Politique de l’autruche ?

samedi 24 mars 2018 Société & environnement


De nombreux faits, hélas souvent récurrents, viennent soulever des interrogations dans les esprits de nombreux Gabonais. S’ils sont en grand nombre à boire encore comme du petit lait toutes les déclarations gouvernementales, d’aucuns, s’appuyant peut-être sur la réalité, même si l’on avance que celle- ci n’est pas de ce monde, se posent des questions sur la manière dont agissent de nombreux responsables politiques face à la dénonciation des maux qui minent l’équilibre socio- économique du pays, des maux dont on a du mal à affirmer que certains sont provoqués pour ne pas dire entretenus.

Le ministère des Affaires étrangères a été lundi dernier l’un des lieux choisis pour l’organisation des manifestations à l’occasion de la journée mondiale de la Francophonie. ’’Curieux !’’ ont réagi des Librevillois choqués par la grève menée depuis plusieurs semaines maintenant par les agents de l’institution, réclamant en dehors de meilleures conditions de travail comme un peu partout dans l’administration publique, la restitution de ce qui à leurs yeux est devenu un droit, à savoir, la prime de servitude diplomatique. Nombreux sont ceux qui ont perçu une sorte de cacophonie entre la juxtaposition des deux évènements, ne comprenant pas que l’esprit des diplomates et assimilés soit « distrait » par des sonorités ambiantes.

Au Conseil gabonais des chargeurs, l’heure est à l’accalmie, les agents à qui l’on commence à payer leur dû étant beaucoup plus attiré, circonstances obligent par des préoccupations pécuniaires. Et pourtant, le problème se posant à cette institution reste entier, s’agissant de gouvernance si l’on tient compte des différents rapports faits sur la situation de ce fleuron de l’économie gabonaise. Et les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est à craindre que les lendemains plutôt que d’être enchanteurs ne déchantent. Comme pour dire qu’il y a urgence de régler le mal à la racine et ce ne sont pas les faux- fuyants de la direction générale qui effaceront les traces laissées par les séquelles issues de la mauvaise tenue de la gestion de l’institution qui attend de faire peau neuve.

Les audits publics constituent- ils ici une vaine expression, alors qu’ils auraient le mérite de convaincre les populations non seulement de la volonté des gouvernants à débusquer les agents de l’État indélicats, mais aussi à véritablement lancer une relance de l’économie ? Ceux- ci ne seraient qu’encouragés par l’opération « Mamba » que d’aucuns accusent à tort ou à raison d’être sélective malgré les justifications sans cesse apportées par l’autorité gouvernementale. La question des mœurs n’est pas en reste quand on sait le degré d’implication dans des affaires de corruption et de détournements de deniers publics par des responsables étatiques ayant parfois prêté serment et qui semblent encore pour certains narguer le contribuable, s’agissant de la personne physique, l’État, pour ce qui de la personne morale.

Que faut- il déduire lorsque l’on nous bassine les oreilles avec des affaires de réduction des recettes de l’État si l’on sait ce qui se passe dans les différentes régies financières ou quelles sont les connivences établies entre leurs responsables et la hiérarchie ? S’est- on interrogé sur les conséquences peut- être pas à court terme, mais à moyen et long terme que pourraient provoquer de tels agissements à répétition. Si « gouverner, c’est, comme il est si souvent dit, prévoir », ne serait- il pas temps qu’un coup de balaie soit effectué sans complaisance sur toute membrane empêchant l’administration gabonaise de fonctionner de façon optimale ? Quel pays veut- on laisser aux générations futures quand on sait ce que nous- mêmes nous avons pu hériter, en dépit des fausses notes souvent étouffées ou carrément oubliées, d’une certaine génération précédente ? Le Gabon ne mérite pas cela avons- nous modestement envie de dire !


Dounguenzolou

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