Médecine sportive au Gabon : Vers une mort programmée des joueurs ?

jeudi 4 mai 2017 Sport


Les faiblesses et lacunes de la médecine sportive au Gabon ont une fois de plus été dévoilées le 26 avril dernier à travers le décès tragique de l’international gabonais Moïse Brou Apanga à l’entrainement avec son club du FC 105 à Owendo.

Après le décès dans les stades de Tchingoma Ngoma du FC 105, de Nono de l’USM, du jeune Londou de Dikaki en D2 et celui de Moïse Brou Apanga la semaine dernière, tout indique clairement que le Gabon accuse un grand retard en matière de santé sportive. Selon certains témoins de ces drames susmentionnés, s’il y avait eu une ambulance, un personnel de santé qualifié dans les staffs, le pire aurait peut être pu être évité.

Bon nombre d’observateurs peinent à comprendre que ces manquements évoqués puissent être d’actualité dans un pays qui a organisé la Coupe d’Afrique des Nations deux fois en l’espace de 5 ans sur son sol et qui de surcroît a professionnalisé son championnat de première et deuxième division.

Sous d’autres cieux, professionnalisation d’un championnat de football, de basket et bientôt de handball demande une attention particulière sur le respect des cahiers de charges de chaque club. Ce qui semble ne pas être le cas au Gabon où les clubs recrutent et font jouer des athlètes sans aucune visite médicale préalable. Pire encore, dans la composition des staffs des clubs, les dirigeants se paient le luxe de prendre n’importe quel agent de santé pour jouer le rôle de médecin dans leur club.

Ce qui a d’ailleurs été confirmé par le Dr Mouyopa spécialisé en médecine sportive et Président de la Commission Santé au sein de la Fégafoot lors d’une de ses sorties médiatique « Il n’y a pas beaucoup de médecins du sport ni de kinésithérapeutes dans nos clubs. Nous retrouvons en majorité des médecins généralistes ou spécialistes d’autres domaines et des infirmiers qui s’intéressent à la médecine du sport » a-t-il déploré.

La Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT ), la Ligue Nationale de Football (LINAF ) devraient redoubler d’effort pour mettre fin à un certain laxisme doublé d’une grande complaisance dans la gestion du domaine médical des joueurs qualifiés pour prendre part à des compétitions qu’elles organisent afin de diminuer le risque de décès d’autres joueurs sur les terrains .
Pour éviter que les joueurs soient traités comme du bétail comme l’a indiqué un joueur du National Foot qui a requis l’anonymat et qui dénonce les pratiques de certains kinésithérapeutes improvisés qui les aspergent avec de l’eau ou qui leur demandent de taper du pied au sol pour soigner une douleur après un choc, les instances faitières devront désormais miser sur l’organisation des renforcements de capacités de certains agents de santé des clubs.

Au regard de tous ces manquements, tout porte à croire que le volet anti-dopage qui peut avoir des répercussions négatives sur la santé d’un athlète est aussi négligé que les visites médicales à effectuer en début de saison. Une situation qui devra désormais interpeller les plus hautes autorités pour que ce dysfonctionnement en matière de santé sportive soit corrigé.


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