Pétrole : « La GOC est le bras séculier de l’Etat (…) » dixit Arnauld Engandji Alandji

mercredi 8 juin 2016 Economie


Un peu plus de 5 mois après sa nomination, Arnaud Engandji Alandji dresse dans une interview accordée à Gaboneco.com le bilan de ses 100 premiers jours à la tête de Gabon Oil Compagny (GOC). Entretien.

Gaboneco (GE) : Tout d’abord qu’est-ce que la Gabon Oil Company (GOC) ?

Arnauld Engandji Alandji (AEA) : La Gabon Oil Company est le bras séculier de l’état dans le secteur pétrolier. Cette société commercialise le pétrole brut gabonais, mais également acquiert des participations dans l’industrie pétrolière. Il faut souligner que depuis sa création la GOC dispose essentiellement de deux activités génératrices de ressources, à savoir la commercialisation du brut de l’état gabonais dans le cadre d’un contrat et la gestion, même si s’était pour quelques mois, des opérations sur le champ d’Obangue.

GE : Dans quel état se trouvait la GOC à votre arrivée ?

AEA : On a trouvé une entreprise à la fois victime de son propre succès et de la crise. En effet, l’état attend beaucoup de la Gabon Oil Company. D’ailleurs, je dis aux équipes de Gabon Oil Company que nous ne sommes pas 100 salariés, mais un million huit. Car la nation tout entière subit directement les répercussions de tout ce qui se fait chez nous, vu que nous sommes un acteur principal d’un des pans de l’économie gabonaise qu’est le pétrole. Lorsque nous sommes arrivés on a trouvé l’entreprise dans une crise contextuelle mais également affaiblie par certaines décisions stratégiques qui méritaient d’être repensées au vue de la situation actuelle de l’industrie pétrolière.

GE : Avez-vous obtenu de nouveaux contrats ?

AEA : L’entreprise a obtenu un permis sur le champ de Remboué sur lequel des gros investissements ont été réalisés. Malheureusement, ce permis est à l’origine de la situation que connait l’entreprise aujourd’hui.

GE : Quid du champ de Remboué ?

AEA : Les activités sont arrêtées parce que c’est un vieux champ et les coûts de production sont très élevés. On est quand même à des cours élevés au dessus de 30 dollars par baril. Lorsque la GOC s’était positionné sur ce permis, les cours étaient à 120 dollars par baril. Donc ce montant de 120 dollars était justifié économiquement, mais lorsque vous arrivez à 35 dollars, vous êtes à la limite de votre rentabilité.Il valait mieux arrêter les activités sur le site Remboué au lieu de continuer à engranger des ressources appartenant essentiellement à l’Etat.

GE : Vous commercialisez l’or noir pour le compte de l’Etat quelle est la production pétrolière annuelle ?

AEA : Elle est de l’ordre de 7 millions de baril qu’on multiplie par le cours mensuel du baril, en tenant compte des éléments géostratégiques internationaux. C’est ce qui justifie l’actuelle chute du cours du baril.

GE : Quelles réformes ont vu le jour depuis votre nomination ?

AEA  : Les conclusions de l’audit commandité ont montré qu’il y avait des problèmes de gouvernance. Des services étaient inexistants ou se chevauchaient. C’est pourquoi, nous avons mis en place le département audit et gestion. Nous avons également rendu autonome le département HSE jusque-là sous la coupole des opérations, alors qu’il était censé contrôler les activités des opérations. Ensuite, il faut dire que nous nous sommes fixés un objectif ambitieux de faire la démonstration au niveau national et international de la bonne gouvernance de la GOC. C’est à ce titre que nous avons signé un contrat avec le cabinet Price Water house Cooper pour qu’il nous donne un coup de main dans la structuration des mesures de contrôle, des procédures internes de façon à ce que dans deux ou trois ans la GOC soit gérée comme les entreprises internationales telles que Shell et Total, avec la même rigueur dans les procédures, la publicité, la transparence.

GE : Vous insistez sur la gouvernance, pourquoi donc ?

AEA : C’est pour être en phase avec les instructions du Président de la République. La GOC est logée à la même enseigne que les autres entités étatiques. Dans cinq ans lorsque nous allons négocier avec les partenaires internationaux il faut que nous ayons une réelle expertise, celle-ci passe préalablement et indubitablement par la bonne gouvernance.

GE : Quelles sont les perspectives de la GOC ?

AEA : Nous avons finalisé les négociations d’un appel d’offre international dans le cadre de la création de Gabon Oil Marketing qui va concentrer en son sein les activités d’approvisionnement des produits pétroliers du pays. C’est l’import de produit, le stockage, l’entreposage, la distribution et à l’avenir la mise en œuvre d’une station service Gabon Oil Marketing. A côté de cela, en interne nous essayons de mettre en musique le Plan Stratégique Gabon Emergent. On essaie d’aider du mieux que l’on peut les entreprises locales, l’objectif étant que la plus-value pétrolière créée par la GOC profite aux PME locales et nationales.


Propos recueillis par PIN

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