Mondial Russie 2018 : Quid des représentants de l’Afrique ?

lundi 25 juin 2018 Sport


L’histoire de la Coupe du monde est faite de rebondissements pour les pays africains qui partent de loin, quand on connaît le manque de considération qui les frappait lors de leurs premières apparitions dans la compétition à cause notamment du peu de crédit accordé aussi bien à leurs athlètes qu’à leurs compétitions nationales, sous- régionales ou régionales en dépit des talents latents qui s’y déclaraient, mais aussi à la lâcheté des politiques en vigueur dans les différentes nations du continent. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui quand bien même les prestations restent à parfaire. Réduites à trois il y a des années, il a fallu attendre que certains pays ou sélections nationales, nous pensons à l’Égypte, l’Algérie ou encore le Cameroun, le Ghana et le Sénégal s’illustrent par un jeu chatoyant pour que la FIFA prenne conscience de ce que l’Afrique était un vivier et méritait de ce fait d’être prise au sérieux au point que sa représentativité dans la compétition soit revue à la hausse. Cela, se demande-t-on en valait la peine au vu des prestations si souvent contestables ?

Laissons le passé aux passéistes et parlons au présent pour évoquer l’évènement actuel, la Coupe du monde 2018 qui se déroule actuellement en Russie constituant, c’est un tout autre problème, un baroud d’honneur pour le président russe Vladimir Poutine. Et intéressons-nous d’entrée à l’Afrique, notre continent dont nombre de langues disent à tort ou à raison qu’il n’est pas prêt à se saisir du trophée, en tout cas pas demain la veille. Peu importe ce qui se dit sur le continent pour ne pas dire ses sélections nationales, l’essentiel pour nous est d’envisager l’avenir sous de meilleures auspices si l’on considère que « rien de grand au monde ne s’est fait sans passion », nous avions envie de dire sans patriotisme ! Mais, ce patriotisme suffit-il à faire lever les foules et faire croire à tout un continent qu’il est enfin arrivé le moment de « rêver grand » pour reprendre une expression chère au club français de Ligue 1, Paris Saint- Germain ?

Bien sûr que non, car se saisir de la Coupe du monde suppose avoir des arguments footballistiques et moraux au-dessus de tout soupçon. Ce que dans l’ensemble l’Afrique n’est pas prête à confirmer au vu de ses différentes prestations dans une compétition qui demande au-delà du talent individuel de l’endurance, se déroulant grosso-modo dans une période avoisinant le mois. Tenez ! Jugez-en, sur ses cinq représentants que sont l’Egypte, le Maroc, la Tunisie, le Nigéria et le Sénégal, seuls les deux derniers ont réussi à satisfaire le public sportif généralement, leur public particulièrement, en remportant, comme cela était entendu, au moins une rencontre, ce qui présageait d’une suite encourageante dans la compétition. Ce qu’il convient de relever ici, c’est moins la victoire obtenue que la manière dont elle a été obtenue. Rarement, l’on a vu des équipes africaines engagées en Coupe du monde tenir la dragée haute aux favorites en respectant surtout les consignes dictées par le coach qui reposent essentiellement sur la tactique, car ici il s’agit beaucoup plus de faire valoir l’esprit d’équipe que de s’illustrer par un individualisme rétrograde conduisant à la perte du groupe.

Quoique la qualité du jeu basée sur l’apport de quelques individualités évoluant pour la plupart aujourd’hui dans des championnats huppés occidentaux essentiellement vienne concourir à l’efficacité dont les différents pays font leur leitmotiv, en témoigne l’accent mis par les autorités sur la préparation des équipes nationales sur tous les plans, y compris financier, ce qui n’est pas rien, si vous émettez quelques doutes, référez-vous à l’histoire des « Lions indomptables » du Cameroun qui, lors de la dernière Coupe du monde, n’ont rallié leur lieu de casernement qu’après avoir reçu leurs primes qui tardaient à venir, provoquant un retard sur leur programme de départ.
Point n’est besoin de rappeler que pour se montrer compétitives, les équipes africaines ont, comme toutes les autres, besoin d’être portées par leur public avant que d’attendre satisfaire par leur jeu le reste du monde, après tout il est généralement admis qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Mais quoiqu’il soit demandé aux Africains d’être sans réserve derrière leurs représentants pour à l’unisson agiter la bannière aux cinquante-quatre étoiles, entendez celle de l’Union africaine, c’est une image parlante, les athlètes doivent faire preuve de sérieux en ne se faisant pas remarquer par des actes qui frisent le ridicule comme cela nous a souvent été rapporté après qu’ils aient surtout été enivrés par un succès, car la Coupe du monde à l’image d’un championnat se gagne dans la gestion du temps et des efforts en continu. D’où, il ne faut pas donner de la place avant que de l’avoir quitté à des réjouissances nuisibles. C’est dire que la concentration doit être à tout moment de mise pour espérer maximiser ses chances de réussite dans cette compétition qui honore tous ceux qui y prennent part et ceux qui, par ricochet, les accompagnent dans la réalisation d’un destin au demeurant noble.

Imaginez un seul instant que la Coupe du monde revienne un jour à un pays du continent, rêvons un peu, en fait voulons-nous dire en l’état actuel de nos prévisions, pensez qu’un État africain soit qualifié simplement au second tour et que tous les autres soient éliminés de la compétition, les Africains que nous sommes ne nous retrouverons-nous pas soudés comme les doigts d’une seule main pour soutenir le pays qualifié ? Autant dire à tous nos acteurs « macte animo » : « haut les cœurs ! »


Dounguenzolou

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