Nominations incessantes : Attention à l’incidence sur l’économie

mardi 10 décembre 2019 Economie


Les derniers remaniements au sein du gouvernement et les nominations qui ont suivi doivent être appréhendées avec beaucoup de recul. L’économie gabonaise est encore fragile et face à la flagrante dépression qu’elle subit depuis des années, il faut une certaine stabilité dans la gouvernance pour maintenir un équilibre.

L’économie gabonaise reprend progressivement du souffle, après une période de tassement plus ou moins difficile. Au cours de l’année qui s’achève, la croissance a été de l’ordre de 3% selon les prévisions macroéconomiques. En 2020, cette croissance devrait s’établir à environ 3,9%. Selon le Fonds monétaire international (FMI), cette légère hausse est en partie liée aux efforts d’amélioration du climat des affaires, notamment à la nouvelle loi sur les investissements et l’adoption d’un nouveau code pétrolier et minier.

Grâce aux efforts entrepris pour la bonne « gouvernance », le Gabon pourrait bénéficier à nouveau d’une bouffée d’oxygène en termes d’investissements. Les progrès enregistrés redonnent de l’espoir, ce qui conforte d’ailleurs la volonté du FMI d’accompagner le pays durement fragilisé par la chute des cours du pétrole depuis 2014. « La conclusion des quatrième et cinquième revues du programme est sur la bonne voie  ». Le FMI semble satisfait d’annoncer la suite de son programme d’aide triennal avec le Gabon.

Bien que les choses semblent économiquement rentrer dans l’ordre, les remaniements incessants au sein du gouvernement et les nominations à tout vent doivent être pris avec beaucoup de pincettes. Les changements de tête dans des administrations stratégiques comme celles de l’économie, du budget, du pétrole, des hydrocarbures, des mines et de la promotion des investissements notamment les partenariats publics-privés (PPP) qui sont les moteurs de l’économie, sont de nature à discréditer la gouvernance gabonaise, c’est-à-dire, le sérieux qui devrait caractériser l’action publique.

Après Pascal Houangni Ambourouet, très connu pour son implication jadis, dans l’élaboration du nouveau code des hydrocarbures au Gabon et le lancement de l’opération de mise en vente aux enchères de 35 blocs pétroliers sur le marché international, le ministère du pétrole, du gaz, des hydrocarbures, et des mines a vu défiler en moins d’un an, trois ministres. Que dire de l’économie et du budget ? Deux autres portefeuilles ministériels et stratégiques qui n’échappent à cette règle. Auprès des investisseurs, ces changements brusques peuvent laisser transparaître un manque de sérieux, surtout que cette règle est fondamentale en investissement. Sans le savoir, ces changements peuvent compromettre la dynamique économique en cours. La performance n’étant pas toujours le propre de l’homme, il serait mieux de laisser ces ministres s’accoutumer aux dossiers et aux partenaires du pays, afin de permettre à ces derniers de mieux maîtriser leurs missions et d’agir en conséquence pour le bien-être économique du pays. Cette règle d’or est d’autant plus nécessaire pour les pays comme le Gabon dont l’économie cherche depuis quelques années à se stabiliser.


Michael Moukouangui Moukala

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