« Libérée la liberté » : PCA appelle de nouveau à l’éveil des consciences !

mardi 19 avril 2016 Culture & people


Pierre Claver Akendengue ne déroge pas à la tradition. Il vient de pondre un single au titre très engagé "Libérée la liberté". Une production musicale savamment dosée qui interpelle l’humanité. Pour bon nombre d’africains, le poète-chanteur pose à juste titre la problématique de l’existence humaine.

Le paysage discographique de Pierre Claver Akendengue est plein de titres révélateurs. Sa dernière production musicale est un single dénommée " Libérée la liberté". Au cœur de cette balade musicale à forte résonance, l’artiste tire la sonnette d’alarme. La liberté pure et dure doit respirer, c’est du moins le souhait ardent de l’artiste. Pour Alassane Souleymane, journaliste malien, ancien Rédacteur en Chef de l’ORTM,"Le titre de Pierre Akendengue "libérée la liberté" est évocateur et universel. La liberté est un état, une situation, un droit pour lequel le combat se mène tous les jours. Dans les plus grandes démocraties, même vieilles de plus de trois siècles, la liberté n’est pas totale. Elle se conquiert tous les jours."

La liberté est vitale pour toute l’humanité, d’où le nouvel opus de Pierre Claver Akendengue. Detoubab Ndiaye, journaliste sénégalais à la télé Bahia /Globo au Brésil partage à volonté la réflexion musicale de PCA."C’est parce que la liberté est libérée que le monde entier vit ce qui se passe au Brésil avec la descente aux enfers de la Présidente Dilma Rousseff. Rien à voir avec certains pays africains, au Brésil nous vivons le revers de la médaille où la liberté est tellement grande au point que certaines personnes parlent de trop de liberté qui tue la liberté."

Face à cet excès de liberté, le journaliste sénégalais basé au Brésil, pense que cela a une explication". C’est normal pour un pays qui a vécu pendant presque 30 ans de dictature militaire.Ici, les manifestations sont communes sans aucune demande d´autorisation".

L’écrivaine gabonaise, Miryl Eteno est pour la libération de la liberté mais précise-t-elle" Liberté oui mais dans le respect scrupuleux des lois du pays pas dans le désordre." Une liberté consciencieuse qui pour épouser l’idée du chanteur qui a fêté ses 50 ans de carrière n’est pas selon Miryl Eteno : " un choix, mais un ordre, le titre lui-même est péremptoire. C’est un cri profond sortant des entrailles de la population. L’actualité du pays montre que le peuple à soif de liberté avec tous les corollaires qui vont avec, respect, dignité, mieux être et mieux vivre."

Un avis soutenu par le Docteur en philosophie, écrivain et poète, le Gabonais Alain Nzigou Moussavou "La chanson de Pierre Akendengue s’impose donc à nos oreilles comme le texte de plus qui nous pousse à réfléchir sur notre condition. Notre liberté est notre seul bien et nous devons le défendre’’.L’universitaire gabonais, Alain Nzigou Moussavou qui enseigne en banlieue parisienne va plus loin "Ce qui compte c’est cette éternelle vigilance qui doit nous caractériser parce que la liberté ce n’est pas seulement aller boire sa bière comme c’est devenu une religion au Gabon. La liberté c’est choisir de construire sa vie et celle de ses enfants de la manière qui nous convient. Le problème de la liberté au Gabon doit être posé encore et encore. Est-ce que les Gabonais sont libres de choisir qui les gouvernent  ?"

L’artiste-peintre Patrick Louembet, basé à Libreville est convaincu que "libérée la liberté" est un appel aux consciences distraites, il faut donc laisser aux peuples la capacité de s’organiser de choisir, de se faire, de se savoir, d’aimer et de s’aimer. Akendengue est fidèle à sa pensée n’a t’il pas dit un jour dans ’’Considérable’’ que sans les barreaux on a l’illusion de la liberté ?’’

Comme en écho aux propos d’Alain Nzigou Moussavou et Patrick Louembet, l’écrivaine gabonaise, Merey Edna est interpellée" par cette idée que l’on puisse mettre certaines libertés en cage. La liberté d’expression, surtout. Si parler peut conduire à la mort, se taire aussi. On implose de ne pouvoir dire ce que l’on pense". Au-delà des questions liées à la politique, Merey Edna pense " à d’autres libertés simples comme celles de choisir son époux et refuser les mariages imposés... je suis une femme et ces questions m’interpellent beaucoup plus que tout ce qui est politique"

