Mouvements féministes et de jeunesse : Quel usage en faire en politique ?

mardi 29 décembre 2015 Politique


De tous les partis politiques au Gabon, rares sont ceux qui, comme le Parti démocratique gabonais (PDG) et l’Union du peuple gabonais (UPG) accordent une place assez significative à la jeunesse qui, tout comme les femmes, intègre parfaitement les organes spécialisés de ces formations politiques, sauf qu’il y a un hic lorsque l’on se demande bien quelle marge de manœuvre ils ont.

La création au sein des partis d’organes de jeunesse et des femmes répond très certainement à un besoin d’être visible sur le terrain et de voir son orientation ou son idéologie se propager le plus loin possible afin de faire des émules en nombre important et garantir le succès lors des élections par exemple. Ne se limiter à faire jouer que des rôles de second plan à ces structures qui épaulent le directoire, l’on ne devrait plus de nos jours s’y accommoder, car il faut que de plus en plus, les mouvements des femmes et des jeunes deviennent, à l’instar de ceux des nations dites développées, des organes de prise de décisions et non seulement et strictement d’accompagnement comme c’est le cas le plus souvent encore.

La société qui connait aujourd’hui plusieurs démembrements a du mal en effet à supporter des systèmes qui ne reposent que sur la vieille garde, la gérontocratie que l’on éprouve des difficultés énormes à combattre jusqu’ici en Chine ou en Russie, malgré les changements intervenus ces temps derniers au sommet de l’Etat. « L’enfant est le père de l’homme ». Quand le psychanalyste allemand Sigmund Freud l’affirmait, il relevait une évidence qui veut qu’après la naissance, nous devenions adolescent puis adulte et que la somme des éléments entrant dans notre éducation est celle- là qui fait notre être grandissant et donc par ricochet, de l’attention que l’on accorde à l’enfant et de l’Education qu’on lui donne, dépend l’homme qu’il deviendra. D’où il importe de suivre ses pas jusqu’à ce qu’il nous donne l’assurance qu’il est à même de voler de ses propres ailes.

 Alibi pour alibi, du 6 au 10 janvier prochain par exemple, se tiennent les travaux de la première Convention du Mouvement des jeunes « upégistes » qui balaient du revers de la main ce qui focalise le plus l’attention des plus âgés aujourd’hui, à savoir le débat autour de la paternité du parti, tout comme ils, les jeunes de l’UPG, ne trouvent pas non plus opportun de soulever celui sur le sens qu’il y a à donner à la lutte de tout patriote imbu de l’idée de construire le Gabon tel qu’énoncé sans effets convaincants malheureusement par l’Alliance démocratique et républicaine, ADERE, lorsqu’elle était une et unie.

Un argument qui tient d’un constat.

Deux franges de la population nous paraissent jusqu’ici peu consultées, il s’agit de la femme et du jeune que l’on utilise souvent plus pour agrémenter des moments festifs et récréatifs et consolider ses assises lors des périodes électorales plutôt que d’aller avec elles se concerter véritablement pour poser les jalons d’un « avenir en confiance » pour reprendre l’idée du chef de l’Etat gabonais Ali Bongo Ondimba.

 Quand l’on est au pouvoir, l’on devrait se défaire de l’argument selon lequel on appartient à une formation politique pour se mettre à l’écoute de tous, car autant personne ne possède la science infuse, autant il est intéressant pour la nation de savoir ce que pensent les autres, ceux qui disent s’opposer à nous, fussent- ils jeunes, pour parfois éviter des erreurs de parcours. Il importe pour cela d’aller boire à toutes les sources si tant est que nous tenons à servir avec dextérité le grand nombre, les besoins étant certes les mêmes, mais l’accès aux solutions ne se posant pas avec la même acuité pour tous. Il en va évidemment de votre aura

. Comment justifier l’appellation de président de la République si ce n’est en prenant en compte les préoccupations de tous les compatriotes dont vous êtes certes l’élu de la majorité, mais auxquels vous devez tous rendre des comptes. Et nous croyons que comme dans les pays dont nous nous inspirons, les pays dits développés, il n’y a plus de potion-miracle, les notions « Gauche, Droite, Centre etc. Tout comme « Socialiste, Capitaliste, Communiste » ne servant beaucoup plus qu’à inaugurer les chrysanthèmes. Quelque soit le positionnement dans la majorité ou l’opposition, le plus important, sinon l’essentiel, est de répondre aux attentes des populations qui, lorsqu’elles sont appelées aux urnes, n’ont pour seul argument pour vous juger que les actes que vous avez posés ou que vous posez actuellement, guidées qu’elles sont par le rétroviseur que l’on appelle l’histoire.

 Le débat politique actuel comme les technologies nouvelles doit obéir à son époque et répondre aux contingences d’un contexte qui ne tient plus pour ce qui est du Gabon notamment à la gesticulation, mais bien à la prise de conscience par la jeunesse du rôle qui est le sien dans le développement et la mue du pays. La première Convention du Mouvement des jeunes « upégistes » mérite à cet effet d’être suivie par tous les mouvements de jeunesse avec lesquels peut naître une identité de vue sur les principaux problèmes qui plombent la marche de la cité.

Jeunesse comme force de décision, moins dans l’accompagnement !

Ceci est valable pour tous les autres mouvements de jeunesse. Quitte à ce que par la suite, une communion naisse, non pas que l’on soit appelé à se débarrasser de son « substrat politique », mais tout simplement dans le sens de l’énumération et de la classification des besoins en vue de baliser le terrain aux politiques qui, seuls, ont le pouvoir de se prononcer sur le destin de la nation.

« A chaque génération ses engouements » a-t-on entendu par le passé de la bouche d’un artiste musicien. Vrai dans un sens puisqu’en vérité, les réalités d’aujourd’hui ne sont pas celles d’hier forcément. Et qu’il importe donc d’être attentivement à l’écoute de ceux qui sont sensés être porteurs des valeurs de maintenant pour se raviser et comme qui dirait savoir raison garder. Car il est propre de convenir avec nous que la raison est la chose la plus impersonnelle qui soit pour nous fier à René Descartes. Croire le contraire, c’est verser dans la dictature.

Pour mieux préparer la jeunesse à prendre demain le relais des hommes d’âge, il faut la préparer au jeu démocratique, celui qui fait obligation à tous de parler « vrai », d’agir en conformité avec leurs dires, car le passé est tout sauf oublieux. C’est dire qu’il est têtu et qu’il est souvent la raison, la principale, pour laquelle l’homme politique ne prospère pas quand il n’a pas du mal dans le meilleur des cas à prospérer. Les problèmes que pose la jeunesse, non pas qu’elle soit prise pour la masse dont aiment parler les sociologues, doivent être conçus comme des problèmes de son temps et c’est pourquoi, plutôt que de situer son débat au strict niveau politicien dans lequel on a tendance à le confiner, on doit pouvoir le conduire jusqu’au stade républicain où il mérite d’être situé aujourd’hui surtout lorsque l’on se réfère à une jeunesse qui semble rejeter l’instrumentalisation et promouvoir les valeurs parmi lesquelles l’instruction, la culture et l’éducation qui font tant défaut à nos sociétés actuelles.

 Les mouvements de jeunesse, on doit cesser de les voir sous le simple prisme d’accompagnateurs pour de plus en plus les pousser à s’investir dans ce qui devrait le plus intéresser les Gabonais, à savoir l’accomplissement par les dirigeants de ce qui est leur raison de gouverner le pays, leurs promesses. Car, c’est cela qui est ou sera appelé leur legs et constituera le socle de leur action future. Il ne serait plus question pour cette jeunesse de dire qu’elle commence à zéro.              


Dounguenzolou

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