Ouverture du Musée national : Le rendez-vous de février et ses incertitudes…

lundi 17 décembre 2018 Culture & people


C’est ce qu’a indiqué aux journalistes le week-end dernier, le ministre de la Culture, Alain Claude Bilié-By-Nzé. Après sa réfection, le ministère de la Culture s’attèle désormais à ouvrir les portes de ce grand temple de l’art gabonais au public. Et le musée n’ayant pas assez de collections, les attentes restent désormais focalisées sur la restitution du patrimoine gabonais en France. Mais comme pour le championnat national, le ministre se veut là aussi pragmatique. Il n’y aura pas d’ouverture du Musée national s’il n’y a pas d’argent nécessaire pour cela.

Tout est désormais fin prêt pour le musée national qui s’apprête à ouvrir ses portes au public gabonais en février prochain. Un thème de réflexion a même déjà été arrêté pour cette ouverture, il s’agit du Bwiti. Pourquoi ? Simplement parce que, selon le ministre de la Culture, ce rite renferme de significations culturelles gabonaises, anthropologiques et philosophiques. Seulement, la crise financière faisant rage dans le pays, Alain Claude Bilié-By-Nzé précise que cette ouverture prochaine des portes ne se fera pas si l’enveloppe n’est pas disponible. Là encore, comme pour le championnat national, il faut craindre que cette ouverture soit différée à une date incertaine.

Quid de la restitution des œuvres d’arts gabonaises en France ?

Même s’il a indiqué qu’une commission pluridisciplinaire, composée des universitaires, des artistes et autres spécialistes travaillent sur la question, afin de préparer la démarche du Gabon, le Ministre reconnaît néanmoins quelques difficultés liées à ce retour des objets d’arts sur le sol gabonais. Ces difficultés vont de la sécurité de ces objets à la spécificité de l’environnement local, notamment avec des questions liées à l’exposition et à la conservation. Mais ce n’est pas tout comme problème. Car il faudra également la formation, « la formation à la fois des conservateurs, formation des restaurateurs, formation des spécialistes en la matière (…) ». C’est donc une diversité de domaines qui seront impliqués dans la gestion du patrimoine culturel gabonais à partir du musée national, c’est du moins ce qu’affirme le ministre de la Culture qui a annoncé que le musée devra fonctionner de manière autonome pour des raisons d’efficacité.

Le ministère de la Culture lui ne sera présent qu’au niveau du conseil d’administration. Ce qui lui permettra de nouer des partenariats avec d’autres musées à travers le monde, de développer des recherches. Bref il devra mener ses activités sans dépendre forcément du Ministère de tutelle pour éviter d’éventuelles pesanteurs qui pourraient plomber son fonctionnement. Mais en attendant de disposer d’un personnel qualifié, le membre du gouvernement veut aller vite sur la question de la restitution des œuvres d’art gabonaises à l’étranger. D’autant que le musée du Quai-Branly en France détient à lui seul plus de deux mille objets, sans compter ceux qui se trouvent dans des collections privées.

Mais même si Alain Claude Bilié By-Nzé indique qu’il ira bientôt discuter du retour de ce patrimoine avec son homologue français, la question qui se pose aujourd’hui est celle de savoir si la France qui s’est accaparée ses œuvres durant des décennies sera prête pour une restitution définitive. Rien n’est moins sûr, il faut s’attendre à une longue procédure.


YFI

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