Législatives 2017 : Le Choix cornélien de Jean Ping !

lundi 12 décembre 2016 Politique


Même si l’échéance a été reportée au 29 juillet 2017 au plus tard, par la Cour constitutionnelle, la participation ou non du camp Jean Ping aux législatives prochaines s’avère désormais un choix difficile. Qu’il décide d’y prendre part, le natif d’Omboué court le risque de légitimer le pouvoir de son rival, Ali Bongo Ondimba, dont il refuse catégoriquement de reconnaître comme l’élection à la tête du Gabon, qu’il n’y participe pas, c’est le champ laissé libre à l’actuel Chef de l’Etat, avec une Assemblée nationale monocolore. Ce qui risque encore de dispenser l’opposition du débat parlementaire pour sept années supplémentaires.

Un choix cornélien, dirait-on pour qualifier la position difficile qu’est celle de Jean Ping, qui sort complètement désillusionné et dépité de la dernière présidentielle. Après le chaos qui a prévalu lors de la réélection jusque-là controversée de son ex-beau-frère, Ali Bongo Ondimba, alors que se pose désormais la question de la tenue des élections législatives, tous les regards ou presque sont dorénavant tournés vers l’opposition regroupée autour de Jean Ping. Prendra-t-elle part à cette échéance parlementaire ?

La réponse à cette question n’est pas aisée dans la mesure où elle pose un véritable dilemme pour le guide de cette chapelle de l’opposition, qui fait feu de tout bois pour tenir la dragée haute à Ali Bongo, qu’il accuse d’avoir volé la victoire à Jean Ping. Car prendre en effet part aux législatives organisées par le Gouvernement d’Ali Bongo, reviendrait à légitimer de facto un pouvoir qu’il combat depuis quelques temps comme étant illégitime. Ce qui risque de compromettre sa démarche de "Résistance" contre les institutions actuelles.

S’il décide de ne pas y participer, l’ancien fonctionnaire de l’Union africaine court là aussi le risque de laisser un boulevard libre à son adversaire, qui pourra, le cas échéant disposer encore d’une Assemblée nationale largement acquise au Parti démocratique gabonais. Un boycott qui, s’il en était besoin, exclura encore l’opposition dite radicale de la représentation nationale, et donc des débats parlementaires aussi, comme c’est le cas depuis 7 ans, avec 114 députés sur les 120 que compte l’institution parlementaire.

Ce qui est inimaginable dans un Etat qui se veut démocratique, mais favorisé par les turpitudes d’une opposition en perpétuelle contradiction. Une telle décision, disons-le ne ferait pas les affaires de l’opposition, qui risque encore, une fois de plus d’être une opposition de la rue, l’Assemblée nationale étant le lieu par excellence de la vitalité du débat politique entre les différents forces politiques. Même si l’opposant a dit lui-même dernièrement sur les antennes de radio France internationale qu’il étudierait, avec son staff la possibilité pour son camp de prendre part ou non à ces législatives, au risque, dit-il de laisser libre cour à toutes les "exactions politiques" de son concurrent, on comprend que le choix de Jean Ping, quel qu’il sera, place d’une manière ou d’une autre l’opposant dans une situation difficile. Que faire alors ? La question reste entière.


Charles Nestor NKANY

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