Législatives 2018 : Jean Ping face à un dilemme !

lundi 26 février 2018 Politique


Entre d’un côté, les réalistes qui annoncent, les uns après les autres, leur participation aux élections législatives, et de l’autre, les radicaux qui disent « niet », l’avenir de la Coalition pour une Nouvelle République (CNR) semble désormais menacé. Et c’est l’arbitrage de Jean Ping qui est maintenant attendu en tant que président de la CNR. Un arbitrage d’autant plus délicat que quel que soit sa décision, Jean Ping devra forcément se mettre à dos un parti du groupe.

Après s’être rendu à l’évidence selon laquelle son leader, Jean Ping ne prendra plus le pouvoir, malgré de multiples promesses sans lendemain depuis le terme de la présidentielle de 2016, la CNR, déboussolée, se déchire. On pourrait même conclure qu’elle ne réussira pas passer l’épreuve des législatives. Ou, du moins, elle en sortira affaiblie et vulnérable. Et pour cause, sa participation à la bataille de l’Assemblée nationale, avec tous les sons de cloches contraires en son sein, doit certainement déjà donner des insomnies à son président, Jean Ping qui assiste impuissant à la déchirure de la plate-forme qu’il est censé piloter. Impuissant parce que, conscient qu’il n’a pu, jusqu’ici arracher le pouvoir aux mains de son rival, Ali Bongo, en dépit de multiples promesses à l’emporte-pièce, il voit en quelque sorte son autorité, sa crédibilité s’évanouir devant le combat de coqs auquel se livrent ses disciples.

Entre deux blocs opposés

Il y a aussi les réalistes pour qui, tout boycott du Palais Léon Mba serait fatal pour l’avenir de la coalition. Parce qu’il ouvrirait un grand boulevard à Ali Bongo Ondimba qui disposerait alors de tous les leviers et condamnerait l’opposition à une simple opposition de la rue, alors que les décisions ne se prennent qu’à l’Assemblée nationale. Il faut donc y prendre part, même au risque de légitimer un pouvoir « usurpé », selon la CNR. Pouvoir « usurpé », c’est justement cela qui attise la radicalisation de l’aile dure de la coalition. Pour ce groupe, on ne peut pas déjà parler d’élections législatives sans que l’ancien candidat de l’opposition à la présidentielle n’ait préalablement reconquis sa victoire volée.

Un choix difficile

Dans ce contexte des positions radicalement affichées par les deux extrêmes, Jean Ping, qu’il penche pour les réalistes, perdra les radicaux qui crieront à la trahison du vote des Gabonais et le quitteront sans doute. Qu’il se range derrière la position des radicaux, il décevra certainement les réalistes qui évolueront en électrons libres et iront à la conquête de leur propre statut, conscients qu’il n’y aura plus un autre round de la présidentielle de 2016. Dans tous les cas, c’est un choix difficile pour l’ancien président de la commission de l’union africaine, qui se retrouve comme dos au mur, face à ses promesses non tenues du palais présidentiel.


Leno KOLEBA

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