Paludisme : KAF156, le nouvel antipaludéen porteur d’espoir !

lundi 25 septembre 2017 Santé


Le CERMEL, le Centre de Recherches Médicales de Lambaréné au centre du Gabon s’applique dans sa mission de recherches internationales. Un nouveau médicament est en phase d’études pour prévenir et soigner le type de paludisme sévère qui est un cas unique au Gabon, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le spécialiste gabonais, le Dr Ghislain Mombo Ngoma est le Chef du département des Opérations Cliniques au CERMEL. En sa qualité d’investigateur principal des essais cliniques, il explique dans cette interview les missions du CERMEL. Entretien…

Gaboneco (Ge) : Dr Ghislain Mombo NGOMA, vous êtes le Chef du Département des Opérations Cliniques du Centre de recherches médicales de Lambaréné (CERMEL), Investigateur Principal des essais cliniques. Qu’en est-il de l’étude clinique KAF156 de Novartis ?

Dr Ghislain Mombo NGOMA (GMM) : Il s’agit d’un essai clinique de phase 2, c’est-à-dire l’une des premières administrations à des patients. Les médicaments sont KAF156 et Lumefantrine produits par la compagnie pharmaceutique Novartis. L’étude va porter sur l’efficacité et la sécurité du KAF156 associée à la Lumefantrine chez des adultes et des enfants atteints de paludisme non compliqué, causé par le plasmodium falciparum. L’objectif est de déterminer la dose la plus efficace et tolérable avec le schéma posologique le plus court, à savoir 1, 2 ou 3 jours de traitement. Environ 500 patients, adultes et enfants doivent être traités en Afrique et d’autres en Asie.

Ge : Selon l’organisation mondiale de la santé, OMS, Le Gabon est un pays avec un type de paludisme sévère. Que doit-on attendre de cette étude  ?

GMM : KAF156 est un nouveau médicament avec des caractéristiques différentes par rapport aux médicaments actuels. Il pourrait traiter le paludisme, mais pourrait aussi empêcher la transmission et servir pour la prévention. Dans tous les cas l’association étudiée pourrait constituer un nouveau traitement antipaludique très utile, notamment dans les régions où une résistance aux antipaludiques actuels apparaît. Une dose fixe serait idéale pour garantir l’observance du patient au traitement complet. Une des difficultés avec les traitements actuels sur 3 jours est que les patients ne terminent pas le traitement pour des raisons diverses.

Ge : Les traitements efficaces contre cette maladie qui fait encore de nombreuses victimes sont parfois chers pour les populations vulnérables, pourquoi ?

GMM  : Ceci est dû aux coûts de développement et de production élevés. En effet, les recherches pour arriver à identifier des médicaments efficaces prennent plusieurs années et aussi beaucoup de ressources. Les coûts étant supportés par les seuls compagnies pharmaceutiques qui sont des entreprises qui doivent faire du profit, cela se répercute sur les coûts des produits et donc sur les consommateurs finaux que sont les patients. Une solution serait la subvention par les états et les organismes internationaux tels que l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) afin de soutenir les compagnies pharmaceutiques et ne pas les laisser supporter seules les coûts.

Ge : Il est reproché à certains projets de recherche de se faire sans tenir compte des spécialistes qui travaillent dans les zones tropicales, cette préoccupation est-elle prise en compte ?
GMM  : Ceci est effectivement pris en compte et j’en suis le premier exemple. En effet, je conduis une équipe de recherche multidisciplinaire et multinationale depuis plusieurs années.

Ge : Finalement les travaux du vaccin contre le paludisme sont à quel niveau ?

(GMMNotre rôle est d’évaluer l’efficacité et la sécurité selon les objectifs des différentes études, mais les promoteurs sont responsables du déploiement et de toute autre mesure. Mais aussi, il appartient aux différents pays de mettre en place des politiques de santé publique qui puissent tenir compte des outils disponibles. A ce jour, 3 pays en Afrique, à savoir le Ghana, le Malawi et la Zambie ont adopté le vaccin RTSS, mais pas le Gabon.

Ge : Dr-Ghyslain Mombo-Ngoma, Le Centre de Recherches Médicales de Lambaréné mérite-t-il plus d’attention ?

GMM  : Le Centre de Recherches Médicales de Lambaréné (CERMEL) doit être félicité pour son implication dans des projets de recherches internationaux. Les activités du CERMEL lui confèrent une renommée internationale qui contraste avec le peu d’intérêt qui lui est accordé au plan national. Ceci devrait changer et les médias pourraient y jouer un rôle. Toutefois, il faut saluer la Direction du Médicament et de la Pharmacie du Ministère de la Santé qui supporte le CERMEL en autorisant les différentes recherches et en permettant l’importation des produits d’investigation.


Propos recueillis par YAO

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