Portrait post-mortem/Saulnerond Mapangou : Un grand commis d’état paradoxal !

lundi 15 octobre 2018 Politique


Ceux qui ne l’ont pas connu ont très certainement entendu parler des frasques de Saulnerond Mapangou tant elles relevaient de sa nature profonde. Le grand commis de l’Etat qu’il a été a comme qui dirait franchement vécu sa vie au point, semble-t-il, de n’avoir pas regretté de partir de ce monde.

Fruit d’un métissage, car né d’un sujet européen et d’une mère africaine, Saulnerond Mapangou éduqué aux réalités gabonaises était homme à n’obéir qu’à sa propre conscience, ce qui était l’un de ses traits de caractère fondamentaux. L’allure tantôt révoltée, tantôt hilare, tantôt provocateur, tantôt redresseur de tort, il laisse pourtant paradoxalement l’image d’un serviteur dévoué de la République qu’il a servie à un haut niveau avec abnégation depuis les années AEF, faisant partie des tout premiers Administrateurs civils qui succédèrent aux colons français qu’il n’avait de cesse de mettre au pas leur exigeant d’appliquer à la lettre les règles de savoir-vivre qu’ils inculquaient aux populations de leurs anciennes colonies en usant parfois de brutalité. Anecdote pour anecdote, il se dit qu’en tant que Préfet (Ndlr : Gouverneur actuel) dans l’Ogooué-Maritime, il refoulait de son bureau tout Européen au complexe de supériorité qui s’y introduisait en culotte.

Sous un tout autre angle, presqu’au soir de sa vie, l’homme politique engagé que Saulnerond Mapangou était devenu n’hésitait pas lors des meetings de campagne à Mouila, son fief électoral, pistolet à la hanche, de traiter ses adversaires de tous les noms d’oiseau, c’est vraiment peu dire, quand on sait qu’il avait les moyens intellectuels et moraux d’élever le débat, lui, qui fut en dépit de ses écarts de langage et de comportement Préfet, plusieurs fois ministre dans les gouvernements « Léon Mébiame » et donc à l’école diplomatique d’Albert Bongo et Directeur Général de société dont PIZO, avant de s’effacer dignement de la scène et faire valoir ses droits à la retraite.

Brave citoyen qui emporte avec lui toute une bibliothèque que l’on ne saurait transcrire si l’on a choisi de se tenir à distance de lui du point de vue des espaces physiques ou idéels. D’où notre rappel du musicologue congolais des années des indépendances Franklin Boukaka qui dans une de ses mélodies racontait qu’un jour un vieux lui dit en substance : « mon fils, un jour, chaque être humain mourra, mais toutes les morts n’ont pas la même signification ». A méditer profondément !


De notre envoyé spécial à Mouila, Dounguenzolou

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