Pourquoi l’Emergence a-t-elle du plomb dans l’aile ?

jeudi 29 octobre 2015 Speciales


S’il est une chose qui distingue une société organisée d’une sous l’emprise de l’empirisme, c’est bien l’existence d’un modèle de gouvernement, d’un projet sur lequel s’appuient les gouvernants pour susciter le développement. Au Gabon, il s’agit de « l’Avenir en confiance », le projet grâce auquel le président Ali Bongo Ondimba a été conduit à la tête de l’Etat par la majeure partie de ses compatriotes en 2009. Un projet qui rencontre bien de difficultés à être appliqué…

Les raisons qui expliquent le retard pris dans l’application par les autorités gabonaises du projet de société d’Ali Bongo Ondimba sont diverses. Elles vont du comportement de ceux à qui incombe la charge de le mettre en musique à l’environnement socio- politique marqué plus que jamais par des contestations récurrentes en passant par l’élan des populations à adhérer audit projet.

En effet, il est une chose de promettre quelque chose au peuple, campagne électorale oblige, il est une autre d’aller jusqu’au bout de sa logique qui consiste à matérialiser ses promesses. Bientôt 2016 et les Gabonais iront une nouvelle fois comme en 2009 à une élection présidentielle à laquelle participera le distingué camarade président du Parti démocratique gabonais, PDG, au pouvoir, sans nul doute.

 Sauf que jusqu’ici, d’aucuns avancent qu’ils ne voient rien poindre à l’horizon. Ils sont peut-être mauvaise langue, car on leur apportera souvent la preuve du contraire lorsque l’on s’appuiera par exemple sur le réseau routier, mais ils ont peut- être la faiblesse de ne se fier qu’à ce qu’il voit. Ainsi, avancera-t-on à leur décharge que le pays manque d’un peu de tout encore s’il n’en n’a qu’en nombre insuffisant : pas assez d’écoles, d’hôpitaux, de moyens de transport urbain pour ne nous en tenir qu’à cela. Et pourtant Dieu seul sait combien d’argent l’on n’a pas investi pour que des œuvres d’art parfois soient réalisées sur toute l’étendue du territoire national selon le vœu de l’Emergent en chef qui affirme à tout bout de champ qu’il ne sera heureux que lorsque le Gabonais le sera.

 Est-il suffisamment compris ?

Lorsqu’Ali Bongo Ondimba lance cette phrase, il veut visiblement inciter ses collaborateurs, les premiers, et tous ses compatriotes après, à intégrer l’idée émise dans le tryptique « Paix, Développement, Partage » avec une insistance sur le dernier mot puisqu’il s’agit ici pour lui d’amener tout un chacun s’approprier cette valeur cardinale qui fait le fondement de l’unité qui ne se conçoit que dans la mise en commun des énergies et l’équitable répartition des fruits du labeur.

 Le chef d’Etat gabonais nous rappelle feu Omar Bongo Ondimba qui au soir de sa vie interpellait les membres de l’équipe gouvernementale, leur posant un véritable problème de conscience lorsqu’il assenait : « Dieu ne nous a pas demandé de faire du Gabon ce que nous faisons » en substance. Malgré ce déploiement du chef, beaucoup, y compris parmi ceux qui le côtoient au quotidien font la sourde oreille et continuent de ramer à contre- courant, avec la conséquence de s’attirer de plus en plus les foudres de leurs compatriotes qui croupissent sous le faix de la pauvreté et de la misère et qui continuent malgré tout de croire en un jour meilleur, s’appuyant sur l’idée selon laquelle tant qu’il y’a de la vie, il y’a de l’espoir !

 Le Gabon, une petite superficie, une modeste population à comparer avec les géants République démocratique du Congo et Nigéria pour ne prendre que ces deux exemples, doit- il faire face aux expressions minimales de l’exercice du pouvoir que constituent entre autres les faiblesses d’œuvres à caractère social ? Comment alors comprendre qu’il n’y ait toujours pas l’affirmation concrète de cette volonté de faire bouger comme on dit les lignes ?

 Comment comprendre que le chef qui se dit lui- même déterminé à en arriver là en soit à ne pas punir ceux qui se signalent par des actes répréhensibles, sauf quand ils ne sont plus en odeur de sainteté avec lui ? Combien après autant d’années, de Gabonais se demandent-ils encore quand auront-ils accès à un logement décent ? Comment comprendre qu’il y ait jusqu’ici encore autant de misère, de chômage, d’injustice, d’insécurité, ce n’est pas nous qui le clamons, mais le peuple du quartier qui se dit abusé et vomi comme s’il ne vivait pas sur la terre de ses ancêtres ? Ces questions trouvent aisément leur réponse dans l’esprit des uns et des autres avant d’aller chercher dans la structure même de la société. Que faire pour inverser la tendance, c’est ce à quoi devraient plus que jamais s’atteler ceux qui ont en mains le destin de la communauté. Ainsi, l’Emergence tant attendue pointera peut- être à l’horizon !       


JGN

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs