Masse salariale : L’étau se resserre !

lundi 13 février 2017 Economie


En hausse de plus de 20% au troisième trimestre de 2016, l’augmentation de la masse salariale gabonaise inquiète. Certains analystes projettent à court et moyen terme, des coupes salariales et des licenciements à venir à la fonction publique.

La masse salariale est en hausse de plus de 20%. C’est le fait économique inquiétant de l’heure. Comment une telle situation a-t-elle pu se produire, alors que tout avait été garanti pour ne pas en arriver là ? La question peut à l’analyse, avoir un fond et être totalement déconnecter tant la cause de cette augmentation est à chercher dans le mode de gestion utilisé ces deux dernières années par la fonction publique gabonaise, l’augmentation des effectifs et la création des primes diverses sans réelles et fiables évaluation Sur les dix dernières années, entre la période 2004-2014, la fonction publique a enregistré une augmentation de ses effectifs de l’ordre de 54 635 soit plus de 50%.

En espèce, dépassé le cap de 2014, cela représente la somme de 506,55 milliards de francs CFA en 2016 malgré une baisse de 0,5% des effectifs total contre 421,86 milliards de francs CFA en 2015. En effet dans les secteurs de l’éducation (+29,8%), les administrations générales, économiques et du développement respectivement (+19,3%) et (+19%) ont enregistré des recrutements « massifs ». Concrètement, l’Etat a recruté et augmenté des primes au détriment d’une position économique non confortable.

Des réformes administratives sans effet ?

Il apparaît clairement que les réformes engagées à la fois lors de la crise pétrolière et bien avant, non été d’aucune utilité. La première, le Programme de départ volontaire à la retraite anticiper des agents de l’Etat (PDVRA) s’illustre comme un échec tant bien que l’un des objectifs visés consistait à stabiliser à la masse salariale. En juin 2013, suivant des statistiques de la matérialisation de cette mesure, seulement 300 fonctionnaires étaient volontaires pour une retraite anticipée. En janvier 2015, moins de deux ans plus tard, alors que la crise pétrolière bas son plein et que bon nombre d’économies de rente s’activent à mettre en place des mécanismes de recadrages, er ce, malgré la tenue d’un séminaire gouvernemental à la Pointe Denis sensé « maintenir la croissance économique et sociale et garantir la stabilité macroéconomique et la viabilité des finances publiques », l’application des recommandations peinent toujours à se concrétiser.

S’agissant des actions prioritaires en termes de viabilité financière du pays, très peu ont connu un écho favorable. Sur la question spécifique des taxes, objet des échanges, le gouvernement bute toujours en touche à sursoir la mesure des « exonérations sans base légale » dont la persistance ne profite pas au pays. Il en va de même pour le nouveau système de rémunération dont le surplus en gain financier, dépasse les 50 milliards de francs CFA et dont la soutenabilité semble aujourd’hui souffrir d’une erreur de calcul. L’heure commande peut-être un changement de position et prise en compte des recommandations formulées par le Fonds Monétaire International (FMI) depuis le déclenchement de la crise.

L’agent public, préparé à l’éventualité ?

Face à la situation, bon nombre d’observateurs ne manquent pas de brandir l’éventualité des baisses généralisées des salaires voire des licenciements dans la fonction publique. Selon bon nombre d’analystes, les scénarii entourés d’un caractère historique, disparates convergent. De plus la récente note circulaire du Ministre de l’Education nationale corrobore les hypothèses brandies. Pour les uns, les deux annonces sont intimement liées car, expliquent-ils, jamais dans l’histoire des grèves au Gabon, des agents publics ont été inquiété.

Au fil des années, bien entendu depuis 2014, le budget de l’Etat s’est illustré par des coupures successives dont les marges ne permettent pas d’oser des dépenses non comprises dans les prévisions budgétaires. Comment alors supporter cette augmentation ? Cela a-t-il été pensé dans la nouvelle loi de finance ? La solution à cette situation réside dans une politique de restriction budgétaire qui devrait inévitablement amener le Gouvernement à des recadrages.

Le FMI à la rescousse

Devant la gravité de la situation, le FMI envisage un audit de la masse salariale. Ce ne sera malheureusement pas la première fois que l’organisme international se focalise sur le cas du Gabon. Depuis le déclenchement de la crise notamment, le FMI invite le Gabon à faire attention à son mode de dépenses publiques surtout dans un contexte économique marqué par la chute des cours du baril de pétrole dont l’économie gabonaise est ultra dépendante à hauteur de 60%. Ce cri d’alarme avait déjà été lancé en janvier 2016 au Cameroun, lors du sommet sur les impacts économiques de la chute des cours du pétrole durant lequel la Directrice de l’organisme, Christine Lagarde invitait le Gabon à saisir la nécessité de « maîtriser la dépense publique ». Suivant la position traditionnelle du FMI, cette audit devrait déboucher sur des recommandations dont l’application par le Gabon revêt un caractère nécessaire voire urgent ne serait-ce que pour la réussite du plan de relance économique.


Michaël Moukouangui Moukala

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