Les nouvelles recrues de l’armée américaine sont des insectes télécommandés

lundi 5 mai 2008 Economie

Les chercheurs de l’université du Michigan ont présenté un concept inédit à usage militaire, un coléoptère muni d’implants, pilotable à distance comme un modèle réduit. Cette recherche est soutenue par le Darpa, instrument financier de la Défense des Etats-Unis.

On l’appelle Cyborg Beetle, un nom que l’on pourrait traduire par cyber scarabée. Cet animal a – involontairement – joué les vedettes lors de la dernière conférence MEMS 2008, dont l’objet n’a rien à voir avec la biologie mais concerne les capteurs et autres senseurs micromécaniques baptisés MEMS (Micro Electro Mechanical Systems).

L’animal (l’engin ?) n’était pas physiquement présent mais il a été présenté par l’équipe de l’université du Michigan qui l’a conçu (créé ?). Le principe consiste à implanter trois électrodes dans un insecte de bonne taille, en l’occurrence un coléoptère dynaste, ce cousin du scarabée muni d’une longue et unique corne (unicorn beetle en anglais, Dynastes tityus de son nom scientifique). Deux d’entre elles plongent dans les muscles des ailes, à droite et à gauche, et la troisième s’enfiche dans le ganglion cérébral de l’infortuné insecte. Ces trois stimulateurs sont reliés à un minuscule contrôleur électronique et à une pile lithium-ion, tous deux solidement installés sur le thorax de l’insecte. Ce sac à dos thoracique porte, au bout d’un bras coudé, un stimulateur visuel composé de diodes électroluminescentes, placées devant les yeux de l’insecte. En les allumant, on peut inciter le coléoptère à se diriger dans une certaine direction.
L’implantation a lieu avant la métamorphose, quand l’insecte est une chenille ou une chrysalide. Les petits dispositifs implantés s’intègrent mieux dans les tissus encore mous, qui finissent par les entourer. La mortalité varierait de 20 à 80 % selon les lieux d’implantation des électrodes.

Cet insecte robotisé vole-t-il ? Oui, selon des photos présentées par les chercheurs de l’université du Michigan et publiées sur un site japonais de robotique. Mais pour l’instant, le coléoptère ne vole qu’en rond et en zigzag, grâce à l’action des électrodes activant les muscles.
Ce projet un peu fou n’est pas une élucubration d’étudiants. Il répond à un appel d’offres (« sollicitation » BAA06-22) de la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency), une agence de financement dépendant du ministère de la Défense des Etats-Unis. Le projet est baptisé Hi-MEMS, pour Hybrid Insect MEMS. Son Program Manager au Darpa est Amit Lal, spécialiste de micro mécanique. D’après le site de Technovelgy, ce chercheur aurait été inspiré par une nouvelle de science-fiction, Sparrowhawk (épervier), de Thomas A. Easton, publiée en 1990.

Nul ne sait si ces expériences aboutiront vraiment à des armées d’insectes volants, porteurs de caméras, de poison ou de charges explosives. Mais l’idée est dans l’air...


futura sciences

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