Le phénomène des prêts avec intérêts au Gabon : Un serpent qui se mord la queue !

mercredi 28 octobre 2015 Société & environnement


Les usuriers ont « pignon sur rue » au Gabon et rivalisent avec les banques commerciales. Ils décaissent « généreusement » et récupèrent gracieusement les sommes prêtées, en pratiquant des taux d’intérêts élevés, voire en confisquant les cartes bancaires des demandeurs. Des garde-fous ne dissuadant pas du tout les débiteurs.

Au Gabon, les usuriers, ces « opérateurs économiques » informels, marchent tout de même sur les platebandes des banques conventionnelles. Et pour cause, la disponibilité des finances et l’absence de paperasseries et autres garanties à fournir, contribuent à faire caracoler leur côte de popularité. Du coup, ils sont nombreux les pères et mères de familles à recourir aux services des usuriers. Ces « généreux » bienfaiteurs n’hésitent pas à donner, à tous moments, (selon bien sûr la disponibilité de la liquidité) aux demandeurs, des espèces sonnantes et trébuchantes. Une première transaction qui dans bien des cas, engendre une véritable relation d’interdépendance entre débiteurs et créditeurs.

Pourquoi, les usuriers sont tant prisés ?

Ce n’est vraiment pas de gaité de cœur que les nombreux chefs de familles recourent aux services des usuriers. En effet, la légèreté du panier de la ménagère et les impondérables (décès, maladie, sinistre ou autre imprévu), les obligent à lorgner du côté des usuriers. Toutefois, la véritable raison est à mettre à l’actif de l’absence d’épargne de nombreux travailleurs. A leur corps défendant, il est quand même difficile d’épargner lorsque les revenus mensuels couvrent à peine les dépenses régaliennes familiales. A cela s’ajoute aussi la « psychorigidité » des banques. C’est un truisme de dire que l’obtention d’un crédit est loin d’être une sinécure. En effet, les demandeurs doivent s’armer de patience et de pugnacité, sans omettre les garanties de remboursements qu’ils doivent apporter. Pour parer au plus pressé et éviter toutes ces tracasseries, la piste des usuriers demeure, selon eux, la voix royale.

Le mythe de Sisyphe !

En se jetant corps et âme dans les bras des usuriers, ces débiteurs ne gagnent pas du tout au change. Tel Sisyphe condamné à rouler éternellement une pierre, les « clients »des usuriers sont dans un cercle vicieux. Tout remboursement débouchant sur un nouvel emprunt. Les taux d’intérêts pratiqués par les « banquiers de l’informel » ne découragent malheureusement pas les habitués. La facilité de l’emprunt suscite une dépendance prononcée, et ce, au grand bonheur des usuriers. C’est dire que le recours à ce prétendu palliatif est un cercle infernal, surtout pour les mauvais payeurs ! D’ailleurs, les banquiers et économistes soutiennent que le taux d’endettement ne doit pas dépasser le tiers du revenu. Aux accros des usuriers, à bon entendeur…


YFI

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs