Les syndicats face aux mesures d’austérité : Qu’en est-il de la manipulation politique ?

lundi 6 août 2018 Politique


Divisés entre eux face aux mesures gouvernementales visant à réduire le train de vie de l’Etat, les syndicalistes s’accusent mutuellement depuis quelques mois de manipulation politique de l’opposition et de la majorité. Surtout après la sortie sous les huées jeudi dernier de l’ancien ministre, Bruno Ben Moubamba qui a été éconduit comme un malpropre du meeting de Dynamique unitaire. Autant dire que le pouvoir et l’opposition s’affrontent par syndicats interposés.

C’est désormais un conflit larvé entre pouvoir et opposition, tant l’instrumentalisation fait rage dans les rangs des syndicats, selon qu’ils sont réputés proches du pouvoir ou de l’opposition. Et l’appel récemment de l’ancien candidat de l’opposition, Jean Ping appelant la population à soutenir le combat de Dynamique unitaire n’est pas pour arranger les choses. Ceux qui accusent Dynamique unitaire d’être instrumentalisée dans ce cas pourraient avoir raison, surtout qu’à son assemblée générale de jeudi 02 août dernier, le président de l’Alliance pour le changement et la restauration (ACR), Bruno Ben Moubamba a été hué et chassé à coups de pierres comme un vulgaire voleur car jugé trop instable puisque papillonnant d’un camp politique à un autre. Difficile dans ce cas de se débarrasser de l’étiquette d’instrumentalisation politique.

Mais la manipulation politique manifestement n’est pas le seul apanage de l’opposition. Car même dans le camp du pouvoir, conscient de l’impopularité notoire face à ce plan d’austérité, on s’active pour créer des syndicats illico presto dans le but de contrebalancer la contestation trop hargneuse de Dynamique unitaire et autres syndicats affiliés. L’exemple le plus significatif de ces syndicats crées à la va-vite est sans doute celui de l’Union sacrée pour la patrie (USP), qui, née dans la foulée des mesures gouvernementales, fonctionne aujourd’hui comme le porte-voix du gouvernement. Une mission déjà assumée par le Bloc syndical de la première seconde qui sillonne le pays en faisant la campagne du bien-fondé de ces mesures.

Quid de la mobilisation ?

Seule ombre au tableau, la mobilisation de ses syndicats dit fantoches est loin des espérances du gouvernement qui veut faire passer la pilule auprès d’une population très remontée, mais résignée à l’idée de ne pouvoir rien faire qui puisse contraindre le gouvernement à la reculade. Tout le contraire de Dynamique unitaire, qui, en dépit des infiltrations avérées ou supposées des partisans de l’opposition, parvient, bon gré mal gré à rassembler des dizaines de fonctionnaires à ses différentes assemblées générales. Même si du côté du pouvoir, on tente de nier l’adhésion à ces rendez-vous. C’est dire que manipulation politique ou pas, le syndicalisme ne saurait se résoudre au silence et à la résignation dans un Etat démocratique viable. Surtout lorsqu’il s’agit des mesures aussi dévastatrices que celle-là.


Leno KOLEBA

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