Olam Ruber : Futur pôle de transformation de l’hévéa

mercredi 25 janvier 2017 Economie


A Batouri, au nord du Gabon, le projet Olam Ruber dédié à la culture de l’hévéa prend progressivement forme. Les premières saignées programmées pour 2018, offrent des perspectives encourageantes pour le développement de la plantation déjà, la multinationale Olam envisage une usine de première transformation sur place.

Au Gabon, seul Siat Gabon, la filiale locale du groupe belge Siat, faisait dans la culture et l’exportation d’hévéa. Depuis peu, cette donne est en phase de changer avec le basculement d’Olam dans ce segment d’activité. Le projet en cours, Olam Ruber, est un programme ambitieux non pas du fait de l’étendue de la culture de l’hévéa qu’il représente mais au regard de ses ambitions économiques.

Perdu en plein milieu de la forêt de Batouri, au nord du Gabon, à plus de 30 kilomètres de la localité de Bitam, Olam Ruber est un projet d’avenir pour le Gabon qui a fait le pari il y a quelques années d’être un pays industrialisé en 2020. Le projet offre des perspectives économiques flatteuses aussi bien en termes d’emploi que de développement industriel à proprement parler. En pleine culture, les petits arbustes d’hévéa plantés il y a moins de sept ans progressent rapidement. Certains seront bien prêts à l’exploitation avant la date de maturité requise qui est de sept ans. Le sol étant propice à la culture de cette essence.

Développé sur une superficie de 35600 ha, seuls quelques 13 000 ha ont été dédiés à l’exploitation. Les 17 000 ha restants gardés pour les zones tampons. Pour 2017, la surface à planter est de 871 ha ni plus, ni moins. Les exigences de protection de forêt ne permettent pas à l’entreprise d’aller au-delà. « Nous ne pouvons pas violer les normes environnementales prônées par le gouvernement  », dévoile le directeur général du site de la plantation d’hévéa de Batouri, Subramaniam Perumal.

Une usine en vue

Au-delà, de ce qui se faisait avec d’autres entreprises, spécialisées autrefois dans ce segment d’activité, Olam Ruber envisage de disposer sur place de sa propre usine pour une première transformation avant l’export. L’idée d’usine en projet, devrait permettre d’offrir à l’hévéa gabonais une valeur ajoutée bien au-delà des espérances.
Mais grâce à la croissance rapide des cultures actuellement en croissance, l’usine pourrait avoir un rendement important. Les prévisions globales des premières récoltes, bien avant l’implantation de cette usine font état de productions mensuelles de 20 000 tonnes/ ha mois. Cette dynamique de rendement sera fonction de la rapidité de la croissance des clones. « Les clones que nous avons, proviennent de plusieurs pays, lorsque nous observons le comportement de leur croissance, il ressort qu’elle est plus favorable au niveau du Gabon que dans leur pays d’origine. Cela conforte la situation actuelle de notre plantation en termes de croissance  », compare le directeur général du site de Batouri. Olam Ruber impulse là, une nouvelle dynamique de culture de l’hévéa. Et là où, les anciens producteurs cultivaient des plantations d’à peine 2000 ha, elle, multiplie cela par cinq.

Vers la « gabonisation » du site

Les projets à Olam Ruber ne concernent pas que l’unité de production. A terme, le site compte bien se défaire selon un processus continu de transfert de connaissances, de l’ensemble de sa main d’œuvre étrangère pour laisser les pôles stratégiques et opérationnel aux mains des nationaux. Toutefois, cela pendra un peu de temps, du fait du transfert des compétences qui a bien débuté selon les responsables du site.

Ainsi, les 200 postes occupés par la main d’œuvre expatriée sur les 1712 emplois actuels sont appelés à revenir dans un futur proche à des gabonais. L’objectif déclaré étant de parvenir à une gestion 100% gabonaise du site. « La main d’œuvre étrangère est appelée à être réduite au fur et à mesure des années. Cette année, nous allons réduire les expatriés de 80% jusqu’à ce qu’on arrive au management pour laisser la place aux nationaux  », rassure le directeur général.


Michael Moukouangui Moukala

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