Olam/Ensemencement des nuages : Une technique qui suscite le doute à Mouila

mercredi 7 février 2018 Société & environnement


Technique utilisée par l’industriel Olam, dans la province de la Ngounié pour précipiter les pluies pour les besoins de vitalité de ses palmiers à huile, l’ensemencement des nuages est accusé à Mouila, d’être le vecteur d’une épidémie qui se caractérise par des muqueuses qui démangent. Dans la communauté scientifique, on est partagé sur les effets néfastes de cette technique vu que les recherches sur la question divergent

Encore appelé « Cloud seeding », l’ensemencement des nuages est une technique nouvelle presque jamais utilisée au Gabon alors que la quasi-totalité des pays industriels à l’exemple de la France, des Emirats Arabes unis ou la Grande Bretagne l’ont déjà testé. Avec les ambitions gourmandes du pays à se lancer dans l’agriculture industrielle ou de masse, il ne pouvait en être autrement. Aujourd’hui, le pays teste cette technique et le palmier à huile, culture de référence de l’agriculture locale, étant une culture qui nécessite un contact permanent avec la pluie a précipité son usage. « Pour nous permettre de maximiser notre production en saison sèche, étant donné que les saisons sèches en République gabonaise sont assez longues et que pour la culture du palmier à huile, il est très stressant pour cette plante d’être durant une longue période sans eau, nous avons pensé a des techniques d’ensemencement des nuages par l’eau glacée afin de précipité la pluie même en saison sèche  », Teno Tsinga, Responsable régional Olam Palm Lot 2.

Développée au milieu du XXe siècle, l’ensemencement des nuages est une technique de modification du climat permettant de contrôler certains phénomènes météorologiques tels que le brouillard ainsi que les précipitations de pluie ou de grêle. Dans le cas de la pluie, l’idée consiste à injecter des particules cristallines (généralement des cristaux d’iodure d’argent) à l’intérieur des nuages. Les gouttelettes d’eau des nuages se regroupent autour des cristaux qui finissent par tomber provoquant une pluie artificielle. Pour Jean-Pierre Chalon, chercheur en météorologie, il s’agit d’une recette du nuage de pluie. Les premières expérimentations d’une pluie scientifique ont débuté en 1942 mais ce n’est qu’en 1946 à New York que cette technique s’est répandue à travers le monde. Depuis l’usage de cette technique, l’iodure d’argent disséminé dans l’atmosphère fait débat dans la communauté scientifique.

Le cas de Mouila…

C’est à Mandji, dans le département de Mandji-Ndolou, dans la province de la Ngounie, que cette technique a été expérimentée. Si les résultats sur l’usage de cette technique restent peu connus, un fait moins rassurant pour les responsables d’Olam montre le danger que représente l’ensemencement des nuages sur la santé des populations. Confronté à une épidémie non identifiée qui se caractérise par des muqueuses qui démangent, les populations de la commune de Mouila accusent cette technique d’être la source de leurs problèmes. A l’hôpital central de Mouila, on a le doute sur l’origine de cette épidémie et la pratique de précipitation des pluies utilisées par Olam n’est pas le bouc-émissaire. En tout cas, pas pour l’instant. «  Rien ne confirme que ce soit cette technique qui est à l’origine. La ville de Mouila est confrontée à de nombreux maux tels que l’insalubrité qui peuvent être la source de cette épidémie  », confie un interne de l’hôpital de Mouila dans la plus grande discrétion.

La chaîne alimentaire non épargnée

Comme l’interne de l’hôpital central de Mouila, les scientifiques ont du mal à s’accorder sur les effets de cette technique sur l’écosystème terrestre et aquatique soumis à des années et des années d’ensemencement de nuages. Au niveau mondial, des associations (ANELFA) considèrent que « bien que considéré comme dangereux, l’iodure d’argent ainsi disséminé ne représente aucun risque à ce niveau de concentration (1000 fois inférieur au seuil critique de toxicité.) » Suivant la chaîne alimentaire, seules les plantes et les espèces aquatiques sont soumises à des risques. D’après l’analyse effectuée par l’agence EPA, ce procédé est nuisible pour les poissons et les amphibiens. Le résultat de l’analyse montre en effet que l’argent est un élément toxique pour les espèces citées. L’argent induit un syndrome de stress variant d’une classe animale à l’autre. Chez l’homme, d’après Health and Safety, une légère exposition peut causer des irritations, des lésions rénales et pulmonaires ainsi que l’argyrisme (décoloration bleue de la peau) et bien d‘autres symptômes. Et si ces symptômes confortaient les doutes de Molvilois sur les pratiques d’Olam ?


Michaël Moukouangui Moukala

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