Nécrologie/Marius Pierre Foungues : Une fin aussi surprenante que triste !

lundi 10 septembre 2018 Culture & people


Qui l’aurait cru ? Surtout venant d’un homme qui semblait croquer, comme l’on a coutume de le dire, la vie à belles dents ! Qu’est-il arrivé à Marius Pierre Foungues que nombre d’entre nous avons vu quelques temps seulement avant qu’il ne prenne la décision de mettre fin à ses jours continue-t-on de se demander dans le cercle de ses proches tant le producteur de la vieille époque, il comptait parmi les anciens de Radio Gabon et animait avec maestria l’une des émissions phares de ce média public, l’un des premiers nés au Gabon, le fameux « succès du temps passé » ne donnait aucun signe de faiblesse ou de désinvolture vis-à-vis de l’existence.

Avec ce décès de plus, Radio Gabon, le monde de la presse gabonaise, allions-nous avancer, vient de perdre l’une de ses dernières icônes. Un producteur/animateur de référence que l’on aura bien de mal à remplacer tant son timbre restera à jamais gravé dans les mémoires. Comme Molière et autres Papa Wemba, « grand Marius », comme on l’appelait affectueusement a choisi de mourir, peut-on dire, sur scène, là où il a passé le plus clair de son passage sur terre, sur les planches pour reprendre une expression chère aux hommes de théâtre.

Dommage que l’on n’ait jusqu’ici pas réussi à reconstituer les raisons qui l’ont conduit à opter pour une telle décision quand bien même certaines langues se déliant depuis avoir appris la mort par pendaison de cet illustre serviteur des médias, affirment qu’il aurait été poussé par des difficultés pécuniaires, plusieurs mois d’impayés de salaires alors qu’il venait de passer un séjour désespéré sur le lit de l’hôpital où il aurait très certainement été marqué par des scènes comme aucun autre être vivant n’aurait voulu les vivre.

Quoiqu’on dise, cela suffisait-il à lui faire prendre la décision fatale surtout dans l’enceinte de Radio Gabon ? De passage devant les locaux abritant la chaîne nationale, quelques enseignes pour signaler cette perte qui ne suffisent pourtant pas à assombrir l’image de la chaîne réputée pour ses nombreuses pertes inexpliquées en vies humaines et pour la précarité dans laquelle de nombreux agents vivent des décennies durant, dire qu’ils s’emploient corps et âme à donner le meilleur d’eux-mêmes sans que cela ne leur soit souvent reconnu. D’ailleurs, le patron de la communication ne s’était-il pas de manière sibylline interrogé sur le sort qui guette lesdits agents après s’être rendu compte des conditions dans lesquelles ils abattent leur travail au quotidien ?

Se pendre à l’aide du drapeau national, vert jaune, bleu, tout un symbole qui pourrait être interprété comme le fait de vouloir sensibiliser la République tout entière sur ce qui a constitué son combat ainsi que l’état de ses services, l’esprit d’abnégation qui l’a animé tout au long de son parcours professionnel et la manière dont ses hauts faits d’armes ont été récompensés. Insensible, Marius ne l’a très certainement pas été puisqu’il a recommandé que si jamais l’on pensait à le rétribuer à titre posthume, il fallait que l’argent versé aille à sa progéniture, façon de marquer son altruisme et de nous amener nous poser moult questions sur les véritables motivations qui l’ont conduit à poser l’acte fatal. N’est-ce pas une manière pour lui d’interpeller la conscience collective sur l’hypocrisie de la société et sur sa méchanceté qui n’a d’égal que celle d’un loup ?

Pourquoi avoir choisi de traverser l’existence et avoir attendu d’arriver au soir de sa vie pour précipiter son départ vers l’au-delà quand on sait de surcroît que la mort est « le triste sort de l’humanité » ? Marius Pierre Foungues sait-il qu’il laisse en dehors de sa famille biologique de nombreux fans inconsolables ? A-t-il songé à sa relève dans un secteur qui a du mal à fidéliser les opinions ? Comment a-t-il pu opter pour se donner la mort plutôt que d’attendre paisiblement que Dieu qui lui a donné la vie la lui retire, lui, qui nous rappelle dans les saintes écritures que poussière nous sommes nés, poussière nous retournerons ? D’aucuns auraient crié au gâchis tant il était à juste titre considéré comme une source à laquelle de nombreux jeunes avaient intérêt à venir boire s’ils tenaient à étancher leur soif : soif de connaître, soif de parfaire leur curiosité, soif de …


Dounguenzolou

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