Pourquoi le pouvoir se croit-il obligé de se défendre ?

vendredi 15 janvier 2016 Speciales


Dans toutes les démocraties au monde, il est un principe immuable qui veut que le pouvoir gouverne et que l’opposition, elle, s’oppose. Sauf erreur de notre part, nous constatons qu’ici, toutes les dénonciations des gens de l’autre bord sont systématiquement suivies de commentaires quand ce ne sont pas des réactions virulentes, les « pédégistes » ratant toujours l’occasion de se taire !

« Il n’est pas sécurisant de tirer sur un corde raide » entend-on souvent dire. Bien qu’il soit difficile d’avancer pour des raisons structurelles qu’il existe une opinion publique au Gabon, le pays ne s’étant pas encore doté d’instituts de sondages ou n’en n’ayant besoin qu’à des fins électoralistes, l’observation la plus froide met à nu un constat quasi- généralisée, la République s’échauffe non seulement avec les incessantes apparitions d’opposants prêts, disent-ils, à bouter hors du palais présidentiel Ali Bongo Ondimba cette année, mais aussi parce que les mouvements sociauxreprennent de plus belle, manifestation, on ne peut plus flagrante, d’un désaccord avec les politiques adoptées par les hommes du pouvoir qui, selon le Gabonais lambda, continuent de faillir à leur mission essentielle consistant à redonner un peu d’espoir à leurs compatriotes empêtrés dans des problèmes de tous genres, allant du chômage à l’irrégularité du paiement des salaires dans de nombreuses sociétés traitant avec l’Etat.

 Ce qui fait froid dans le dos et développe chez bon nombre d’entre eux des comportements avilissants que seule une justice sociale diligente viendrait réparer. D’aucuns dont on ne se doute pas qu’ils veulent certainement éveiller chez les dirigeants un sursaut d’orgueil, qui vont jusqu’à affirmer en l’absence de sondages que le pays va à vau- l’eau, s’estiment marginalisés, ce qui, affirment-ils, est une erreur car, que serait la communication politique du pouvoir sans la prise en compte de l’élément que représente l’opinion publique ? Expression on ne peut plus criarde du désarroi qui les habitent.

Et chaque fois, le même refrain : « l’Avenir en confiance ! »

Comment ou de quelle manière rassurer ses compatriotes si ce n’est en posant des actes forts, surtout qu’approchent des échéances que beaucoup qualifient de cruciales pour l’avenir du Gabon, eu égard au fait que l’on a du mal à apprivoiser sans être politique les comportements sommeillant dans chaque citoyen, dès lors que la majeure partie se sent délaissée, le gouvernement éprouvant un mal fou à traduire en actes malgré de multiples revirements ou chambardements, la pensée profonde du chef de l’Etat qui jure qu’il ne sera heureux que lorsque les Gabonais le seront. Ce gouvernement veut- il le rendre malheureux ? Si c’en est le cas, pourquoi hésite-t-il à rendre son tablier puisque l’on estime qu’il est encore temps ?

Préfère-t-il, ce gouvernement, s’accommoder de comportements frisant la riposte, feignant d’ignorer qu’ici, le peuple et l’opposition ont le beau rôle, celui de critiquer ou de dénoncer dès qu’il apparaît à leurs yeux qu’il se passe des choses invraisemblables dans la gestion des deniers publics par exemple ou dans celle de l’Homme, car il lui appartient, à lui le gouvernement, en lieu et place des critiques fusant de toute part, d’ajuster le tir, afin d’être prêt lorsqu’il s’agira de rendre compte de sept ans de gouvernance, le président, certes la première personnalité du pays, n’étant pas seul comptable devant les populations.

Au sein du parti au pouvoir, l’on semble également oublier que le PDG est attendu sur la défense de son bilan et non sur la présentation d’un programme qui est déjà connu des Gabonais qui ne l’attendent que sur l’exécution. Et c’est bien ici que l’équipe du Professeur Daniel Ona Ondo est attendue, placée qu’elle est dos au mur, la démocratie qui par essence est conflit la soumettant aux incessantes diatribes de n’importe lequel des Gabonais. Elle aurait tort de ne pas tenir compte de leurs avis puisqu’elle a librement choisi de porter la casquette de gouvernant ?

Gouvernants, éveillez-vous !

Non pas que l’on ne soit pas conscient de ce que la rente pétrolière prend de jour en jour davantage un coup délirant pour les finances publiques et l’équilibre budgétaire du Gabon, mais fort de l’argument selon lequel « gouverner, c’est prévoir », nous ne pouvons qu’encourager les autorités à réfléchir aux moyens de rattraper le retard, si retard il y a, enregistré depuis que le baril de pétrole connaît une baisse drastique et les prier d’entendre les voix de leurs compatriotes disséminés à travers la République qui attendent qui une route, qui un puits, qui une école, qui un dispensaire, qui une case aux normes requises, etc… sans distinction de région ou d’ethnie, encore moins de confession religieuse. Le pays ne leur en sera que reconnaissant.

 Elles ont hérité d’un pays stable à tous points de vue, leur devoir devrait être de le garder en l’état, sinon de l’améliorer, c’est ce que beaucoup de leurs compatriotes sollicitent pour cette année 2016 pendant laquelle ils veulent voir leur quotidien s’améliorer, leur vie connaître un essor favorable indépendamment des circonstances ou des conjonctures susceptibles d’influencer la marche vers l’avenir.

Après tout, le Gabon, s’il est géré avec parcimonie et patriotisme, ne mérite pas de sombrer dans les abîmes, la diversification de l’économie prônée par le président Ali Bongo Ondimba peut à cet effet se présenter non pas comme une panacée, mais comme une véritable bouée de sauvetage et plutôt que de provoquer une levée de boucliers chez les adversaires de l’Emergence, développer un sentiment relativement conciliant qui les soustrairait de l’environnement de grogne dans lequel ils baignent, ne dit- on pas à juste titre que ventre affamé n’a point d’oreilles ?


Dounguenzolou

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