Léon Paul Ngoulakia : « L’esclavagisme familial au détriment d’une cause commune, je dis non ! »

samedi 13 février 2016 Politique


La démission de Léon Paul Ngoulakia avait causé un vrai séisme au sein de la famille présidentielle. De nombreux observateurs ont vite fait, chacun, d’apporter leurs commentaires à cette démission fracassante qui a, également, ébranlé le paysage politique nationale Les raisons de cette démission ont été données par l’intéressé au cours d’une déclaration vendredi 12 février 2016 à la Chambre de commerce de Libreville.

Les Gabonais attendaient avec impatience cette déclaration avortée à deux reprises pour diverses raisons. D’aucuns, pensaient à des tractations avec son cousin Ali Bongo Ondimba pour son retour dans le giron familial et par lequel l’homme à tout obtenu « Je ne suis pas un partisan de la dictature familiale », a déclaré Léon Paul Ngoulakia. L’homme considère cette rupture comme un vrai engagement sacerdotal envers le peuple car selon lui, « même dans la jouissance de ses propres biens, il y a moralement des limites à ne pas dépasser, surtout lorsqu’on est entouré de la misère ».

« La multiplicité de pan de décisions, l’absence de concertation entre la base et les instances dirigeantes du parti, la promotion inappropriée de certaines personnes à des postes de responsabilité dont le militantisme n’a jamais été avéré. Le non respect des hommes et des femmes, qui par leur dévouement ont donné à cette formation politique dans les moments difficiles, une place prépondérante. Un pouvoir qui menace et ne protège plus son peuple, un pouvoir qui n’accepte pas la contradiction, un pouvoir qui impose un climat de suspicion et d’intimidation d’idées, qui organise des fuites des capitaux à leur profit, un pouvoir qui crée une justice arbitraire enfin un pouvoir qui a détruit l’éthique, la morale, la responsabilité et le sens du devoir… La substitution des prérogatives du chef de l’état par des individus venus de nulle part… la violation quasi-permanente de la constitution. » a déclaré le conférencier du jour, l’on conduit à déposer le tablier.

L’homme qui en présentant ses excuses au peuple, regrette sa posture d’antan, « Notre ambition collective était de consolider l’unité nationale, de faire du Gabon une République compétitive, dynamique et où les mots ‘’partage’’ et ‘’vivre ensemble’’ avaient leurs sens. Malheureusement, à l’épreuve du pouvoir, j’ai constaté plutôt que nous mettre au service du peuple, nous nous détournions de cet objectif commun. Plutôt que de nous mettre au service de peuple, nous étions entrain de privilégier nos intérêts particuliers en marginalisant l’immense majorité de nos compatriotes lorsque nous ne faisions pas la chasse aux sorcières » a-t-il rajouté.

Léon Paul Ngoulakia qui revendique l’héritage de son défunt mentor Omar Bongo Ondimba, veut participer à sa modeste façon à l’édification d’un Gabon nouveau, basé sur une nouvelle approche de la gouvernance, de la gestion basée sur la participation collective de toutes les forces vives du pays. Ainsi, l’on dira adieu à tous les abus : l’impossibilité des jeunes de participer à une manifestation pacifique, de ne plus rentrer chez soi sain et sauf parce que abattu par les forces de l’ordre, voir un jeune compatriote rentrer dans un commissariat et ressortir brulé et ensuite mourir sans explications, voir la nudité de nos mères qui, qui se lèvent tôt le matin pour nourrir leur famille ; des corps mutilés, décapités et éventrés et une justice arbitraire.

Dans la même foulée, Léon Paul Ngoulakia a demandé ‘’à ses frères’’ et à la société civile de maintenir la dynamique de leur engagement tout en invitant les Gabonais à ne plus utiliser le vocable ‘’on va faire comment’’. C’est dans cette élan de responsabilité, de discernement et d’intelligence que l’homme a invité ses frères à effectuer « le bon choix » lors de la présidentielle sans afficher pour autant son futur positionnement politique.

Et ce dernier de clôturer sa communication en convoquant l’interpellation devenue historique de feu Omar Bongo Ondimba « Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire. Il nous regarde mais lorsqu’il voudra nous sanctionner, il le fera ».


Tony Muru

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