Législatives 2018 : Pour quels résultats ?

jeudi 9 août 2018 Politique


Les Gabonais sont loin d’être dupes entend-on ci et là dans les grandes artères de la capitale gabonaise Libreville. Comme pour dire qu’ils savent ce qui se trame derrière la décision du gouvernement à travers le Centre Gabonais des Élections, CGE, de décider de la tenue des élections législatives et locales couplées à la date du 6 octobre prochain. En effet, lorsque la confiance n’est plus de mise, comment amener les populations, en dehors de celles qui continuent de croire que leur avenir n’a aucun sens, à épouser le même sentiment que quelques politiques visiblement en mal d’inspiration au vu de leur incapacité à convaincre en réalité, malgré leurs arguments, ceux qu’ils ont souvent considéré comme des « moutons votants » ? En d’autres termes, les Gabonais qui acceptent de prendre le chemin des urnes sont-ils représentatifs de la communauté qui chaque jour peuple les rues de nos villes ?

S’il est des sciences sur lesquelles le monde politique en ce XXIème siècle surtout devrait s’appuyer pour oser prendre des décisions, la Sociologie devrait venir en tête du fait qu’elle est celle parmi les sciences appliquées qui révèle au grand monde les forces et les faiblesses de la société. La défier suppose que l’on se fait comme qui dirait à raki ri ! Ce pourquoi, nous nous appuyons sur le fait qu’il importe que nous rappelions à tous ceux qui ont encore à cœur que la raison est la matrice de leur action, qu’il est de leur devoir d’amener vers les autres l’argument selon lequel « on peut tromper une partie du peuple tout le temps, on peut tromper tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps », formule que nous devons au célèbre homme politique américain Abraham Lincoln.

Depuis les années 90, combien d’élections législatives pour ne parler que d’elles, le Gabon n’a-t-il pas organisé pour que l’argumentation aujourd’hui soutenue par plus d’un ne tienne pas la route ? Y a qu’à se souvenir des récriminations faites aux autorités en charge des élections, à moins que l’on soit abonné à la politique de l’autruche, pour comprendre qu’il y a là matière à redire ! Inféodées comme elles sont au parti au pouvoir et à celui qui l’incarne, il est difficile de croire que les propos qu’elles tiennent devant la communauté par voie médiatique sont de nature à être traduits dans les faits. Sinon, comment concevoir qu’alors que l’on dit des scrutins bien organisés, de nombreux citoyens, votants de surcroît, en soient toujours à se plaindre du résultat des urnes quand bien même celles-ci sont soi- disant transparentes ? Les députés de demain sont-ils ceux que les populations elles-mêmes auront élus ?

Ou sont-ils ceux qui seront issus dans leur grande majorité du choix opéré par les décideurs dont l’on sait le penchant pour le goût du luxe et du lucre, n’en déplaise à ceux qui s’échinent à porter, alors que l’on sait la vérité transparente, le débat auprès de certains tribunaux à la solde ? Un scrutin, c’est, avons-nous affirmé de manière sibylline, l’implication des populations en faveur d’hommes qui les consultent et se livrent la bataille pour obtenir leurs suffrages. Pourquoi chaque fois se retrouver avec des gens dont on ne reconnaît aucun mérite qui doivent de surcroît des années durant vous dicter leurs règles de conduite comme si la pyramide était inversée ?

Le point de vue citoyen

Autant dire qu’ici, les élections ne revêtent plus aucun sens pour une bonne partie de la population, la majeure partie au constat, ce qui demande que l’on se pose la question de savoir à quoi cela est-il du. D’où il est plus qu’important de se demander si ce ne sont pas les innombrables manipulations observées dans l’organisation et la proclamation des résultats desdites élections qui font défaut. Que dire des sommes faramineuses engrangées qui sont soit issues du trésor public, c’est-à-dire du contribuable gabonais, ou dans la plupart des cas aujourd’hui, des prêts consentis par les bailleurs de fonds dont on ne sait plus à quel jeu ils jouent puisqu’alors qu’ils savent le pays lourdement endetté, ils se permettent de lui octroyer de l’argent sans tenir compte de ses capacités de remboursement à court, moyen ou long terme.

A quoi servent des élections, fussent-elles législatives, c’est-à-dire représentatives de la majorité de la population, si c’est pour que chaque fois leurs résultats soient remis, à juste titre souvent, en cause ? Comment affirmer aux yeux du monde que l’on est une démocratie alors que ceux qui la font sont, peut-on avancer, « mis au rebus », du fait de la non prise en compte de leur décision ? Bien au- delà, ne croit-on pas qu’il est là crée l’occasion de pousser les populations à douter de la sincérité des décideurs au point qu’elles le manifestent par la remise en cause de leurs décisions quoiqu’elles s’emploient à les justifier ? C’est que les élections législatives au Gabon sont souvent, pour ne pas dire toujours, sujettes à discussion, oh qu’allions-nous dire, à disputes, ce qui nous demande de suggérer à ceux qui ont la charge de les organiser de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour rassurer les électeurs dont beaucoup doutent de la sincérité des résultats annoncés par les commissions nationales électorales et le ministère de l’intérieur.

Ce n’est pas parce que ces résultats sont donnés avec insistance que le commun des mortels sera convaincu de leur sincérité et que le climat sociopolitique souvent délétère après chaque scrutin se transformera en long fleuve tranquille. Certes l’on sait qu’il est une exigence pour les autorités gouvernementales d’obéir aux exigences des bailleurs de fonds et de la communauté internationale, mais il n’est pas inutile d’expliquer à ceux qui en ont besoin qu’il est mieux de mettre en place des méthodes aptes à éviter des frustrations.


Dounguenzolou

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