L’immortel Akendengue qui figure parmi les 16 icônes de la culture mondiale (une consécration de l’Organisation de Nations Unies) parle dans sa nouvelle chanson de la donne qui a changé et la roue qui doit tourner. Ce slogan de vérité rappelle à Miryl Eteno" Le manque de liberté reste un sujet criard surtout dans les pays dits en voie de développement ou du tiers monde. L’Afrique reste semble-t-il le très mauvais élève de cette université, je dirai plus l’Afrique centrale, car chez nos sœurs de l’Afrique de l’ouest on sent naître un genre nouveau d’habitude. La concentration des pouvoirs et l’application nébuleuse des lois entraînent une oppression des habitants et un enfermement des avis, peur de dire réellement ce que l’on pense, peur de manifester pacifiquement afin de faire connaitre un mécontentement. Manipulation des populations, même les médias semblent se mettre au service de ceux qui ont le pouvoir pour faire naître une pensée unique. L’impunité, le manque de sécurité, les sanctions dirigées contre une seule frange du peuple aident à créer un climat de peur. Le revers de la médaille risque bien sur d’être « le peuple est fâché », car comme le dit si bien le chant il va arriver un temps où les « jours vont s’arrêter » pour une prise de décision définitive afin d’aller à la conquête de cette liberté tant recherchée, où les opprimés d’avant deviendront les oppresseurs de ce qui détenaient leur liberté"

Face aux nouveaux défis de l’humanité, Il faut comme le claironne l’artiste-musicien la santé, l’école, la sécurité, l’égalité et la liberté pour tous. L’écrivaine Edna Merey souligne que Pierre Akendengue rappelle" qu’au 21ème siècle, un monde en marche, ne peut voir son évolution constamment entravée par des chaînes. En écoutant Pierre Claver Akendengue je m’attends à danser là, j’ai passé plus de temps à essayer de comprendre le sens des mots employés. C’est un exercice de rhétorique, plus qu’autre chose".

Conscient du débat qu’il pose dans la société, Pierre Claver Akendengue a à cœur d’inviter l’humanité à construire l’humanité "notre destinée c’est de vivre la liberté" chante avec plaisir l’un des monuments de la civilisation musicale universelle.


YAO

Vos commentaires

  • Le 27 avril à 16:39, par Isis En réponse à : « Libérée la liberté » : PCA appelle de nouveau à l’éveil des consciences !

    Très bel article. Sujet très bien traité et le texte de PCA est bien decripte.

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  • Le 19 avril à 16:28, par Parfait MOUSSIROU-KASSA En réponse à : « Libérée la liberté » : PCA appelle de nouveau à l’éveil des consciences !

    PCA....
    Universalité...universalité. Merci pour cet immense patrimoine légué à la postérité. Toutes tes chansons sont écoutées au pesant des maux, des mots et des sens. Aucune d’entre elles ne prend une ride, combattant hier, aujourd’hui et demain, les totalitarismes, le despotisme et la tyrannie.
    Toute l’Afrique que tu as chantée, que tu chantes et chanteras t’honore, aux côtés de Myriam MAKEBA, Fela et les autres. Tu es perçu comme le " MANDELA" de la chanson africaine. Je sais que dans ta modestie, tu ne voudras pas d’une telle comparaison. L’internationalisation de la Culture fait de toi ce cosmopolite tant aimé.

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  • Le 19 avril à 13:40, par Henri MOUSSAVOU MOUSSAVOU En réponse à : « Libérée la liberté » : PCA appelle de nouveau à l’éveil des consciences !

    Halla YAO

    "Libérée la liberté" c’est un titre qui veut dire ce qui est aujourd’hui partout a travers le monde et essentiellement en Afrique. La liberté est emprisonnée non pas sous des dictats et autres régime répressif, non, la liberté est davantage emprisonnée sous des formes diverses de la politique politicienne qui enferme l’individu dans une idéologie infructueuse en terme de bien être mais aussi dans un contexte économique dominé par toutes les forme de néo colonialisme, de globalisation improductive. Libérée ma liberté est un cri de soulagement qui pousse l’individu longtemps enfermé de se sentir enfin libre de faire réellement ce qu’il voulait faire. Pour PCA, je pense qu’il est arrivée a un age ou il se sent enfin pret a assumer cette liberté retrouvée, ne dit on pas que "la conscience sans conscience n’est que ruine de l’âme", un artiste a besoin des liberté pour nourrir son âme. PCA n’est plus a une lutte près pour la liberté des arts et de l’artiste, Moi j’ai senti dans ce titre comme un constat qu’il veut partager : il est aujourd’hui prêt a vivre cette liberté de critique du monde qui l’entoure avec les mots et sous l’angle de l’artiste qu’il est aujourd’hui, immense de talent. YAO je te tire mon borsalino, l’article est une invite à la réflexion collective, en faisant parler tant d’acteurs du monde des arts. Bonne continuation et reste fidèle lecteur de tes articles.

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  • Le 19 avril à 09:43, par JEAN JACQUES MAYI En réponse à : « Libérez la liberté » : PCA appelle de nouveau à l’éveil des consciences !

    Hum ! Admirable YAO
    Nous l’avons bien compris. A travers ce nouveau single de l’un des pères de la musique moderne africaine, Pierre Akendegue fait le constat du processus irreversible de ce que j’appelle l’autolibération de la Liberté. Il faut comprendre que la posture de l’auteur compositeur aficain figurant parmis les 16 incônes culturelles au monde, nous enseigne là que la Liberté s’est libérée d’elle même, d’oú le choix orthographique ô combien subtile : "Libérée la liberté !"
    Hommage et reconnaissance soient rendus à cet illustre personnage qu’est Pierre Claver AKENDENGUE.

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