Le PDG est-il devenu l’ombre de lui-même ?

vendredi 2 octobre 2015 Speciales


Un peu après la création du Parti Démocratique Gabonais, PDG, une génération composée de jeunes intellectuels, des années postcoloniales, a fait les beaux jours de ladite formation politique. « Les idéologues », comme on les appelait produisant abondamment et ayant mis sur pied le célèbre CUSPOD qui a formé plusieurs hauts cadres du pays. De nos jours, cette mission du parti est rangée aux calendes grecques. Bon nombre d’observateurs sont d’avis que ces ténors de l’heure, n’ont pas le bagout de leurs prédécesseurs. Analyse.

Au regard des nombreuses entourloupes et autres coups bas politico-politiciens que les militants du « parti de masse », les fondateurs du Parti Démocratique Gabonais (PDG), pour la plupart décédés, doivent se retourner dans leurs tombes. Qu’est devenu le parti ? Pas besoin d’être politologue pour constater que l’image du vieux parti s’écorne chaque jour un peu plus. Les guéguerres intestines sont devenues légions ! Dans le même temps, la production intellectuelle et le déploiement du parti çà et là piquent inexorablement du nez. Au point qu’aujourd’hui, bon nombre de militants et sympathisants avertis en viennent à douter du profil et des compétences des animateurs de ladite formation politique.

Quid de la qualité ?

Le PDG est incontestablement un grand parti par le nombre de ses militants, mais en regardant de près, la qualité des ressources humaines a considérablement perdu son lustre d’antan. Et les plus âgés ne nous contrediront pas, ils ont encore en mémoire les actions de feu Léon Augé, l’une des têtes pensantes du parti. Et pour preuve, une bonne frange de l’élite intellectuelle d’un certain âge et encore en activité, a fait ses humanités au Centre Universitaire de Sciences Politique et du Développement (CUSPOD). A cette époque, la formation des militants et autres anonymes, était fondamentale. A cela s’ajoutait une production politico-culturelle de qualité dont le célèbre « Petit Livre vert » du défunt Omar Bongo Ondimba. Toujours au chapitre des productions intellectuelles, on peut citer sans ambages « Le Dialogue », le journal du parti lancé et animé avec maestria par Etienne Moussirou Kassa. Une autre des nombreuses chevilles ouvrières d’antan, le docteur Marcel Eloi Rahandy Chambrier. Une liste loin d’être exhaustive. Des élites intellectuelles jouant véritablement leur rôle. On en veut pour preuve la qualité et la pertinence des programmes de société et de gouvernance, bien ficelés et cadrant avec les réalités de l’époque même si leur application relève là d’un autre débat.

Ces sempiternelles guerres de positionnement !

C’est illusoire de croire que l’actuelle génération de ténors du « parti de masse » n’a pas l’étoffe intellectuelle de ses devanciers. Disons simplement que les membres ayant voix au chapitre sont beaucoup plus nombrilistes et égocentriques que leurs prédécesseurs. Bref, ils sont occupés par cette quête perpétuelle d’une meilleure position sociale. La récente guerre interposée entre « le MOGABO » et « Héritage & Modernité » en est la parfaite illustration. Chaque clan voulant tirer la couverture de son côté. Et pendant ce temps, le navire « PDG » prend de l’eau avec les démissions en cascades d’anciennes grosses légumes de ladite formation politique. De plus le déploiement du parti sur le terrain est de moins en moins visible. Ce qui fait dire à certains que « l’ennemi du pédégiste est le pédégiste lui-même ». Dans tous les cas l’année électorale qui pointe du nez réserve moult surprises et rebondissements. 


YFI

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