Le nouveau régime malgache lance des assises nationales en vue d’élections

vendredi 3 avril 2009 Speciales

Le leader de la transition malgache Andry Rajoelina, qui s’efforce d’asseoir un pouvoir contesté, a ouvert jeudi des assises censées définir un calendrier pour de nouvelles élections, un rendez-vous terni par le boycott du parti du président déchu Marc Ravalomanana.

"La journée d’aujourd’hui est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de Madagascar (...). C’est aujourd’hui que nous allons poser le premier jalon d’un processus de démocratisation et de changements profonds dans la vie politique et dans l’exercice du pouvoir", a déclaré dans son discours d’ouverture M. Rajoelina, président de la Haute Autorité de Transition (HAT).

Ces assises, qui s’achèvent vendredi, devraient définir les modalités et le calendrier de nouvelles élections dans la Grande-Ile, où cette grave crise politique et sociale a fait plus d’une centaine de morts depuis fin janvier.

"Je voulais dire (...) sans aucune fanfaronnade qu’il y a bien longtemps que les Malgaches n’ont pas pu organiser une rencontre d’une telle envergure sans aucune aide extérieure", a déclaré M. Rajoelina.

Selon les organisateurs, environ 1.000 personnes - membres de la transition, responsables militaires et religieux, partis politiques, société civile - ont participé à la session de jeudi, qualifiée de fructueuse.

Mais l’intérêt du processus a été entamé par le boycott du parti TIM de M. Ravalomanana.

Le mouvement, qui organise ses propres assises vendredi, y était invitée, mais exigeait que ces assises soient organisées sous l’égide de la communauté internationale ou d’un organisme indépendant.

Les travaux, répartis en trois commissions ("Constitution et loi", "Code électoral et élections" et "Réconciliation nationale et conférences") ont été suspendus en fin d’après-midi et reprendront vendredi matin.

L’envoyé spécial de l’Union africaine (UA), Ablassé Ouédraogo, ainsi que les ambassadeurs du Maroc, du Sénégal et d’Egypte étaient présents à l’ouverture, mais pas le représentant de l’Union européenne, ni les ambassadeurs de France et des Etats-Unis.

"Tout le processus (d’accession au pouvoir de Rajoelina) est entaché d’illégalité, mais ces assises devraient conclure à l’organisation d’élections justes et transparentes", a commenté à l’AFP M. Ouédraogo.

Lâché par l’armée, Marc Ravalomanana, au pouvoir depuis 2002, a été contraint le 17 mars à transférer ses pouvoirs à un directoire militaire, qui les a remis quelques heures plus tard à M. Rajoelina, alors chef de l’opposition. Ces transferts de pouvoir ont été validés par la Haute Cour constitutionnelle.

L’UA et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ont suspendu Madagascar. Les Occidentaux ont condamné ce qu’ils considèrent comme un "coup d’Etat".

Jeudi, Madagascar a également été suspendue de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui a qualifié de "rupture de l’ordre constitutionnel" la prise de pouvoir de M. Rajoelina et réclamé la tenue rapide d’"élections libres", selon un communiqué de l’OIF.

Madagascar doit en théorie accueillir un sommet de l’OIF en 2010. Le communiqué ne précise pas si l’organisation du sommet dans la Grande-Ile est maintenue.

M. Rajoelina avait proclamé mardi la composition de la HAT chargée de gérer les affaires du pays pour une durée maximale de 24 mois en vue d’élections. Mais de nombreuses interrogations persistent sur ses attributions et ses véritables missions.


AFP

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs