Les six ans de pouvoir d’Ali Bongo Ondimba satisfaisants, Quid des moeurs ?

lundi 19 octobre 2015 Speciales


La classe politique gabonaise au pouvoir est satisfaite du bilan du chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba qui a tenu vendredi dernier à fêter avec tambours et trompettes ses six ans de magistère. Se faisant l’écho de la nouvelle, « Nouvelle Vision », un confrère qui présente l’action du président gabonais en lettres d’or semble avoir oublié, s’il ne l’a pas fait carrément, qu’alors que l’on vante les prouesses économiques, si prouesses il y a, le comportement de l’homme laisserait toujours à désirer puisque plus d’un compatriote se plaint de la morale de plus en plus douteuse de son prochain.

Au Gabon, depuis Omar Bongo Ondimba, l’on pense beaucoup plus à soigner le paraître que l’Etre. Dans les années antérieures, en 1935 plus précisément, alors qu’il prononçait un discours mémorable au palais du Kremlin à l’occasion de la promotion des élèves de l’Académie de l’Armée rouge, le dirigeant soviétique de l’époque Staline déclarait : « Il faut enfin comprendre que de tous les capitaux précieux existant dans le monde, le plus précieux et le plus décisif ce sont les hommes, les cadres. Il faut comprendre que dans nos conditions actuelles « les cadres décident de tout  ».

 Voilà qui vient donner une explication au geste posé par le président gabonais lorsqu’il a choisi d’aller à la rencontre du monde universitaire, tenter, s’il en était encore besoin, de le rassurer sur ce que ses ambitions pour lui restent intactes en dépit du discours tenu par ses détracteurs qu’il entend chaque jour davantage confondre, le cap étant mis sur 2016, année à laquelle il compte redonner espoir aux Gabonais même ceux qui sont gagnés par un certain pessimisme.

Cependant, il ne suffit pas d’échanger avec quelqu’un pour le convaincre que son avenir est en rose, car même si le pays se dote de routes, d’hôpitaux, d’écoles, d’universités, d’industries haut de gamme, le véritable indice du développement reste et restera l’homme que l’on dit être l’alpha et l’oméga, c’est-à-dire au début et à la fin de toute chose sur terre.

Si le former est une impérieuse nécessité pour l’Etat, l’éduquer est tout aussi intéressant, car les questions d’éthique dans la société sont surtout celles qui posent le plus problème. A quoi servent les infrastructures flambant neuves si c’est pour qu’elles soient mises à la disposition d’hommes inconscients ? Que la morale n’interpelle jamais ou que très peu ? Regardez dans le Gabon combien de gens ne cessent de se plaindre de ce que le service public n’est pas bien assuré sans avoir les raisons d’une telle désinvolture, alors que l’on voit presque tout le temps les syndicats réclamer que les conditions de vie et de travail des hommes de leur corporation doivent être revues ?

A certains moments, on a l’impression de vivre hors de chez nous, ceux qui nous font face au quotidien, qui pour nous soigner, qui pour éduquer nos enfants, qui pour nous rendre des services administratifs, qui pour assurer notre sécurité, qui pour, qui pour… Ne nous donnant pas l’impression qu’ils sont gagnés par une motivation et une abnégation exceptionnelles.

 L’Eprit patriotique a-t-il foutu le camp ?

C’est à cette question que nous voudrions que nous tous, chacun dans son coin, tentions de répondre si l’on veut se convaincre de la véracité des thèses ici défendues ou avancées. D’aucuns qui en sont à regretter les temps passés, se plaignent que le Gabonais perde de plus en plus sa conscience nationale, adoptant le comportement d’un être totalement extraverti et rejetant ce qu’il avait de plus cher son amour pour autrui. Rendre service même quand ses attributions l’exigent, cela ne semble plus rien dire à de nombreux gabonais qui passent le plus clair de leur temps à politiser leur propos alors qu’ils sont bombardés à des fonctions importantes au regard de leur profil et sans arrières- pensées.

 L’homme doit pouvoir se détacher de son « moi » pour être au service de la communauté qui est seule à pouvoir le lui rendre au centuple. Faute peut- être de culture, de nombreux gabonais n’ont pas eu l’occasion de fourrer leur nez dans l’œuvre de Jean- Jacques Rousseau « Le Contrat social » pour se rendre compte qu’ici est ouvertement posé l’axiome de la vie en société qui prédispose tout citoyen à recevoir une liberté plus grande en échange d’une liberté réduite, en clair le passage de l’état de nature qui fait que ce soit la loi du plus fort qui soit hélas toujours la meilleure à un état civilisé où il est reconnu à tous les mêmes droits et où la justice pour tous s’installe comme règle d’or.

Comment expliquer que dans un pays où l’on fait le tout pour le tout pour tenter de sensibiliser les citoyens sur l’importance qu’il y a à préserver l’équilibre social et le patrimoine national, des êtres mus par leur avarice, leur mauvaise éducation, leur esprit incivique, préfèrent privilégier ce qui leur rapporte quelque chose à eux seuls et négliger ce qui devrait booster les valeurs cardinales de leur terroir ? Piller par exemple les richesses nationales, présenter aux yeux des autres une image peu reluisante, afficher des comportements peu amènes vis- à- vis d’autrui, ne pas se consacrer totalement à ses tâches professionnelles, ne pas obéir à ses supérieurs hiérarchiques, etc…

A quoi cela peut-il rimer ? L’occasion des six ans d’Ali Bongo Ondimba au pouvoir doit être saisie par tous ceux que cela dit de l’accompagner dans la lourde tâche de transformation du Gabon en Etat émergent à l’horizon 2025 pour commencer eux d’abord à réviser leur attitude vis-à-vis du Gabon et de ses populations, car on ne sert pas un pays sans servir ses habitants. Et si ces derniers sont conviés chaque fois à des élections, c’est justement parce que l’on reconnait implicitement que c’est grâce à eux que l’on se hisse au sommet de l’Etat. « Qui t’a fait roi ? ». Mais, la patrie étant au- dessus de tout, il faut que par respect pour elle et pour elle d’abord, l’on s’applique à travailler à faciliter les conditions d’existence des compatriotes où que l’on soit et que l’on appartienne à un bord politique ou à un autre. Ainsi, les citoyens se reconnaîtront-ils en vous tous et sauront comment vous le rendre.


JGN

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