Maladies du péril fécal : La propreté, l’unique atout !

vendredi 13 juillet 2018 Santé


La mangue est une drupe de forme oblongue dont la pulpe jaune est savoureuse. Ce fruit qui provient d’un arbre originaire d’Asie est très prisé. Les mangues greffées sont les plus appréciées et le fait que les manguiers soient actuellement fleuris de grappes de pétales, suffit pour se convaincre que la cueillette s’annonce plus prometteuse cette saison sèche que celle de l’année dernière. Une période qui va néanmoins appeler à la vigilance et au respect des mesures d’hygiène, à cause des risques éventuels de certaines maladies des mains sales comme les vers intestinaux.

Si l’on exclut le plaisir du palais et l’apport indéniable de la mangiféra indica Linné, nom botanique de la mangue en vitamines C, A, B6, B ainsi qu‘en cuivre, potassium, magnésium et en fibres prébiotiques saines, la période des mangues va coïncider avec celle des moments festifs à caractère familial, l’accroissement des produits maraîchers sur les étals quand paradoxalement, le système d’évacuation des lieux d’aisance est peu performant et la qualité de l’eau potable moyenne aussi bien dans les grands centres urbains que dans l’arrière-pays. Trois éléments reviennent régulièrement lorsque l’on évoque la protection de la santé des enfants et la prévention des maladies : les vaccins, la bonne alimentation et la propreté qui est définie par la communauté comme étant « la qualité de ce qui est propre ».

Autant dire que la propreté interpelle tout un chacun, surtout que plusieurs maladies du péril fécal représentent les affections dues aux excréments. Les études montrent en effet que, dès lors que l’on consomme une mangue ramassée par terre ou non, en omettant de la peler ou de se laver les mains, l’on s’expose à des maladies dues aux parasites intestinaux. Généralement, dans les selles déposées dans la nature par une personne qui l’aura mangé sans l‘avoir aussi préalablement pelé, se trouvent des parasites invisibles à l’œil nu qui provoqueront ainsi le mal. Les selles du malade contamineront par la suite une autre personne saine par l’intermédiaire des mains portées à la bouche, voir même en marchant pieds nus dans des endroits où se trouvent lesdits excréments.

Les microbes seront ainsi transportés sur la nourriture par les mouches quand ce ne sont pas les mains sales, à défaut d’être entrainés dans les puits par l’eau de pluie. Les virus HAV et HEV trouvent ainsi un terreau pour les hépatites A et E quand la bactérie vibrio cholerae développera le choléra ou l’Ascaris lumbricoides, un ver dont la femelle peut atteindre 40 centimètres de longueur. L’ascaridiose que les spécialistes désignent comme étant la parasitose intestinale la plus fréquente dans le monde, se manifeste par des douleurs abdominales et un accès de toux accompagné de fièvre. Les Ascaris se trouvent dans la saleté et on peut même les voir dans les immondices ou les vomissements. Les oxyures sont petits et minces. Ils empêchent de dormir, par les démangeaisons qu’ils produisent. Quant aux Ankylostomes, il s‘agit de parasitoses intestinales provoquées par deux petits vers ronds très voisins qui entrainent par leur présence dans le duo déno-jéjunum de l’homme, une seule et même maladie à savoir l’ankylostome.

On désigne enfin par Amibiase, la maladie occasionnée par l’absorption d’êtres de taille microscopique appelés amibes contenus dans les selles d’une personne atteinte.
Très souvent, c’est chez l‘enfants et certaines personnes affaiblies que l’amibiase provoque une forte diarrhée avec du sang ou dysenterie amibienne. Il est primordial de consulter le médecin pour avoir la certitude de toutes ces pathologies et écarter ainsi l’automédication. Cela permettra in fine, de reconnaître avec certitude des affections qui se confondent dans nos quartiers avec des noms populaires tels que indigestion, mal de ventre, intoxication alimentaire ou la fièvre. Les eaux polluées par les matières fécales des compatriotes souffrant de vers peuvent être traitées par l’utilisation des fosses septiques. Il reste cependant que ces maladies dites « fécales » sont en termes plus simples les maladies des mains sales.

L’élimination des parasites permet de réduire les risques de contamination. L’on peut pour cela éliminer les bêtes malades à l’image du porc, du bœuf ou du mouton. Il conviendrait aussi de traiter les personnes malades pour éviter qu’elles n’émettent des selles à l’air libre. Tout aussi important, la vaccination des personnes saines pour prévenir la maladie donc ne la transmette. Les vaccins existants permettent de lutter quant à eux contre l’hépatite A, la poliomyélite, la typhoïde, bientôt les rotavirus mais malheureusement pas contre les vers intestinaux.

Déparasitage

L’Etat gabonais veille sur la santé du consommateur par l’entremise de plusieurs administrations. A savoir, la direction générale de la concurrence et de la consommation créée par décret 00665/PR/MEFBP/ du 9 aout 2004, la direction générale de l’agriculture, la direction du génie sanitaire et de l’hygiène publique du Ministère de la santé. Le service de l’assainissement de l‘institut d‘hygiène publique et d‘assainissement sis à Nkembo est chargé de manière spécifique, de prévenir le péril fécal en milieu rural et urbain, de réduire la prévalence des maladies, de promouvoir l’utilisation des systèmes d’évacuation des excrétas, d’éliminer les nuisances dues aux eaux usées et de concevoir des technologies appropriées puis l’application des normes en matière d’assainissement sous l’autorité d’un fonctionnaire de la catégorie A1 nommé en conseil des ministres.

Le programme de lutte des maladies parasitaires est la structure de référence et incontournable en la matière. Dirigé par la Docteur Julienne Atsame, le PLMP élabore les plans stratégiques, coordonne des activités et assure le plaidoyer avec le soutien des partenaires bilatéraux et multilatéraux à l’instar de l’organisation mondiale de la santé. Outre la lutte contre ces parasites, le PLMP mène surtout une intense activité consacrée à la Loase, l’Onchocercose, la Trypanosomiase humaine africaine, la Schistosomiase. Sur un tout autre plan, l’application de la loi organique No1/2014 du 15 juin 2015 relative à la décentralisation reste très attendue pour des actions plus efficientes des 52 municipalités du pays, en matière d’hygiène et assainissement.


P. B

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