Port-Gentil : Une ville « inaccessible » ?

jeudi 7 avril 2016 Société & environnement


Vivement que le pont reliant Port-Gentil à Omboué soit achevé. Cette infrastructure permettra très certainement de faciliter l’accès à la capitale économique du Gabon, la cité pétrolière étant souvent inaccessible lors des grands événements. Avec la Can 2017 qui pointe à l’horizon, il est impérieux que les autorités du pays se penchent déjà sur cette difficulté. Gros plan sur le pensum vécu par les voyageurs.

Décidément, le ciel est tombé sur la tête des populations de la capitale économique du Gabon ! Aux affres et ravages de la crise pétrolière à Port-Gentil, viennent se greffer les difficultés de ralliement de la presqu’île. Si en période ordinaire, cet écueil ne se ressent presque ou pas, tel n’est pas le cas durant les vacances scolaires ou lors des grandes manifestations populaires dans la cité pétrolière. La récente ordination épiscopale de Monseigneur Eusebius Chinekezy Ogbonna Managwne en est la dernière illustration en date, s’il était encore besoin de le prouver. Les délégations venues de divers horizons du pays et de l’extérieur ont une fois de plus éprouvé des difficultés qui pour rallier la ville qui pour en sortir. C’est dire que la problématique du désenclavement du poumon économique du Gabon se pose avec beaucoup d’acuité !

L’avion pour une catégorie de privilégiés ?

Point besoin d’entreprendre une étude socio-économique dans la branche aérienne pour affirmer qu’iln’est pas aisé pour le Gabonais lambda d’acheter un billet d’avion. En effet, il faut casquer pas moins de 75 000 FCFA en aller simple. Pour un peu plus d’une vingtaine de minutes de vol, la somme déboursée équivaut presque, pire dépasse celle d’une destination sous-régionale voire continentale. Et comme si ce n’était pas suffisant, les aéronefs des compagnies aériennes locales assurent la déserte portgentillaise, au petit bonheur la chance. Comble de l’aberration !

Idem pour le bateau !

Du coup, le palliatif consiste à emprunter la voie maritime. Là également comme le clame la maxime, « c’est bonnet blanc, blanc bonnet  ». Et pour preuve la Compagnie de Navigation Intérieure et Internationale, CNII, peine à offrir un service « acceptable ». Actuellement, seuls deux bateaux assurent la desserte. Encore que le catamaran Ntchengué est plus souvent en panne qu’en navigation. Le LCT, « Côtes de Blaiye », destiné au transport du fret léger, est obligé d’embarquer tels du bétail, les passagers. On peut ainsi affirmer sans ambages que les managers de ladite compagnie de transport nationale manquent d’ingéniosité et de jugeote. Ne peuvent-ils pas trouver des niches financières et réinvestir les profits générés à bon escient ?
Comment comprendre qu’en 1987, le bateau « Ekwata », ralliait Port-Gentil en 1 heure et 45 minutes, alors que maintenant, le même trajet s’effectue en 4 voire 5 heures de navigation ? Comment comprendre que la SONAGA, un opérateur privé transporte depuis des décennies des milliers de voyageurs sans trop d’impairs ? Deux de choses l’une ou cela relève d’une incapacité notoire des managers du secteur des transports publics, ou d’une volonté manifeste de maintenir Port-Gentil dans son « enclavement » !

L’Ogooué et ses mystérieux bancs de sable !

En raison de la dangereuse décrue de l’Ogooué, en saison sèche, la CNII a supprimé la desserte Port-Gentil/Lambaréné. A cela s’ajoute la faible rentabilité de cet axe. Le « George Rawiri », seul bateau assurant en ce moment le transport fluvial navigue entre Port-Gentil et le Fernand Vaz (où il transporte essentiellement la banane et autre denrées alimentaires provenant de Ndougou, dans le département d’Etimboué).
Du coup, les vedettes, ces grandes pirogues sont les seuls moyens de regagner Lambaréné au départ de Port-Gentil. Mais là aussi, au-delà de la beauté du panorama, il faut s’armer de patience pour supporter les 5 à 6 heures de navigation. Dur, dur d’entrer ou de sortir de Port-Gentil !


YFI

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