Législatives 2018 : Une compétition totalement ouverte !

mardi 20 mars 2018 Politique


Qu’il s’agisse du parti démocratique gabonais (PDG), avec toute la majorité présidentielle derrière lui, ou de la coalition de l’opposition soutenant Jean Ping, il est difficile, à ce niveau de la compétition, de déterminer, quel bloc est en passe remporter les élections législatives. Elles devraient se dérouler le 18 avril prochain. A moins qu’un troisième report ne vienne perturber le calendrier.

On est bien loin de la fièvre post-présidentielle où l’opposition, galvanisée par le doute et le discrédit ayant suivi la réélection d’Ali Bongo Ondimba, pouvait se prévaloir de créer la surprise, si ces législatives avaient été organisées en décembre 2016, comme le prévoyait la constitution. Et c’est certainement l’une des raisons pour lesquelles, Alexandre Barro Chambrier, le président du Rassemblement Héritage et Modernité et le porte-parole de Jean Ping, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, accusaient le pouvoir de retarder les élections de peur de voir l’opposition rafler la mise à l’Assemblée nationale.

Des reports perturbants

Le temps a passé. Beaucoup d’événements se sont produits et l’agitation post-présidentielle est retombée. Le principal événement est sans aucun doute le dialogue politique d’Angondje entre le pouvoir et l’opposition dite modérée. De ces négociations s’est dégagé un consensus : pas d’élections des députés avant la mise en place complète d’un nouveau cadre électoral, conformément aux conclusions de ce tour de table.

C’est l’unique sacrifice si on veut organiser un scrutin dont les résultats seront moins contestables, quitte à prolonger l’illégitimité des députés actuellement en poste, et dont le mandat a expiré depuis plus d’un an. Objectif : éviter au pays, le scénario tragique de la dernière crise postélectorale. A cet effet, la Cour constitutionnelle a renvoyé l’échéance des élections législatives à, au plus tard, fin juillet 2017, avant de la repousser à nouveau au 18 avril 2018, sur saisine du premier ministre, Emmanuel Issoze-Ngondet qui a évoqué la nécessité préalable de mettre en place le nouveau cadre électoral, arrêté par l’accord politique d’Angondjé.

Des enjeux incertains

Impossible donc pour l’heure de déterminer qui de l’opposition radicale, de l’opposition modérée ou du PDG au pouvoir aura la majorité au palais Léon Mba au terme de ces législatives. Pourtant c’est là que devrait se jouer l’avenir politique du pays. Car pour l’opposition, il s’agit de limiter les pleins pouvoirs exagérément attribués à Ali Bongo Ondimba par la nouvelle Constitution, en espérant parvenir aux affaires en 2023. Une opposition majoritaire à l’Assemblée nationale, voilà ce que redoute le gouvernement qui doit mettre les bouchées doubles pour éviter un tel scénario. Car une cohabitation au sommet de l’Exécutif rendrait ingouvernable, le mandat d’Ali Bongo.

Devant le découragement né du chaos de la dernière présidentielle, avec des remous dans la classe politiques, nombreux semblent ne plus croire en la politique. Surtout ceux qui avaient voté massivement pour l’opposant Jean Ping. Pour eux, élections législatives ou pas, cela ne changera plus rien, Ali Bongo étant toujours le maître du jeu. Les divisions de l’opposition pro Ping sur le scrutin alimentent, elles aussi, des inquiétudes. De nombreux Gabonais ne croient pas aux chances de parvenir à l’alternance politique par un scrutin législatif, du moins pour l’instant.


Leno KOLEBA

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