Ntyatanga : « Depuis 10 ans il n’y a ni dispensaire, ni médicaments au village », dixit Arthur Akendengue, président du RAFIN

mercredi 25 mai 2016 Société & environnement


A Ntyatanga, dans le département de l’Ogooué et des Lacs, l’eau potable et l’électrification font cruellement défaut, idem pour le dispensaire du village dépourvu de tous médicaments. Pire, depuis 10 ans ce dispensaire n’a pas vu l’ombre d’un infirmier. Un vrai calvaire que vivent les populations de cette contrée du Moyen-Ogooué. L’unique association du village, le RAFIN (rassemblement des fils de Ntyatanga) est consciente des maux qui accablent son village. Un sujet plus que d’actualité, au moment où le RAFIN s’apprête à organiser ses retrouvailles annuelles, occasion pour Gaboneco.com de s’entretenir avec son président, Arthur Akendengue.

Gaboneco (GE) : Bientôt les vacances scolaires, une période durant laquelle le village bat son plein, qu’est-ce que le RAFIN prévoit à cet effet ?

Arthur Akendengue(AA)  : Comme chaque année, nous allons nous rendre massivement au village. Il y aura beaucoup d’activités car c’est la période des retraits de deuil et autres mariages. Nous prévoyons de faire venir des médecins cardiologues et ophtalmologues pour soulager nos parents. Nous allons aussi apporter des produits de première nécessité. A cela va s’ajouter l’assainissement de notre village. Sans oublier que nous allons beaucoup mettre l’accent sur notre riche culture.

GE : Est-ce que vous avez les moyens de votre politique pour mener vos activités ?

AA : Très franchement on n’a pas les moyens que nous voulons. Les nombreux membres ne cotisent pas régulièrement et plusieurs sont au chômage.Mais, nous nous appuyons sur ceux qui travaillent et qui sont sensibles aux actions et à la logique de l’association pour la mise en place des projets d’activités.

GE : Concrètement, quelles sont vos activités ?

AA :Nous sommes une association participative et donc nous faisons beaucoup dans le social et nous sommes sensibles aux difficultés de notre village et nous défendons notre patrimoine culturel.

GE : Parlez-nous des difficultés qui sont les vôtres

AA : Le village a beaucoup de problèmes ! Les difficultés majeures sont liées à la logistique. Nous n’avons pas de pirogue pour permettre aux habitants de se rendre à Lambaréné pour écouler leurs produits et faire des courses et autres activités. Nous n’avons vraiment pas d’eau potable, et ce, en dépit des pompes hydrauliques qui existent. L’eau utilisée sert uniquement aux besoins domestiques. Nous ne la consommons pas. Il y a des sources potables derrière le village et les populations utilisent ces sources pour la consommation d’eau.

GE : Pourquoi se posent ici des problèmes d’électrification ?

AA  : Nous avons eu par le passé un don d’une ONG qui a installé des lampes solaires il y a près de 10 ans. Seulement, il s’est posé un problème d’entretien des batteries. Les populations manquent de moyens pour assurer la maintenance. Le RAFIN a fait intervenir l’année dernière des techniciens pour la révision des lampes. Mais hélas nous n’avons pas pu réviser toutes les lampes à cause des moyens financiers. La réparation d’une lampe coute environ 200.000 F CFA. Nous espérons que grâce aux bonnes volontés nous allons régler ce problème.

GE : Les habitants ne peuvent-ils pas se cotiser ?

AA  : Très franchement, c’est délicat pour nos vieux parents qui déjà ont du mal à joindre les deux bouts. Le peu d’argent dont ils disposent, c’est d’abord pour subvenir à leurs besoins. En plus, il faut que l’Etat par le truchement du conseil départemental de l’Ogooué et des Lacs pense à électrifier ce village et tant d’autres. C’est l’une de ses missions !

GE : Un mot sur le quotidien des villageois de Ntyatanga ?

AA  : Ici, c’est la pêche et l’agriculture ! On chasse aussi, mais de moins en moins. Les agriculteurs ont souvent des soucis pour aller entretenir les plantations parce qu’elles sont loin du village et il faut utiliser une embarcation pour s’y rendre. C’est aussi le même problème pour les pécheurs qui éprouvent des difficultés à se rendre à Lambaréné pour vendre du poisson. Ajoutons que le matériel de pêche est vieux.

GE : Pourquoi le dispensaire est-il vide, pire fermé ?

AA  : Nous avons des problèmes avec ce vieux dispensaire qui depuis 10 ans est fermé. Il n’y a pas de médicaments et d’infirmier. Le RAFIN est allé rencontrer les autorités au niveau du conseil départemental de l’Ogooué et des Lacs pour qu’un infirmier soit affecté au village et que le dispensaire soit approvisionné en médicaments. Depuis lors pas de médicaments, le dispensaire est toujours fermé. L’infirmier qui était déjà sur place n’est plus revenu.

GE : Pas de dispensaire, pas de médicaments, comment les gens font-ils pour se soigner ?

AA : J’avoue que c’est compliqué. Les gens se débrouillent pour vite se rendre à Lambaréné à 40 mn de navigation fluviale. Mais c’est trop compliqué parce que nous manquons d’embarcations pour ce genre de cas. C’est l’occasion pour moi d’interpeller directement le gouvernement pour aider les populations en zone rurale. L’action du gouvernement ne doit pas se limiter seulement en ville.


Propos recueillis par YAO

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