Nouvelle gouvernance universitaire : Les annonces creuses de Julien Nkoghe Bekale

mercredi 16 octobre 2019 Politique


Confronté à la grave crise, alimentée par la grève des enseignants-chercheurs dans les universités et grandes écoles du pays, depuis plusieurs mois déjà, et incapable d’y apporter des solutions appropriées, le Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale, comme d’habitude, a préféré répondre par une kermesse d’annonces. C’était lundi dernier devant le gotha d’acteurs des universités à l’Ecole normale supérieure de l’enseignement technique, l’ENSET.

Sauf que les annonces sans détails, sans chiffres, sans horizon apparaissent tellement creuses, qu’elles ne laissent rien présager de concret pour la nouvelle gouvernance universitaire au Gabon, qu’il promet désormais avec de nouveaux circulas de formation, même si celles-ci ont été appuyées par le conseil des ministres de ce mardi 15 octobre. Conseil qui prévoit, non pas la construction de nouvelles universités comme celles de Mouila et de Port-Gentil où des maquettes avaient déjà été ventilées, mais plutôt une simple réhabilitation des trois existantes à Libreville et à Franceville. En tout cas pas même celle de Boué dont la construction devait permettre de désengorger l’université Omar Bongo.

Une université construite au départ pour 8 mille étudiants, mais aujourd’hui surexploitée avec près de 40 mille apprenants. Ajoutés à cette surexploitation exagérée, l’absence de commodités comme la couverture en Internet du campus, manque d’éclairage, manque de cité université universitaire pour les étudiants sans appui familial à Libreville, les six pavillons jusqu’ici utilisés étant en chantier de réhabilitation depuis 2014. Un chantier devenu un éléphant blanc comme on en voit un peu partout à travers le pays. Bref, l’université Omar Bongo, considérée abusivement comme la première du pays, avec tout son décor de misère et d’abandon, dans un pays pétrolier, n’est autre que le reflet de l’Enseignement supérieur au Gabon.

Un Gabon où les autorités arguent sans la moindre gêne que, le développement du pays n’a nul besoin des formations universitaires, qui ne sont bonnes que pour des intellectuels sans apports. Une campagne nauséabonde menée publiquement par ceux dont la mission justement devrait être de défendre l’image malmenée de l’université publique, au point que celle-ci ne semble plus intéresser des milliers de bacheliers qui déferlent chaque année sur l’enseignement universitaire.

Promesses de trop

Voilà à quel point, un pays faisant la promotion de la médiocrité même au sommet de l’Etat est parvenu, par sa propre incapacité, à faire croire aux jeunes considérés comme l’avenir de demain, que le développement d’un pays n’a pas besoin des intellectuels dans leurs laboratoires ou instituts de recherche scientifique, mais plutôt de simples techniciens formés à la mécanique auto parce qu’il s’agit là d’un parchemin sûr pour trouver du boulot en quelques mois. Et c’est pour cela que la messe d’annonces célébrée lundi dernier apparait comme une hypocrisie du gouvernement qui, après avoir cloué au pilori, l’université, revient en sauveur ; le pyromane-pompier.

Surtout venant d’un chef du gouvernement se disant un pur produit de l’UOB mais qui, comme s’il était subitement descendu du ciel, découvre, avec une émotion forcée, que l’établissement qui l’a formé n’est plus le même parce que tombé en désuétude par la mauvaise volonté même des différents gouvernements qui ont défilé jusqu’ici. Mais qu’attendre réellement de cette visite des universités qui tombent en lambeaux sous l’œil complice du gouvernement ? Peut-on enfin espérer un nouveau visage des universités gabonaises dans les plus brefs délais à la suite de cette énième visite des installations d’un autre âge ? Rien n’est moins sûr, tellement les annonces sans lendemain sont devenues monnaie courante au Gabon.


Leno KOLEBA

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs