Modification de la Constitution : La société civile s’en offusque !

dimanche 18 novembre 2018 Politique


La société civile gabonaise vient d’identifier l’auteur du « mal » du Gabon. Pour elle, il s’agit de la Cour Constitutionnelle. Après la dernière modification de la Constitution, les membres de la société civile veulent la tête de Marie Madeleine Mborantsouo. C’est du moins ce qui ressort de la conférence de presse d’hier, samedi 17 Novembre courant.

La convalescence d’Ali Bongo Ondimba charrie beaucoup de commentaires et supputations au sein de l’opinion publique. Et la dernière sortie du porte parole de la Présidence de la République, Ike Ngouoni, n’a pas réussi à faire taire les plus folles rumeurs. Bien au contraire, elle a plutôt occasionné un « effet boomerang ». Cerise sur le gâteau, la « gardienne des lois », (Ndlr : Cour Constitutionnelle) a de façon unilatérale, ajouté un alinéa à l’article 13 de la Constitution. Lequel alinéa reconnaît désormais la vacance temporaire et permet par la même occasion au vice-président de la République de présider le Conseil des Ministres. De quoi susciter l’ire de sept organisations de la société civile.

« (…) Dans la nuit du 14 novembre 2018, la Cour Constitutionnelle a (…)a créé un alinéa à l’article 13 pour dire : ‘’ en cas d’indisponibilité temporaire du président de la République, certaines fonctions dévolues à ce dernier peuvent être exercées soit par le vice-président de la République, soit par le Premier Ministre sur autorisation spéciale de la Cour Constitutionnelle saisie par le Premier Ministre au 1/10 des membres du Gouvernement chaque fois que nécessaire », fustige la société civile.

Pour cette dernière, le nouvel alinéa contraste du texte originel qui stipule que : « en cas vacance de la présidence de la république pour quelques causes que se soit ou d’empêchement définitif de son titulaire constatée par la Cour Constitutionnelle, saisie par le gouvernement statuant à la majorité absolue de ses membres ou par défaut par les bureaux des deux chambres du parlement statuant ensemble à la majorité de leurs membres, le président du Sénat exerce provisoirement les fonctions de Président de la République ou en cas d’empêchement de celui-ci du moins constaté par la Cour Constitutionnelle, saisi dans les mêmes conditions, le premier vice président du sénat », explique Noel Boundzanga, porte-parole du jour.

« Pourquoi donc rendre si difficile ce qui est simple ? L’article 116 du titre 12 intitulé ‘’ La Révision de la Constitution’’ est clair : l’initiative de la révision appartient concurremment au Président de la République, le conseil de Ministre étendu et aux membres du parlement » précise ce dernier avant d’ajouter « en réécrivant la Constitution alors qu’elle n’en a pas la qualité, sans demander l’avis du peuple pour lequel la justice est rendue ni recourir au parlement, la Cour Constitutionnelle s’est donnée le rôle du législateur que la constitution ne lui reconnaît pas ». A en croire cette société civile, la présidente de la Cour Constitutionnelle a purement et simplement outrepassé ses prérogatives et fait montre de partialité avérée. C’est pourquoi, elle exige sa démission.


Tony Muru

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