Législatives 2018 : Attention aux vendeurs d’illusions…

jeudi 6 septembre 2018 Politique


Alors que la tenue des législatives est fixée du 6 au 27 octobre prochain, les éventuels candidats, qu’ils soient de l’opposition ou de la majorité, multiplient déjà les dons et les bonnes initiatives auprès des habitants de leurs circonscriptions électorales. Et cela après plusieurs années de disparition.

Les plus avisés y voient une stratégie électorale bien calculée, les plus naïfs eux, louent la bonne volonté des bienfaiteurs. Pourtant, les cartons de cuisses de poulet, les litres d’huile, les billets de 5000 ou 10.000 Fcfa et autres initiatives privées ne cessent de pleuvoir à mesure qu’on approche de la tenue des législatives d’octobre prochain. Qu’ils soient de l’opposition, de la majorité ou même indépendants, les différents postulants à l’Assemblée nationale ne ménagent plus leurs efforts, chacun selon ses moyens, pour séduire au maximum leurs bases électorales et paraître à leurs yeux comme les hommes ou les femmes de la situation. Pourtant, d’élections en élections, de mandat en mandat, ces « affabulateurs et autres vendeurs d’illusions », une fois au palais Léon Mba, se barricadent dans leurs villas nouvellement acquises avec les fonds de souveraineté.

Surtout pour le Parti démocratique gabonais (PDG) dont les députés à une majorité écrasante ont rarement eu la courtoisie de travailler en faveur du peuple qui leur a donné le mandat d’agir en son nom. On en veut pour preuve l’adoption sans coup férir de la nouvelle constitution, pourtant contestée par la classe politique dans sa globalité, l’adoption du nouveau code de la communication faisant obligation aux journalistes de dévoiler ou presque leurs sources. Lequel code précarise davantage les responsables des médias privés qui doivent verser des montants vertigineux au titre de leur contribution à la redevance audiovisuelle. Dans un contexte marqué par la paupérisation notoire de la presse privée, c’est sa mise à mort qui est délibérément programmée.

La dictature de la majorité godillot ?

Globalement, l’action des parlementaires PDG n’aura pas été reluisante à l’Assemblée nationale. La question se pose alors de savoir : un autre mandat ou une autre majorité pourquoi faire ? Surtout qu’il ne s’est toujours agi que d’une majorité godillot. La réponse à cette question est attendue pour les 6 et 27 octobre. Et c’est sur ce bilan largement décrié de la majorité écrasante sortante que l’opposition devra certainement tabler pour essayer de mettre à mal un parti démocratique gabonais dont la hantise d’une possible cohabitation au palais Léon Mba devient presque obsessionnelle à mesure qu’on s’approche de l’événement.

Et cela est d’autant plus possible que le scrutin s’annonce ouvert. On comprend alors que le PDG n’a plus rien à prouver. Car même avec une autre majorité plus écrasante que celle qui s’achève, il ne fera que s’enliser dans l’immobilisme. Le peuple se sentira alors, pour la énième fois trahi et humilié. C’est dire que l’obéissance absolue au parti devient plus grande que la défense des intérêts des populations. Voilà le drame du parlement gabonais. Un parlement de partis politiques, difficilement assimilable au peuple qui l’installe.


YIF

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