Liberté de presse : La face immergée de l’iceberg !

jeudi 2 mai 2019 Société & environnement


Quel alibi, la journée de la presse célébrée à travers le monde et reprise par chaque pays dans l’intention de démontrer aux yeux de tous qu’il est soucieux d’œuvrer à l’instauration d’une société démocratique. Oui, car là où la presse exprime sa vitalité, c’est-à- dire là où les principes la régissant ne sont pas violés, les conditions d’existence des populations se trouvent améliorées. Parce que cela concourt inévitablement à l’éveil des consciences qui participe du discours scientifique et contribue et/ou presse l’instauration chez chaque citoyen d’un raisonnement logique lui évitant l’enfermement dans son « équation personnelle ».

En instaurant la journée de la presse, sommes-nous tentés de croire, la communauté internationale a voulu révéler le constat selon lequel la presse que l’on présentait autrefois et peut-être encore aujourd’hui sous certains cieux comme inféodée aux dictatures qu’elles soient religieuses ou politiques, mérite qu’on la respecte, car elle est affaire d’hommes jouissant à l’instar de tous les autres des libertés fondamentales au nombre desquelles celle de penser ou d’opinion. Ceci étant, la presse ne doit pas dormir sur ses lauriers, pensant que la liberté est un acquis. Faux, car elle ne s’obtient en vérité et à l’expérience et ne se développe donc qu’au prix de moult sacrifices.

D’ailleurs, ne le remarque-t-on pas dans les grandes démocraties où les professionnels des médias sont encore hélas victimes des maltraitances quand les responsables politiques ne les esquivent pas purement et simplement comme cela se voit aux États-Unis où le président Donald Trump leur préfèrent son compte Twitter ou en France avant qu’Emmanuel Macron ne prenne la mesure de la dégradation du tissu social et n’invite à l’Élysée les médias pour une conférence de presse, la première depuis son accession à la magistrature suprême, qui restera historique quand bien même selon un sondage IFOP dont les Français savent la crédibilité, la majorité d’entre eux s’est montré déçue par ce qui en est sorti. La journée de la presse, c’est certes l’occasion de faire le bilan du chemin parcouru non seulement dans l’observation des devoirs par les médias, mais aussi dans celle de l’exercice des droits qui leur sont reconnus par le législateur.

L’homme de presse étant une force d’autocensure, l’on remarque le plus souvent qu’il consent à perdre volontairement son indépendance, d’où il éprouve du mal à exercer son « libre-arbitre », sa clause de conscience ou se laisse aller facilement à la corruption, les corrupteurs le manipulant à souhait et l’amenant sur le chemin de l’inobservation de règles fondamentales au nombre desquelles l’impartialité. Il est donc question d’assainir l’environnement juridique parfois scélérat pour tenter de l’uniformiser en collant, mondialisation oblige, quoiqu’à allure homéopathique à ce qui ailleurs s’est déjà révélé porteur d’avancées significatives. La journée de la presse devrait nous permettre de réfléchir sur la responsabilité sociale de la presse en tant que vecteur d’équilibre ou de déséquilibre. Une presse à sensation surtout à l’heure des réseaux sociaux ferait davantage perdre à l’humanité ce qu’elle a d’humanisme et d’humanisant tout comme elle viendrait souvent tromper l’opinion.

Ce qui est loin d’être son rôle, car les populations ont droit à l’information qui est une denrée vitale au même titre que les aliments que nous consommons quotidiennement et qui apportent à notre corps les éléments essentiels à son fonctionnement (lipides, glucides, sucres, alcool, etc.). Les populations ont en effet droit à l’information, les en priver ou leur apporter de fausses serait commettre des violations flagrantes des droits de l’homme. Ce qui constituerait un frein au développement de l’homme et de la société tout entière. La presse a un rôle avant-gardiste, car c’est souvent d’elle que partent les grandes mutations idéelles. En tant qu’elle vulgarise ce que d’aucuns auraient voulu garder sous le coude pour l’exploiter à leur seul profit quitte à ce que les conséquences de cette attitude soient maléfiques pour le grand nombre.

Fort de tout ce qui précède, nous pouvons conclure que la presse doit revendiquer un statut qui la placerait au rang de quatrième pouvoir même s’il ne s’agit pas d’un pouvoir constitué. C’est pourquoi elle doit exiger d’être valorisée par le truchement d’une prise en charge proportionnelle à ses exigences. Comment ferait-elle en effet pour mieux servir si elle ne s’affranchissait pas des pesanteurs qui pèsent sur elle ? Pesanteurs qui vont de la dépendance quasi-permanente vis-à-vis des institutions ou des magnats à la paupérisation dont sont victimes ses acteurs et qui se traduit par un salaire de famine, une non-prise en compte de leurs droits, un habitat précaire, une sous-évaluation de la formation, pour qu’ils ne s’érigent pas en donneurs de leçons, critiques de l’establishment ou revendicateurs de leurs droits violées et bafoués.


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs