Portrait posthume : Louis-Claude Moundzieoud-Koumba est mort, vive…

mercredi 12 décembre 2018 Société & environnement


Il n’était pas humainement prévu qu’il nous quitte de cette façon. Et pourtant, la nouvelle est tombée ce 10 décembre, comme si Africa n°I continuait de côtoyer son ancien Directeur des Rédactions, car c’était dans l’ancien temps à cette époque que les agents de Moyabi et de Libreville touchaient leurs acomptes. Avec tout ce que cela comportait de respect auprès des populations qui avaient pris l’habitude de les fréquenter. Ce qui contraste bien avec le monde d’aujourd’hui fait de faux discours, de contradictions et de leur principale résultante l’insatisfaction. Qu’à cela ne tienne, Louis- Claude qui quitte à la fleur de l’âge un environnement pour lequel il avait juré de sacrifier sa vie, méritait-il un tel sort, surtout de sitôt ?

Il nous souviendra que porter à la tête des rédactions de la radio africaine dans la fin des années 90, Louis-Claude Moundziéoud- Koumba nous livrait que cela constituait un véritable challenge, ce qui signifiait que ce journaliste entendait, ce qu’il a toujours eu envie de faire, apporter le meilleur de lui-même à une profession qu’il avait embrassé par passion. En effet, certains de ses très proches affirment que le départ pour le Sénégal où il a fréquenté au Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI) de l’Université Cheik Anta Diop de Dakar, était lié à une farouche volonté de l’ancien collégien de Val-Marie à Mouila de s’affirmer dans les métiers de la communication et particulièrement le journalisme dans lequel il éprouvait tant de plaisir à se satisfaire, mais aussi à procurer du plaisir à tous ceux qui avaient pris l’habitude de l’écouter avec délectation.

Louis-Claude, asthmatique ? Comment pourrait-on à juste titre se demander ? Puisque de nombreuses personnes l’ayant rencontré et croisé quelques temps seulement avant que ne tombe la triste nouvelle ne décelaient rien de particulier en lui qui frisait une fin soudaine. D’où les interrogations qui défilent dans les esprits dont celles qui consistent à se demander si cette mort très attristante n’est pas due à un conflit de personnes, si elle n’est pas intervenue suite à un isolement qu’il n’aurait pas supporté, si elle n’est pas la cause d’un dégoût de continuer d’exister dans une société où le vice est malheureusement devenu « une vertu à la mode » ou si elle n’est pas simplement celle qu’il aurait lui-même, par principes, voulu tant il se croyait incompris dans une société « matérialiste » qui n’accorde que très peu de place aux choses de l’esprit au vu de ce qu’il a fourni comme sacrifices, notamment pour l’évolution et la considération du football africain sur la scène internationale.

Il n’y a qu’à se souvenir de ce qu’il a apporté aux différentes instances du sport roi auprès des dirigeants de la Confédération africaine de football (CAF), en dehors du fait qu’il fut un journaliste sportif de renom qui avait su tirer profit de l’expérience à lui inculquée par quelques uns de ses illustres devanciers dont nous ne citerons que quelques uns : Boubacar Kanté, Jean-Louis Farah Touré, Abel Mbengué, Joseph Gabio, Francis Salah-Ngoua-Beaud, Ronny Mba Minko, Hyacinthe Mba-Allogho et Albert Edou-Nkoulou, pour ne citer que ces noms.

Homme de devoir

L’association de ses qualités naturelles et intellectuelles et de l’inspiration qu’il a tiré auprès de ses devanciers, ont ensemble construit en Louis-Claude une personnalité hors du commun qui n’hésitait pas à se vanter d’être celui par qui la nouveauté devait arriver en ce sens qu’il fallait pour les générations montantes suivre son discours et sa méthode pour créer une nouvelle façon de faire ou simplement de pratiquer le journalisme sportif pour lequel il vouait une franche sympathie. Ceci s’est d’ailleurs manifesté par sa présence régulière auprès des responsables du football mondial et africain à travers les couvertures des compétitions couvertes par la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération internationale de football association (FIFA), à l’occasion des coupes d’Afrique ou du mondial.

Son assurance inégalable devant le micro, son timbre, son élégance, mais surtout les respect des engagements pris auprès des institutions qu’il servait ont fait de Louis-Claude, une voix très écoutée au point que, malgré les péripéties de la vie connues ou traversées chez lui, « nul n’est prophète chez lui » nous apprend-on, il soit toujours invité auprès des grands de la planète « foot », prompts à lui demander son avis sur les grandes questions de l’heure dans leur domaine de compétence et de prédilection. Sur son chevet, toujours un journal récent relatant les derniers évènements sportifs comme pour dire qu’il tenait à coller à la réalité à chaud et surtout, comme il savait si bien le faire, à livrer son opinion sur ce qu’il pensait être sa raison de vivre finalement. C’est malheureusement sans avoir réalisé un projet documentaire qui le tenait également à cœur qu’il a été foudroyé par un malaise qui a eu raison de lui l’entrainant ad-patres à la grande stupéfaction de tous ceux à qui il s’est confié quelques jours seulement avant.

Avec cette mort, l’Afrique du journalisme en général et du sport en particulier perd l’un de ses meilleurs serviteurs. La question réside dans le fait de savoir si, dans une société comme la nôtre, hantée par la médiocrité, le laxisme et l’incompétence, de nombreux jeunes se sont rapprochés de l’illustre disparu au point de tirer de lui la quintessence de son engagement à servir pour ne pas qu’avec son départ, il n’y ait que désolation ! Pour notre part, Louis-Claude restera celui avec qui il était bon de cohabiter, d’échanger, de travailler dans la rigueur. S’en souviennent ses confrères d’Africa N°I, mais aussi ceux qui avec lui ont participé à des aventures comme celle de Radio-Télévision Renaissance qui ont donné naissance à la radio communautaire « La Voix de la Dola » émettant dans ce département du sud du Gabon depuis plus de deux ans. Louis-Claude, ton nom et ton souvenir resteront à jamais gravé dans nos mémoires !


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs