Mairie de Libreville/Fermeture des commerces : Léandre Nzue et la légalité de la force

mardi 5 novembre 2019 Politique


Si certains avaient vu dans son arrivée à la tête de la mairie de Libreville, un motif d’espoir, ils ont très vite été déçus. Car pour les commerçants, c’est désormais le cauchemar, avec une taxe de trop qu’il tente de leur faire payer de force.

Il n’aura pas fallu beaucoup de temps au maire de la capitale gabonaise pour montrer aux commerçants, de quoi il est capable quand on parle de brutalité. Et ce ne sont pas les commerçants des quartiers Charbonnages, Awendje et d’un peu partout à travers Libreville qui le démentiront, eux qui ont déjà expérimenté la furie de monsieur le maire et son équipe de ‘’ casseurs’’. Puisqu’on a encore en mémoire les images choquantes d’un maire débarquant la nuit, renversant les étals des commerçants, saccageant et brûlant leurs marchandises, sans état d’âme.

L’homme est réputé pour être un adepte des arts martiaux, dont on dit qu’il possède quelques ceintures noires. Mais des ceintures noires qu’il a décidé d’utiliser, non pas sur un tatami, mais contre les commerçants, puisqu’après avoir fait la guerre aux commerçants installés en bordure de route, (mesure inefficace), l’homme s’attaque depuis quelques semaines aux magasins des quartiers, tenus essentiellement par des ressortissants ouest-africains à qui il demande de payer une taxe supplémentaire, en dehors de la multitude d’autres taxes qu’ils paient déjà dans un contexte économique difficile depuis bientôt cinq ans.

Sauf que pour ces derniers qui refusent de payer, menaçant de tout arrêter et criant à une arnaque de trop, cette taxe n’a jamais existé puisqu’elle ne leur a jamais été imposée. Chose que refuse de comprendre l’édile qui a déjà certainement déjà sorti sa calculette pour voir combien cela lui rapporterait. Et comme il y tient fermement, sur un ton martial, le maire rappelle que nul ne viendra lui dicter ce qu’il a à faire « ici à Libreville ». Et que tous les récalcitrants devront obligatoirement mettre la clé sous le paillasson. Toute la fermeté d’un maire, qui, au nom d’une prétendue loi, verse dans l’excès de zèle face à des commerçants impuissants.

La loi du plus fort ?

Du coup, la question qui se pose dans cette bataille de taxe est celle de savoir s’il s’agit d’une taxe nouvellement créée pour mieux gruger davantage les commerçants, sachant qu’ils n’ont nulle part où se plaindre, ou est-ce une taxe bel et bien prévue dans les opérations de recouvrement de la mairie. Dans ce cas, pourquoi Léandre Nzue, qui dit appliquer simplement la loi choisit-il de la recouvrer coute-que-coute aujourd’hui, sachant que ses prédécesseurs ne l’ont jamais prélevée ?

Si l’Etat a choisi d’exonérer les investisseurs de certaines taxes encombrantes pour les encourager à venir investir massivement dans le pays, pourquoi ne pas le faire aussi pour les commerçants déjà bien en peine avec des patentes et autres multiples taxes ?

Léandre Nzue a-t-il seulement conscience de ce que ces commerces représentent le grenier alimentaire de la capitale et qu’une fermeture des échoppes de ces derniers serait préjudiciable pour la plus grande ville du Gabon, les Gabonais eux-mêmes n’étant pas intéressés par le commerce d’épicerie ?
Plutôt que de s’engager dans une bataille de muscles avec les commerçants, et dont nul ne sortira vainqueur, la sagesse aurait pourtant voulu que les deux parties s’asseyent pour trouver un compromis. Mais comment s’asseoir avec un maire qui manie de préférence que le langage des muscles ? Là est toute la question.


Leno Koleba

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