’agissait ? C’est qu’Omar Bongo Ondimba était visiblement embarrassé. Tout ce qui se faisait, croit-on savoir à cette époque, ne l’était pas au nom d’une idéologie, mais plutôt dans le but de satisfaire le chef qui s’en accommodait.

Sortir des sentiers battus !

D’où le Palais ressemblait à cette cour des temps anciens où régnait un maître servi par des vassaux. S’il faut louer l’attitude d’« Héritage et Modernité » si tant est que sa principale revendication ne réside pas dans le seul partage du gâteau, mais va jusqu’à une critique raisonnable de la gouvernance du pays, il y a lieu de tirer à boulets rouges sur des caciques, d’anciens hiérarques du PDG qui ont pourtant amassé des fortunes, mais continuent de parler au nom de la prééminence de leur famille biologique, oubliant que le Gabon, c’est près de deux millions de têtes à satisfaire au quotidien lorsqu’elles consentent à vous affubler du titre de chef. Tous leurs débats semblent tourner autour des postes, de l’argent, de l’avenir de leur progéniture au détriment de celui de tous les autres jeunes gabonais. D’ailleurs, les leurs ne sont-ils presque pas tous hors du pays, ceux de leurs « compatriotes » s’apprêtant une nouvelle fois à être sacrifiés comme chair à canon ? Non Messieurs, attention, le peuple que vous voyez est un œil ouvert, le chanteur de « muru tab’ », « la tête du mouton », Mackjoss Makay’- Ma-Mboumb’, ne nous avait-il pas servi l’anecdote pour signifier que même mort, le mouton a ses yeux ouverts, avant de complimenter Omar Bongo Ondimba lorsque dans les années 70, il transforma le Gabon à la faveur de la tenue à Libreville du sommet de l’OUA, chantant « … Merci Yaya Bongo, tous les gabonais l’ont compris, le peuple ne vit pas de projets, le peuple vit de réalités… ».

Ce qui renvoie à la fonction sociale de la musique et de la danse chez les peuples bantu qui, pour magnifier l’action des guides, chantaient et dansaient en leur honneur. Allons- y un peu méditer sur cette image avancée par Guy Nzouba Ndama, président de l’Assemblée nationale gabonaise, faisant allusion aux souris que le PDG aurait gardé dans des sacs d’arachide. Propos avant-gardistes ou pure sagesse africaine ?


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs