Les Gabonais ... et la ponctualité

mardi 3 novembre 2015 Société & environnement


Au Gabon, le quart d’heure de politesse accordé comme délai limite pour un éventuel retard à un rendez-vous ou à son poste de travail est allègrement violé. Un euphémisme ! Au regard des faits, il ressort que les « Gabonais » ne sont pas du tout ponctuels. Le retard est perceptible dans tous les pans de l’administration, les cérémonies familiales, artistiques etc. C’est connu de tous, le « bon » gabonais se pointe au moins avec des heures de retard. Mais pourquoi donc ?

Dans ses recherches sur la compréhension de l’homme et de son environnement, le philosophe Bergson n’a cessé de clamer que « le temps ne nous appartient pas ». En fait, il mettait en exergue une bien triste réalité : l’Homme ne domine pas le temps, il ne fait que le subir, et ce, malgré toutes ses inventions et créations. Seulement, sous nos cieux, l’attitude de nombreux concitoyens porte à croire que Bergson se méprenait. Et pour cause, le retard est en passe d’être inscrit dans les gènes des citoyens gabonais. Du sommet à la base, la ponctualité est tout sauf la tasse de thé des Gabonais. Pire, ces derniers n’en ont même pas conscience !

Ignorance ou indiscipline notoire ?

Il suffit de faire le tour des administrations, voire des commerces pour constater que la notion de ponctualité est un vain mot. Il est quasiment impossible d’obtenir un document en début de journée de travail. Et pour cause, les travailleurs surtout du secteur public se pointent à leur lieu de travail sur le coup de 10 heures pour le plus grand nombre, prétextant moult raisons.

S’il est vrai que les piétons éprouvent d’énormes difficultés à se mouvoir, reconnaissons également que les mauvaises habitudes ont la peau dure, dit l’adage. Le laxisme, l’impunité et le clientélisme et bien d’autres travers ont tellement été cultivés sous nos cieux que la ponctualité au travail révèle désormais, non pas de la norme, mais plutôt de l’exception, et ce, au vu et au su des autorités.

Plus grave, le retard fait maintenant partie intégrante de la sociologie locale, surtout auprès de la gent féminine qui excelle dans ce domaine. Comme quoi, bon nombre de femmes ne sont jamais à l’heure au travail, rendez-vous et différentes rencontres. On en veut pour preuve, les arrivées tardives de plusieurs couples dans les cérémonies. Et pour cause, les préparatifs des femmes durent des « éternités ». Elles doivent se faire belles, clament ces dernières. Pour éviter de tels écueils, les plus futés ont trouvé une parade : ne pas annoncer la véritable heure d’un rendez-vous. Une mesure valable pour les Gabonais de tous sexes. Pour espérer voir un Gabonais à l’heure, il faut lui accorder un battement de deux heures d’horloge. Bizarre ! N’ayons pas peur des mots et disons sans ambages qu’il s’agit purement et simplement de cas d’indiscipline notoire. Dans son ouvrage, l’Afrique du Jour et de la Nuit , le sociologue Robert Arnaud affirme : « Lorsqu’un africain se respecte, il arrive toujours en retard à ses rendez-vous ». 


YFI

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