Passée sous éclipse de l’union africaine : La crise gabonaise n’existe plus !

lundi 4 décembre 2017 Politique


C’est du moins ce qu’on est en droit de dire, après le refus par l’organisation continentale de prendre le mémorandum de Jean Ping et sa délégation, lors du cinquième sommet Union africaine-Union européenne du 29 au 30 novembre dernier à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Ignorée sur le sol africain par des Africains, la crise politique gabonaise née de la réélection en août 2016 d’Ali Bongo Ondimba à la Présidence de la République Gabonaise, est en passe d’entrer dans le tiroir des dossiers classés de l’Union africaine. Et celui qui est considéré comme le principal opposant à l’actuel président gabonais, Jean Ping en a fait l’amère expérience lors de son séjour abidjanais, lorsqu’il s’est vu rejeté son mémoire par la commission de l’organisation continentale africaine. Laquelle a refusé d’inscrire les tensions politiques au Gabon au menu des discussions de ce sommet entre Africains et Européens, sommet largement dominé par la crise migratoire en Libye, avec la vente des Africains noirs par leurs propres frères Africains blancs.

En effet, si les représentants de l’Union européenne présents à la rencontre d’Abidjan ont accusé réception du document apporté par l’ancien candidat de l’opposition, Jean Ping, le président de l’union nationale, Zacharie Myboto et le président de l’Alliance démocratique et républicaine (ADERE), Didjob Divungui Di Dingue, ceux de la commission de l’union africaine, eux ont dit niet. Au cas où Jean Ping et toute sa ménagerie politique ne l’auraient pas compris, le message de l’UA est désormais sans ambigüités : la situation au Gabon ne requiert pas la même urgence que la traite négrière en Libye. Et les débats sur le projet d’amendement constitutionnel, le rétablissement de la vérité des urnes que prône Jean Ping et toute sa suite, ne sont, au fond que des querelles de ménage interne que seuls, les différents acteurs peuvent régler eux-mêmes au pays.

Coup dur pour Jean Ping

Coup dur, c’est bien le mot qui sied pour qualifier la déconvenue du Front uni de l’opposition regroupé autour de Jean Ping. Surtout pour un ancien président de la commission de l’Union africaine, qui se voit ainsi accablé et ignoré par ses successeurs. Lui qui avait prétendu maintes fois qu’il brandirait son carnet d’adresses au cas où son ancien beau-frère, Ali Bongo Ondimba refusait de reconnaître le langage des urnes.

Désormais, le carnet d’adresses qui montre ses limites depuis plus d’un an ne semble plus suffire, à lui seul pour renverser la situation. Même si certains dans l’écurie de l’homme par une dose d’illusion excessivement maladive, croient encore à un retournement miraculeux de la situation, les carottes sont désormais cuites. Le pouvoir a définitivement échappé à Jean Ping, du moins pour sept bonnes années.


Leno KOLEBA

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